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Haut risque de récidive de la stéatose après transplantation hépatique pour cirrhose métabolique (cohorte francophone)

PARIS, 22 mars 2021 (APMnews) - Le risque de récidive de stéatose hépatique après greffe du foie pour cirrhose métabolique est très important, selon des données issues de centres de transplantations français et genevois, présentées lors des Journées francophones d'hépato-gastroentérologie et d'oncologie digestive (JFHOD) qui se sont déroulées la semaine dernière dans un format 100% digital.
La stéatose non alcoolique concerne environ un quart de la population française. La transplantation hépatique peut être la seule option disponible en cas de développement d'une cirrhose décompensée compliquée ou non d'un carcinome hépatocellulaire.
Aux Etats-Unis, il a été constaté une nette augmentation des patients transplantés pour cirrhose métabolique, qui constitue actuellement la deuxième indication pour greffe de foie, outre-Atlantique.
Face à une carence de données européennes, François Villeret des Hospices civils de Lyon et ses collègues ont conduit une étude afin de définir la part de transplantation hépatique pour cirrhose métabolique en France, d'évaluer le risque de récidive de la maladie initiale sur le greffon et les survies globales et du greffon.
Ils ont inclus 369 patients adultes transplantés pour cirrhose métabolique "pure", compliquée ou non d'un carcinome hépatocellulaire (CHC), entre 2000 et 2019 en France et à Genève dans 18 centres de transplantation participants.
Parmi ces patients, la moitié présentait également un CHC, qui était la première indication de la greffe pour 149 patients. Près d'un quart avait un antécédent cardiovasculaire au moment de la transplantation. Lors de la transplantation, l'indice de masse corporelle médian était de 30,9kg/m², avec 57% d'obèses et plus des trois quarts étaient diabétiques de type 2.
François Villeret a souligné l'importante progression du nombre de patients transplantés pour cette indication entre les années 2000 et 2018. Dans les centres participants, entre 2004 et 2018, ce nombre a été multiplié plus de 7 fois.
Le suivi médian dans cette étude était de 39 mois après la greffe.
Les auteurs ont constaté un taux de récidive de la stéatose dans 62% des cas à un an, 80% à 5 ans et la quasi-totalité de la cohorte à 10 ans. Le seul facteur de risque de récidive identifié était un IMC supérieur à 31 kg/m² au moment de la transplantation (risque plus que triplé), un taux de HDL cholestérol après transplantation inférieur à 0,45 g/l (risque multiplié par plus de 5) et un âge supérieur à 62 ans au moment de la greffe (risque quasiment triplé).
A 5 ans, une fibrose avancée (stades 3-4) était retrouvée chez 44% des patients.
Respectivement, 48,8%, 81,4% et 90,6% des patients présentaient une maladie rénale chronique de stade 3 ou supérieur à 1 an, 5 ans et 10 ans. Les facteurs de risque identifiés étaient le sexe féminin, l'âge supérieur ou égal à 60 ans au moment de la greffe et une créatinémie avant greffe supérieure ou égale à 84 µmol/l.
Dans cette étude, le taux de survie à 5 ans était de 80% et de 68% à 10 ans. Les facteurs de risques de décès retrouvés en analyse multivariée étaient l'âge du receveur supérieur à 62 ans (OR: 2,3), un antécédent de bypass coronarien ou d'angioplastie avant transplantation (OR de 2,7), l'âge du donneur de plus de 60 ans (OR: 2,2), la survenue d’un événement cardiovasculaire précoce (OR de 2,4), la récidive d’un CHC (OR de 2,4) et la dialyse immédiate après transplantation (OR: 4,4).
Au sein de cette cohorte, 18 nouvelles greffes hépatiques ont été réalisées au cours de la période de suivi.
vib/ed/APMnews

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