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Le Parlement consulté si de nouvelles mesures de confinement étaient décidées (Gabriel Attal)

PARIS, 28 janvier 2021 (APMnews) - Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé jeudi que si de nouvelles mesures de confinement devaient être décidées, elles feraient l'objet d'un débat et d'un vote au Parlement.
Cet "engagement fort" a été pris par le premier ministre, Jean Castex, a fait savoir Gabriel Attal, à la sortie d'une journée de "discussions" et de "concertations" entre le gouvernement et les présidents des deux assemblées et des groupes parlementaires, à l'exception de celui de la France Insoumise qui n'a "pas souhaité participer". Des représentants des élus locaux, des associations et des "fédérations d'élus locaux" ont également été consultés.
"Un premier consensus s'est dégagé autour de la fragilité de la situation épidémique et un second consensus, qui découle du premier, c'est la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour freiner la circulation du virus dans les prochains jours", a expliqué le porte-parole du gouvernement.
Plusieurs scénarios ont été discutés, allant d'un "renforcement important du cadre actuel" à un nouveau confinement, "dont les modalités doivent être décidées à la lumière" des deux précédents de mars et novembre 2020.
"Beaucoup de discussions ont eu lieu sur la question des écoles, de nos commerces et de la mobilité dans notre pays à un moment où les vacances de février approchent", a-t-il indiqué.

Les conditions du débat

Ainsi, si nouveau confinement il y a, le gouvernement promet une déclaration et un débat au Parlement sur le fondement de l'article 50-1 de la Constitution, qui prévoit que "devant l'une ou l'autre des assemblées, [il] peut, de sa propre initiative ou à la demande d'un groupe parlementaire [...], faire, sur un sujet déterminé, une déclaration qui donne lieu à débat et peut, s'il le décide, faire l'objet d'un vote sans engager sa responsabilité".
Il avait procédé ainsi pour la présentation de sa stratégie de déconfinement fin avril 2020 (cf dépêche du 28/04/2020 à 22:38) puis pour le reconfinement d’octobre 2020, rappelle-t-on (cf dépêche du 29/10/2020 à 14:58).
L'annonce de ce débat intervient au lendemain de l'adoption, par le Sénat, d'un projet de loi de prorogation de l'état d'urgence sanitaire rabotant les prérogatives de l'exécutif, contre l’avis du gouvernement (cf dépêche du 28/01/2021 à 11:27).
Lors de son examen en séance publique mercredi soir, le gouvernement avait défendu en vain la suppression d'un amendement voté par la commission des lois, limitant toute mesure de confinement à un mois maximum et imposant une autorisation expresse du Parlement pour la prolonger au-delà.
Gabriel Attal a par ailleurs assuré jeudi soir que la campagne de vaccination "se poursuit à un rythme soutenu" et a annoncé l'objectif de primo-vacciner 2,5 millions de Français d'ici fin février, dont plus d'1,4 million avant la fin janvier. "Les doses continuent à arriver dans notre pays", a-t-il affirmé.

"La pression sanitaire et la tension hospitalière augmentent à nouveau"

Plus tôt dans la journée, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a fait un point presse rapide sur la situation épidémiologique en France.
"L'objectif de cette conférence de presse est clair", a-t-il déclaré en préambule: "Je veux vous donner en transparence les informations pour vous permettre de saisir les enjeux du moment, avec ses certitudes, ses incertitudes, et pour que vous puissiez comprendre par vous-même ce qui fonde les décisions qu'il faudra prendre dans les prochains jours."
Il a ainsi souligné que la situation était différente de celle du printemps 2020, dans le sens où la France ne se trouvait pas "à proprement parler dans une vague épidémique", mais que néanmoins le virus circulait à un "niveau élevé", diffusant "plus vite chaque semaine".
Le nombre de cas positifs augmente de "10% par semaine en moyenne depuis 3 semaines", a-t-il précisé, qualifiant la courbe d'incidence de "plateau montant".
Et si le couvre-feu avancé à 18h a "probablement permis que nous évitions de connaître la même vague épidémique que nombre de nos voisins" européens, a pointé le ministre en affichant les courbes de Santé publique France (cf dépêche du 22/01/2021 à 11:10), il a reconnu que l'efficacité de cette mesure "s'estompe" et qu'elle "ne suffit pas à faire reculer le virus".
Olivier Véran a aussi alerté sur la dégradation des indicateurs hospitaliers au cours des "deux dernières semaines" (cf dépêche du 22/01/2021 à 11:10), signe que "la pression sanitaire et la tension hospitalière augmentent à nouveau".
Plus de 27.000 patients Covid-19 sont actuellement hospitalisés en France et le nombre de cas graves en réanimation est supérieur à 3.100, alors qu'il était passé à environ 2.500 "au début de l'hiver", après le deuxième confinement. En outre, le nombre quotidien d'admissions en réanimation est de 250 en moyenne, contre 170 "en décembre et jusque début janvier", et il y a désormais davantage de patients admis que de patients sortant guéris, a pointé le ministre.
"Cela reste beaucoup pour nos hôpitaux et d'ailleurs, plusieurs d'entre eux n'ont pas été capables de reprogrammer toutes les activités de soins destinées à des patients qui avaient besoin de soins hors Covid et qui avaient été déprogrammés", a-t-il souligné.
Le ministre a néanmoins rappelé que lorsque le deuxième confinement avait été "prononcé" fin octobre, "nous étions alors dans une croissance exponentielle -une véritable vague épidémique- du nombre de cas graves, du nombre de diagnostics et du nombre de décès".
Il a aussi noté que, contrairement à la situation de l'automne dernier, des vaccins étaient désormais disponibles en France et que les vaccinations, initiées fin décembre, se poursuivaient à "un rythme rapide".

La présence des variants appelle "de nouvelles mesures pour nous protéger"

La présence de variants plus contagieux du Sars-CoV-2 sur le territoire est néanmoins une source d'inquiétude. Comme rapporté mercredi par Gabriel Attal (cf dépêche du 27/01/2021 à 15:26), Olivier Véran a indiqué que, selon les résultats de la première enquête flash du 8 janvier, 3,2% des cas d'infection recensés en France étaient liés au variant anglais VOC 202012/01.
En outre, des estimations obtenues à partir de kits diagnostiques en PCR multiplex -qui détectent les variants chez les personnes testées positives- ont révélé qu'au cours du mois de janvier, le nombre de cas d'infection par des variants (notamment le variant anglais mais aussi, dans une moindre mesure, le variant sud-africain) était passé d'environ 500 par jour à plus de 2.000 par jour.
"Ce que nous voulons éviter, c'est une épidémie dans l'épidémie", a déclaré Olivier Véran, s'appuyant sur les enseignements apportés par des pays comme l'Angleterre, l'Espagne ou encore le Portugal. Car si cette épidémie "n'est pas encore véritablement visible en France", "tout nous laisse à penser qu'elle sera une réalité très vite et très fort si nous ne faisons rien".
"Ces variants, je les considère un peu comme des nouveaux virus, appelant de nouvelles mesures pour nous protéger", a-t-il encore dit.
De fait, "nous devons tenir encore", a conclu le ministre, rappelant que "les Français [faisaient] preuve, depuis près d'un an, d'un remarquable esprit de solidarité et de responsabilité".
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