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Pédopsychiatrie: Emmanuel Macron annonce la mise en place d'un "forfait 100% psy enfant"

PARIS, REIMS, 14 avril 2021 (APMnews) - Un "forfait 100% psy enfant" sera mis en place sur les six prochains mois, a annoncé mercredi le président de la République, Emmanuel Macron, en déplacement au sein du service de psychiatrie de l’enfant et l’adolescent du CHU de Reims.
Comme indiqué la veille par l'Elysée, Emmanuel Macron est arrivé sur place mercredi en milieu d'après-midi, accompagné par Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, et par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat en charge de l’enfance et des familles (cf dépêche du 13/04/2021 à 21:37).
Pour rappel, mi-janvier, Emmanuel Macron avait promis des mesures "urgentes" et "structurelles" pour faire face aux conséquences néfastes de la crise et du confinement sur la santé mentale des enfants et des jeunes (cf dépêche du 15/01/2021 à 10:27).
Après avoir visité le service de psychiatrie infantile, puis de la "Maison de l'adolescent", il a échangé avec les professionnels de l'établissement lors d'une table ronde, à l'issue de laquelle il a annoncé la mise en place de ce forfait.
Il s'agit d'une "mesure d'urgence nécessaire de soutien aux enfants et aux adolescents dont la santé psychique a été durablement affectée par la crise sanitaire", a précisé l'Elysée, dans plusieurs messages adressés à la presse, mercredi.
"Ce forfait permettra le remboursement à 100% de 10 séances de psychologue en ville pour tous les enfants de 3 à 17 ans", a ajouté l'Elysée. "Il sera activable tout au long de la crise, auprès de psychologues identifiés sur une plateforme dédiée et dans le cadre d’un parcours de soin passant par tout médecin, qui prescrira ce forfait d’urgence."
L'Elysée a annoncé que "des réponses plus structurelles sur ce sujet et sur la pédopsychiatrie en général seront prises dans les mois à venir et feront l’objet de discussions lors des assises de la santé mentale prévues à l’été". Mardi, le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, Frank Bellivier, a annoncé que ces assises se tiendraient fin juin (cf dépêche du 13/04/2021 à 15:58).
Pour rappel, le "chèque soutien psychologique", un accompagnement psychologique pour les étudiants dans le cadre de la pandémie de Covid-19, fonctionne également sur prescription médicale et avec une plateforme dédiée recensant les psychologues. Il prévoit la prise en charge de jusqu'à trois séances de psychologues, renouvelable une fois (cf dépêche du 11/03/2021 à 17:12 et dépêche du 04/03/2021 à 18:43).

Manque d'effectifs et de moyens en pédopsychiatrie

Lors de la visite des locaux, le Pr Anne-Catherine Rolland, cheffe du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent du CHU de Reims, a indiqué à Emmanuel Macron que, selon elle, "il faudrait doubler voire tripler les effectifs" de soignants.
"On bricole, ne le prenez pas mal, mais on est fatigués et c'est jamais fini, on est très sollicités en permanence", a-t-elle déploré. Selon elle, si à Reims "on est mieux loti que dans les Ardennes, on manque de psychologues et de pédopsychiatres, d'orthophonistes, de psychomotriciens". Elle a expliqué que la grille salariale de ces professionnels par rapport à leur "haut niveau de compétence" fait que les effectifs "tournent beaucoup".
"A Reims, il n'y a que deux pédopsychiatres" en ville bien que cette dernière soit une grande ville, a-t-elle continué. Comme "il faut recevoir l'enfant et sa famille et que les consultations prennent une heure", ce n'est donc "pas une spécialité rentable".
Dans une "lettre ouverte" adressée au ministre des solidarités et de la santé, datée de mi-mars et dont APMnews a eu connaissance, 33 "pédopsychiatres de l'Aube, des Ardennes, de la Marne, de la Haute-Marne et de la Meuse [dont le Pr Rolland, NDLR], exerçant dans des secteurs sanitaires, médico-sociaux et libéraux, [s'indignent] de l'état catastrophique dans lequel se trouve la pédopsychiatrie depuis plusieurs années".
Selon eux, plusieurs points expliquent la "crise grave" que traverse la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent: ils citent ainsi la démographie des pédopsychiatres "largement insuffisante", "les difficultés de recrutement et de fidélisation de professionnels indispensables à l'exercice de la pédopsychiatrie", "la pénurie des possibilités d'accueil dans les établissements médico-sociaux" ou encore "la paucité du secteur libéral".
Les signataires appellent ainsi à "accroître les capacités d’évaluation et de prises en charge des centres médico-psychologiques (CMP) et des centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP)", demandent "l’affirmation de la place de la pédopsychiatrie de secteur, médico-sociale et libérale, comme dispositifs répondant aux besoins de soins de l’ensemble des enfants", et réclament "l'attribution de moyens suffisants pour lui permettre d'assurer cette mission".
Ils soutiennent "l'autonomisation de la formation en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent" et demandent "davantage de personnel paramédical". Ils appellent "à ce qu'une solution soit construite dans les mois à venir avec l'ensemble des parties prenantes".
af/ab/APMnews

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