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Covid-19: "le pic de la 3e vague semble derrière nous", estime Jean Castex

PARIS, 22 avril 2021 (APMnews) - "Le pic de la 3e vague semble derrière nous", a déclaré jeudi le premier ministre, Jean Castex, à propos de l'épidémie de Covid-19, tout en soulignant la fragilité de la situation sanitaire sur le territoire, imposant le maintien d'une vigilance accrue et de mesures de restrictions qui commenceront toutefois à être desserrées en mai.
Le chef du gouvernement a tenu en fin de journée une conférence de presse, accompagné de plusieurs ministres, pour un point de situation sanitaire à mi-parcours depuis les nouvelles mesures restrictives annoncées le 31 mars par le président de la République, et les perspectives de leur assouplissement courant mai (cf dépêche du 31/03/2021 à 22:32).
"La situation sanitaire s'améliore dans notre pays. Nous constatons depuis 10 jours une baisse réelle de la circulation virale. Le nombre quotidien de nouveaux malades a baissé de 17% en une semaine et s'établit aujourd'hui à un peu plus de 30.000 cas par jour", a observé Jean Castex en préambule, ajoutant que la décrue concernait "près de 80% des départements".
"Le pic de la 3e vague semble donc derrière nous et la baisse de la pression épidémique est engagée", s'est-il réjoui, avant d'ajouter aussitôt qu'il fallait toujours se montrer "vigilants", en raison notamment de la forte prévalence du variant anglais, plus virulent.
Le niveau de circulation virale reste en effet élevé "dans une grande partie du pays", 15 départements affichant un taux d'incidence supérieur à 400 pour 100.000 habitants.
"Nous devons donc rester lucides et pleinement mobilisés pour poursuivre nos efforts", a-t-il insisté, relevant que la pression demeurait "très forte" au sein des établissements de santé, qui accueillent "près de 7.600" patients en soins critiques dont 6.000 atteints par le Covid-19.
Il a voulu voir des "signes positifs" dans le nombre de patients admis en réanimation, qui "a atteint un plateau depuis quelques jours". "Les dernières simulations réalisées par l'Institut Pasteur laissent penser que nous avons atteint le haut de la vague des hospitalisations, laissant espérer un reflux d'ici quelques jours".

Pas de précisions sur l'assouplissement des restrictions

"A partir du 3 mai également, nous pourrons lever les contraintes de déplacement en journée et envisager, sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire, un nouveau train de réouverture autour de la mi-mai qui pourrait commencer par les commerces, certaines activités culturelles et sportives et les terrasses", a déclaré le premier ministre.
Interrogé sur cet assouplissement de la mi-mai, Jean Castex et ses ministres se sont toutefois montrés évasifs tant sur l'échéance que sur les critères sanitaires qui le permettront.
"Nous verrons à la mi-mai où en sera la situation épidémique", a-t-il seulement avancé, indiquant que le gouvernement prendrait en compte une "tendance" plutôt qu'un "chiffre en valeur absolue" tel qu'un nombre de nouveaux cas quotidiens.
Si la situation le permet, la réouverture des établissements recevant du public (ERP) dont les établissements de restauration, les lieux de culture et les commerces dits "non essentiels" serait organisée "par étapes, prudente et progressive", le cas échéant sur une base territorialisée, selon Jean Castex.
Il a toutefois confirmé le maintien "jusqu'à nouvel ordre" du couvre-feu applicable à 19 heures depuis le 1er avril sur l'ensemble du territoire.
Evoquant la situation internationale, Jean Castex a pointé la situation très tendue auxquelles étaient confrontées certaines régions du monde, annonçant de nouvelles mesures de contrôle et l'instauration d'une quarantaine pour les personnes en provenance du Brésil, d'Argentine, du Chili, d'Afrique du Sud et d'Inde.
Le ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin, a détaillé ces mesures de contrôle renforcées, annonçant la mise en place d'un "sas sanitaire" dès samedi pour les personnes en provenance de ces pays. Ne pourront atterrir que des ressortissants français ou de l'Union européenne ayant leur résidence sur le territoire, justifiant d'un test PCR négatif de moins de 36 heures, doublé d'un nouveau test à l'arrivée et d'une quarantaine de 10 jours arrêtée par le préfet et contrôlée par la police.
Il a précisé que le gouvernement soumettrait au Parlement une disposition visant à renforcer ce dispositif de quarantaine dans le projet de loi de gestion de la sortie de crise sanitaire, qui doit être présenté la semaine prochaine en conseil des ministres.
Dans ce texte, qui doit être examiné par l'Assemblée nationale à compter du 3 mai, le gouvernement propose d'instaurer à l'issue de l'état d'urgence sanitaire le 1er juin, et jusqu'au 31 octobre 2021, un régime juridique proche de celui créé en juillet 2020 pour accompagner la fin du premier état d'urgence sanitaire (cf dépêche du 10/07/2020 à 10:08).

