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Covid: 16 départements, dont ceux d'Ile-de-France et des Hauts-de-France, confinés à partir de samedi

PARIS, 18 mars 2021 (APMnews) - Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi soir un confinement 7J/7 en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, ainsi que dans les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l'Eure, à partir de samedi, afin d'affronter ce qu'il a qualifié de "3e vague" de l'épidémie de Covid-19.
"La situation se dégrade, notre responsabilité est maintenant qu'elle ne nous échappe pas", a déclaré le premier ministre lors d'une conférence de presse en fin de journée.
"Nous avons enregistré 38.000 cas sur la seule journée d'hier, 35.000 aujourd’hui. Le nombre de nouveaux cas a augmenté de 23,6% en une semaine", a-t-il précisé, rappelant les caractéristiques de contagiosité du variant anglais. "Cette reprise dessine en réalité ce qui s'apparente de plus en plus clairement à une 3e vague, alors même que nous approchons du chiffre terrible des 100.000 morts".
Jean Castex a rappelé la mesure de couvre-feu déjà mise en oeuvre et qu'un confinement le week-end a été mis en place dans les agglomérations de Dunkerque et de Nice le 25 février dernier, puis dans le département du Pas-de-Calais le 6 mars. Ce dernier a été décidé sur la base de critères sanitaires: un taux d’incidence au-dessus de 400 cas pour 100.000 habitants, la pression hospitalière la dynamique de progression de la circulation du virus.
Deux régions ont franchi ou s'apprêtent à franchir ces seuils, a poursuivi Jean Castex: l'Ile-de-France et les Hauts-de-France. "Il en est de même des départements de Seine-Maritime et de l'Eure où l'on observe des niveaux d’incidence moindres mais deux éléments critiques: une augmentation forte et surtout, des capacités de réanimation déjà presque totalement saturées".
"Dans tous ces territoires, de nouvelles mesures doivent donc intervenir sans délai", a expliqué le premier ministre. Des mesures plus exigeantes ont donc été décidées pour "les départements dont la situation est la plus critique". Il s'agit:
  • des 8 départements d’Ile-de-France
  • des 5 départements des Hauts-de-France
  • des 3 départements des Alpes-Maritimes, de Seine-Maritime et de l’Eure.
Dans ces 16 départements, "de nouvelles mesures de freinage massives de l'épidémie interviendront à compter de ce vendredi soir minuit, et pour 4 semaines". C'est "une 3e voie que nous retenons, une voie qui doit permettre de freiner sans enfermer", a insisté le chef du gouvernement.
De ce fait, les déplacements hors du domicile, "notamment pour pouvoir s'aérer, se promener, faire du sport", seront encadrés mais selon des règles plus souples qu'en mars et novembre 2020, sachant que l'"on sait aujourd'hui qu'on se contamine infiniment moins quand on se promène en plein air qu'en étant regroupés, sans masques, en intérieur".

Possibilité de sortir dans un rayon de 10 km

Concrètement, "il sera possible de sortir de chez soi pour se promener, s'aérer ou faire du sport, en journée, sans aucune limitation de durée mais avec une attestation et à la condition de rester dans un rayon limité à 10 kilomètres autour de chez soi".
Pour les habitants des territoires concernés, les déplacements inter-régionaux seront interdits, sauf motifs impérieux ou professionnels.
Le dispositif de couvre-feu sera maintenu, mais à partir de 19h au lieu de 18h à partir de samedi, dans tous les départements.
"Il s'agit clairement de rendre possible le fait d'être à l'extérieur, mais pas d'aller chez des amis pour y faire la fête ou s'y retrouver en nombre, sans distance ni masque. On sait que ce sont d'abord dans ce type de circonstances que le virus prospère", a insisté Jean Castex.
"Des consignes strictes seront passées aux préfets pour interdire la fréquentation de certains espaces publics ou même les manifestations et regroupements quand leurs conditions d'organisation créent un vrai risque sanitaire".
Dans les départements concernés par les nouvelles mesures, les écoles resteront ouvertes. Tous les lycées devront accueillir les élèves "en demi-jauge". Seuls les commerces vendant des biens et des services de première nécessité seront autorisés à ouvrir, cette notion s'étendant aux livres et à la musique.
Les entreprises et administrations "qui le peuvent" devront pousser "au maximum le télétravail, tout en maintenant toujours une journée sur place pour les salariés qui le souhaitent".
L’enjeu des prochaines semaines, "c'est de réduire les mesures de restriction, revenir progressivement à une vie normale, à mesure que nous vaccinerons de plus en plus de nos concitoyens", a assuré Jean Castex, qui a par ailleurs annoncé la repris de la campagne vaccinale avec le produit d'AstraZeneca (cf dépêche du 18/03/2021 à 21:04).
Il a par ailleurs défendu "une approche pragmatique, proportionnée et territorialisée" et rappelé que le gouvernement a procédé à des concertations avec les élus locaux (cf dépêche du 17/03/2021 à 13:08).

