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Covid-19: la France recevra 140.000 doses de Comirnaty* de moins que prévu cette semaine

PARIS, 18 janvier 2021 (APMnews) - La ministre déléguée en charge de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré lundi sur CNews que la France recevra 140.000 doses du vaccin contre le Covid-19 Comirnaty* (Pfizer/BioNTech) de moins que prévu cette semaine, avant un retour au calendrier initial des livraisons hebdomadaires à compter de lundi 25 janvier.
Pfizer et BioNTech ont signalé vendredi que des modifications des processus de production du vaccin visant à augmenter les capacités industrielles du site de Puurs en Belgique allaient avoir un impact sur les livraisons attendues dans l'Union européenne (UE) à compter de lundi, avec un retour à la normale la semaine suivante (cf dépêche du 16/01/2021 à 14:28).
Un total de 380.000 doses pourra être livré cette semaine à la France, a précisé Agnès Pannier-Runacher lundi.
Cela représente une réduction de plus d'un quart (27%) de la livraison de 520.000 doses initialement attendue sur le sol hexagonal, et une réduction plus forte du nombre de flacons, le laboratoire comptant désormais 6 doses au lieu de 5 par flacon, conformément à des recommandations de l'Agence européenne des médicaments (EMA) (cf dépêche du 08/01/2021 à 12:40).
La ministre déléguée a ajouté que 50.000 doses du vaccin de Moderna devaient être également livrées, portant à 430.000 doses tous produits confondus le nombre total de doses attendues cette semaine dans le pays.
A compter de lundi 25 janvier, la France recevra à nouveau 520.000 doses hebdomadaires de Comirnaty*. "Nous reprenons le calendrier initial et nous rattrapons à la fin du 1er trimestre le retard de cette semaine, donc les fameuses 140.000 doses qui n'auront pas été livrées", a assuré Agnès Pannier-Runacher.
Le calendrier de livraison initial de Comirnaty* en France prévoit une augmentation à partir de mars des livraisons hebdomadaires pour atteindre entre 600.000 et 700.000 doses par semaine, rappelle-t-on.
"Pfizer nous garantit quelque chose de quasiment indolore, c'est très important mais nous serons extrêmement vigilants. Nous sommes en train de travailler avec les autorités sanitaires belges, puisque c'est un souci sur l'usine belge au moment de l'accélération des capacités de production", a expliqué la ministre, pointant "un challenge industriel énorme qui est en train de se jouer pour augmenter le nombre de doses".
"Pour assurer la production de ces doses, il faut pousser les machines, lancer les différents sites, ça prend du temps et parfois il y a des petits incidents, et c'est ce qui s'est passé ici", a-t-elle ajouté, sans donner plus de détails.

Le rythme des vaccinations va continuer à augmenter

L'Union européenne a commandé au total 600 millions de doses du produit (cf dépêche du 08/01/2021 à 12:41), dont 90 millions doivent revenir à l'Hexagone.
Dimanche, plus de 422.000 Français étaient vaccinés contre le Covid-19, avec 100.000 inoculations enregistrées sur les 3 derniers jours (incluant le week-end) (cf dépêche du 18/01/2021 à 10:52).
Depuis le début de la campagne de vaccination et sans compter les livraisons attendues cette semaine, la France a reçu environ 1,6 million de doses de vaccins contre le Sars-CoV-2. En tenant compte d'un taux de perte de 10%, il resterait environ 1 million de doses disponibles.
Dans une réponse écrite à APMnews samedi, avant que l'on connaisse précisément le niveau des livraisons de Comirnaty* attendues cette semaine, la direction générale de la santé (DGS) avait expliqué que le gouvernement pourrait "ajuster le rythme des vaccinations dans les semaines à venir"
"Nous allons augmenter l'administration de doses encore cette semaine, et ensuite toutes les doses que nous recevrons seront administrées aux Français", a pour sa part assuré Agnès Pannier-Runacher lundi.

Mobilisation des capacités de remplissage de flacons en France

La ministre déléguée a par ailleurs mis en avant la mobilisation des capacités industrielles françaises, avec 3 sites impliqués dans la fabrication de vaccins contre le Sars-CoV-2 en France après des accords passés entre Delpharm et Pfizer/BioNTech (cf dépêche du 23/11/2020 à 11:51), Recipharm et Moderna (cf dépêche du 25/11/2020 à 10:06), Fareva et CureVac (cf dépêche du 14/12/2020 à 13:57).
Elle a aussi fait le point sur des discussions en cours avec Sanofi pour que le laboratoire puisse "débloquer des capacités de remplissage de flacons de vaccin".
Le groupe français, qui développe avec GlaxoSmithKline (GSK) un vaccin qui ne sera pas disponible avant fin 2021, avait confirmé début janvier qu'il pourrait aider des concurrents pour la production, rappelle-t-on (cf dépêche du 08/01/2021 à 10:29).
"Cela veut dire qu'ils vont pousser un peu les murs et retarder certaines productions", a noté Agnès Pannier-Runacher, mentionnant "un travail qui est fait aujourd'hui avec deux laboratoires qui sont plus intéressés et qui cherchent des capacités de finition".
Elle a ajouté que l'Etat était en contact avec d'autres groupes que Sanofi pour identifier des capacités de production en France. "L'enjeu, ce n'est pas que ce soit Sanofi, Pierre, Paul ou Jacques qui mettent à disposition leurs capacités; l'enjeu, c'est d'avoir les solutions industrielles les plus efficaces", a-t-elle appuyé, soulignant les atouts du pays en matière de remplissage. "Il faut prendre les sites les plus gros, capables de basculer plus rapidement", a-t-elle relevé.
rm/vl/APMnews

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