dépêche

 - 

Covid: près de 3 millions de doses de vaccins livrées à la France la semaine prochaine (Bercy)

PARIS, 27 mars 2021 (APMnews) - "Près de trois millions de doses" de vaccins contre le Covid-19 vont parvenir à la France la semaine prochaine, a annoncé samedi sur Europe 1 la ministre déléguée chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, assurant que ces livraisons ont été "confirmées par les différents laboratoires".
Le pays attend dans les prochains jours 1,45 million de doses du vaccin d'AstraZeneca, 1,24 million de doses du vaccin Pfizer/BioNTech, et 390.000 doses du produit de Moderna, a détaillé Bercy dans un message envoyé à la presse.
Ce rythme de livraison hebdomadaire devrait se maintenir, puis s'accentuer. "On a des variations qui sont liées aux livraisons de Moderna, qui livre une semaine sur deux, mais grosso modo on tourne effectivement entre 2,5 millions et 3 millions de doses [par semaine] avec une montée progressive jusqu'à près de 4 millions de doses fin avril/début mai", a déclaré Agnès Pannier-Runacher sur Europe 1.
A partir de la semaine du 5 avril, les approvisionnements en vaccins Pfizer/BioNTech devraient passer à 2 millions de doses hebdomadaires, selon la ministre, qui s'est dite confiante dans le respect de cet engagement.
"Aujourd'hui notre stratégie vaccinale repose beaucoup sur le laboratoire BioNTech associé à Pfizer, qui ont toujours été au rendez-vous depuis le début de la vaccination", a-t-elle appuyé, notant que Moderna a pour sa part "toujours rattrapé" ses retards de livraison.
S'agissant d'AstraZeneca, Bercy a rappelé que l'Union européenne (UE) avait "sécurisé" une partie de l'approvisionnement en bloquant les 29 millions de doses découvertes stockées en Italie la semaine dernière (cf dépêche du 24/03/2021 à 18:04).
Dans ce stock, 16 millions de doses étaient déjà destinées au marché européen, tandis que 13 millions devaient abonder le programme Covax d'accès aux vaccins pour les pays en développement, avait expliqué AstraZeneca. Sur ces 13 millions, "on est en discussion mais l'avantage, c'est qu'on a aujourd'hui la main sur ces doses", a relevé la ministre de l'industrie.
Elle a à nouveau reconnu la "prouesse industrielle" des trois laboratoires et dit comprendre qu'ils puissent rencontrer des "difficultés".
"Maintenant ces aléas, ces à-coups de livraison, ces sincérités successives d'AstraZeneca expliquent que les gouvernements demandent plus de transparence et surtout, tout simplement ce qu'on demande à un professionnel et un laboratoire de l'importance d'AstraZeneca, c'est de respecter son contrat et de le faire dans les plus brefs délais", a-t-elle justifié.

"Fin de la récréation"

Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, a reconnu jeudi un "manque d'ambition" de l'UE sur les vaccins contre le Covid-19, et appelé à la "fin de la naïveté" (cf dépêche du 26/03/2021 à 10:35), Agnès Pannier-Runacher a estimé qu'"il y a surtout une volonté de faire en sorte de vacciner au maximum les Européens mais d'être aussi solidaires".
Mettant en avant la participation de l'UE à "l'effort général", avec 77 millions de doses de vaccins exportées en dehors de l'Union depuis le 1er décembre 2020 (cf dépêche du 25/03/2021 à 17:33), elle a toutefois jugé "surprenant" que d'autres pays ayant "une capacité de vaccination importante" ne s'engagent pas dans cet effort.
"Je pense que c'est tout à notre honneur, mais à un moment il faut aussi savoir siffler la fin de la récréation", a-t-elle déclaré, alors que les tensions sont notamment montées ces dernières semaines entre Londres et Bruxelles.
Elle a enfin noté une forme d'impréparation de l'UE, observant que "si nous avions eu au niveau européen un instrument aussi puissant que celui de la BARDA [Biomedical Advanced Research and Development]", organisme dépendant du département de santé américain et ayant subventionné "au-delà de 10 milliards d'euros des essais cliniques très rapidement et très efficacement", "on aurait pu aller plus loin".
"Mon interprétation, c'est que l'absence de cet instrument est plutôt le signe d'une insuffisance d'Europe que d'un trop d'Europe", a conclu la ministre.
Pour rappel, la Commission européenne a lancé un projet de création d'un équivalent à la BARDA avec l'agence HERA (Health Emergency Response Authority) (cf dépêche du 17/02/2021 à 16:31).
A vendredi, plus de 10 millions d'injections avaient été réalisées en France dont près de 400.000 dans les dernières 24 heures, selon les chiffres transmis par le ministère des solidarités et de la santé. Depuis le début de la campagne, exactement 7.519.740 personnes avaient reçu au moins une dose (14,3% de la population majeure) et 2.653.261 deux injections (5,1%).
rm/san/APMnews polsan-une

[RM8QQMFLX]

A lire aussi