Chaque jour, plus de 300 nouveaux malades en réanimation

S'agissant de la situation sanitaire, Jean Castex a précisé que mercredi, "4.269 malades de la Covid étaient hospitalisés en réanimation" et que "chaque jour, environ 330 nouveaux malades arrivent en réanimation", ce qui "représente une personne toutes les 4 minutes".
En Ile-de-France, "l’incidence est aujourd'hui de 446 cas pour 100.000 habitants, ce qui représente une hausse très forte de plus de 23% en une semaine", a-t-il précisé. "Plus préoccupant encore, la pression hospitalière atteint aujourd'hui un niveau très élevé. Il y a ce soir près de 1.200 personnes admises en réanimation" dans la région.
"Grâce aux efforts considérables de tous les établissements, publics comme privés, nous avons encore augmenté nos capacités d'accueil en soins intensifs et nous pouvons encore accueillir au moins 300 à 500 malades supplémentaires", a mentionné le premier ministre.
Dans les Hauts-de-France, "le taux d’incidence s'élève ce soir à 381. Si le seuil de 400 n'est pas encore atteint, il devrait l’être très rapidement au vu des rythmes de progression que nous enregistrons".
"Plus le nombre de malades est important, plus nous ouvrons de lits, plus nous mobilisons les soignants, au prix d'efforts continus, de soignants qui sont fatigués et éprouvés depuis plus d'un an", a souligné le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, pendant la conférence de presse.
"Rien que dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont plus de 1.000 infirmiers hospitaliers qui ont été formés aux gestes réanimatoires pour prêter main forte à leurs collègues", a-t-il illustré à propos des renforts apportés.
La capacité hospitalière est "très extensible", mais pas "à l'infini, surtout avec la fatigue des soignants", a relevé le ministre, ajoutant que les déprogrammations "ont un coût en matière de santé pour les personnes" qui doivent reporter leurs soins.
En Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, "nous avons atteint le niveau maximal de patients admis en réanimation lors du pic de la 2e vague", a-t-il souligné.

Des transferts "de plus en plus compliqués"

Les admissions "sont en plus grand nombre, les durées moyennes de séjour en réanimation sont plus longues", les patients "sont parfois plus jeunes, notamment du fait des variants". Des prises en charge en réanimation ont en outre pu être retardées "parce que nous avons renforcé la prise en charge en ville, qui du coup peut se voir complexifiée dans un certain nombre de cas".
Les efforts de montée en charge capacitaire "vont encore croître dans les semaines à venir", a-t-il poursuivi (cf dépêche du 17/03/2021 à 14:08). Le ministre a rappelé que, l'année dernière, la capacité en réanimation a été portée à 10.000 lits.
Olivier Véran a aussi évoqué les évacuations sanitaires, qui ont "accéléré ces dernières semaines, ces derniers jours", et qui "continueront à accélérer". Mais "ce n'est pas simple, c'est même de plus en plus compliqué", a-t-il reconnu, évoquant les ralentissements dus au refus des familles (cf dépêche du 16/03/2021 à 19:25).
De lundi à mercredi soir, 18 évacuations sanitaires (Evasan) ont été organisées, a indiqué jeudi la direction générale de la santé (DGS) à APMnews.
Lundi, il y en a eu 4 d'Ile-de-France vers les Pays de la Loire (Hélismur) et 2 vers la Nouvelle-Aquitaine (avion sanitaire Twin Jet médicalisé). Mardi, la DGS a fait état d'une Evasan des Hauts-de-France vers la Belgique (véhicule Smur) et de 6 de Paca vers l'Occitanie. Mercredi, 5 Evasan ont été organisées des Hauts-de-France vers la Bretagne (par avion du Samu) et deux de Paca vers l'Occitanie (Hélismur et véhicule Smur).
Jeudi, la Bretagne a également accueilli 2 patients en provenance des Hauts-de-France (cf dépêche du 18/03/2021 à 15:18).
Interrogée sur le lancement d'opérations plus massives, au moyen d'un TGV médicalisé, ralenti par de nombreux refus des familles de patients, la DGS a indiqué que cette solution était toujours envisageable en fin de semaine prochaine ou la semaine suivante, si besoin, mais que pour le moment, il n'y aurait que des évacuations "perlées".
mlb-cb/rm/APMnews polsan-une

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