Les Français invités à ne pas bouder le vaccin d'AstraZeneca

Abordant la question des vaccins, Jean Castex s'est montré très satisfait du rythme de vaccination en France, assurant qu'il était "aujourd'hui parmi les plus rapides d'Europe". Ce sont ainsi 2,5 millions de Français qui sont actuellement vaccinés par semaine, et un total de 14 millions de personnes devraient avoir reçu la première dose d'ici la fin de semaine, soit "un quart de la population adulte", a fait valoir le premier ministre.
Après avoir rappelé que la quasi-totalité des résidents d'Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) avaient reçu au moins une dose, de même que 70% des plus de 75 ans et des professionnels de santé, Jean Castex a déclaré maintenir l'objectif final d'avoir proposé, d'ici la fin de l'été, la vaccination à tous les Français.
S'inquiétant d'une réticence de la population face au vaccin d'AstraZeneca, Vaxzevria*, dont l'utilisation a été restreinte en France aux 55 ans et plus en raison de l'identification de thromboses atypiques très rares, survenues notamment chez des femmes relativement jeunes (cf dépêche du 19/03/2021 à 14:32), le chef du gouvernement s'est adressé aux "11 millions de personnes de plus de 55 ans qui n'ont pas encore été vaccinées".
"J'ai 55 ans et je me suis vacciné avec l'AstraZeneca comme 200 millions de personnes dans le monde", a-t-il lancé. "J'invite chacune et chacun qui le peuvent à en faire de même car de notre capacité à étendre rapidement notre couverture vaccinale dépendra évidemment aussi notre capacité à avancer dans la voie d'un retour progressif à une vie normale."
Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a lui aussi consacré une partie de son intervention à Vaxzevria*, assurant que le risque de thrombose avec ce vaccin (qu'il a chiffré à environ 5 cas par million de personnes vaccinées) était 50 fois plus faible que celui que l'on prenait en traversant l'Atlantique en avion. "Cela permet quand même de relativiser les choses… et je ne vous parle même pas du risque que vous prenez en ne vous vaccinant pas, parce que c'est sans comparaison!" a-t-il lancé.
Il s'est dit surpris de constater que les précautions prises par la France vis-à-vis de ce vaccin, en limitant in fine son champ d'utilisation aux plus de 55 ans, aient pu faire "augmenter la méfiance" des Français.
"Cela dit, on parle beaucoup -trop, à mon avis- des personnes qui ne veulent pas de ce vaccin, et pas assez des millions de Français qui sont déjà vaccinés", a-t-il balayé, soulignant notamment qu'"encore aujourd'hui, plus de 50.000 Français [avaient] été vaccinés avec l'AstraZeneca".

Le vaccin de Janssen aussi réservé aux 55 ans et plus

Il a aussi évoqué le vaccin de Janssen (groupe J&J), indiquant qu'il était "réservé pour le moment à tous les Français âgés de 55 ans et plus, sans conditions". "Les 200.000 premiers vaccins sont livrés aux pharmacies, aux médecins, aux infirmiers libéraux, qui pourront commencer à le proposer à leurs patients à compter de ce samedi", a-t-il déclaré.
La distribution de ce vaccin avait été retardée dans l’attente d’un avis de l’Agence européenne du médicament (EMA) (cf dépêche du 19/04/2021 à 12:49), qui a estimé mardi que son rapport bénéfice-risque restait favorable malgré un possible lien avec quelques rares cas de thrombose atypique, rappelle-t-on (cf dépêche du 20/04/2021 à 18:12).
Le ministère de la santé avait fait savoir qu’un avis de la Haute autorité de santé (HAS) était attendu pour débuter les vaccinations avec ce produit (cf dépêche du 20/04/2021 à 16:14). Ce n’est pas le cas, a finalement fait savoir l’agence sanitaire à APMnews, jeudi.
Selon la HAS, le vaccin Janssen étant destiné aux plus de 55 ans, le "DGS urgent" précisant les modalités de déploiement du vaccin est suffisant (cf dépêche du 22/04/2021 à 10:29) et il n’est pas nécessaire qu'elle rende une recommandation.
Olivier Véran a par ailleurs annoncé avoir saisi les "comités scientifiques" pour déterminer dans quelles conditions et quand la vaccination pourrait être proposée aux personnes obèses, estimant qu'il était probable que cette dernière débute mi-mai. La vaccination des enfants n'est en revanche pas d'actualité.

Réouverture des écoles confirmée, montée en puissance des dépistages

S'ils ne peuvent bénéficier d'une vaccination, les adolescents vont toutefois être concernés par un renforcement des mesures de dépistage en milieu scolaire, comme recommandé par le conseil scientifique dans un avis diffusé jeudi (cf dépêche du 22/04/2021 à 15:12).
Confirmant la réouverture des établissements scolaires du primaire lundi et celle des collèges et lycées à partir du 3 mai, Jean Castex a annoncé que la "grande nouveauté" de cette rentrée serait le déploiement des autotests antigéniques de détection du Sars-CoV-2 (avec un résultat en 15 min) dans ces établissements, avec l'arrivée "à partir de la semaine prochaine" d'une première commande de 64 millions d'autotests.
Ils seront proposés à "tous les personnels" dès la semaine prochaine et à "tous les lycéens" à partir du 10 mai, dans la mesure où ils sont indiqués à partir de 15 ans (cf dépêche du 16/03/2021 à 17:45). La HAS doit se prononcer la semaine prochaine quant à un élargissement des indications aux moins de 15 ans, a rapporté le premier ministre.
Le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, Jean-Michel Blanquer, a précisé que les lycéens et les personnels des établissements scolaires pourraient respectivement bénéficier d'un ou deux autotests par semaine. Environ 50 millions d'autotests seront déployés en mai et juin, a-t-il ajouté, précisant que ces tests seraient aussi diffusés dans les universités.
En parallèle, les tests salivaires continueront à être proposés en milieu scolaire, avec une montée en charge progressive prévue d'ici mi-mai, l'objectif étant d'atteindre 600.000 tests salivaires par semaine à la mi-mai contre 250.000 par semaine fin mars.
Olivier Véran a par ailleurs indiqué que plus de 500.000 autotests avaient été achetés en officine depuis leur mise à disposition le 12 avril, dont plus de 91.000 intégralement pris en charge par l'assurance maladie puisqu'achetés par des aides à domicile et des aidants familiaux (cf dépêche du 12/04/2021 à 11:01).
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