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VIH: un risque d'infection réduit de 79% sous PrEP, selon une étude américaine en vie réelle

WASHINGTON, 7 juin 2021 (APMnews) - Un risque d'infection par le VIH significativement réduit de 79% a été constaté en vie réelle en cas d'utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH (ténofovir disoproxil/emtricitabine, Truvada*, Gilead et génériques) par des personnes à haut risque d'infection, dans une étude de cohorte américaine publiée par JAIDS.
Si la PrEP est un outil très efficace pour prévenir les infections par le VIH, il est possible qu'en pratique, une adhésion et une rétention sous-optimales limitent son efficacité, notent Jade Pagkas-Bather de l'université de Washington à Seattle et ses collègues.
Dans cette étude de cohorte rétrospective menée dans le comté de King (Etat de Washington), ils ont eu pour objectif d'estimer l'efficacité en vie réelle de la PrEP chez des personnes à risque élevé d'infection par le VIH.
A partir des données publiques de santé relatives aux infections sexuellement transmissibles (IST) et au VIH, les chercheurs ont identifié les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et les personnes transgenres qui avaient reçu un diagnostic d'IST bactérienne entre 2014 et 2018. Puis ils ont comparé l'incidence ultérieure des infections par le VIH chez ceux qui étaient sous PrEP au moment du diagnostic d'IST par rapport à ceux qui n'étaient pas sous PrEP.
L'analyse a porté sur les données de 4.368 personnes (dont 4.313 HSH), dont 28% étaient sous PrEP au moment de la consultation de santé sexuelle. Parmi ces personnes, 60% souffraient de gonorrhée, 24% d'infections à Chlamydia et 16% de syphilis.
L'analyse a révélé qu'au cours du suivi de 14 mois en médiane, 0,4% des PrEPeurs (5 sur 1.206) et 3% des non-PrEPeurs (97 sur 3.162) ont reçu un diagnostic d'infection par le VIH. Cette différence était statistiquement significative.
Avec 0,17 cas pour 100 personnes-années, l'incidence du VIH est apparue plus faible chez les PrEPeurs que chez les non-PrEPeurs, qui étaient eux touchés à un taux de 1,86 cas pour 100 personnes-années.
Après ajustement sur les covariables (âge, origines ethniques, année de diagnostic), les chercheurs ont calculé un risque d'infection par le VIH significativement réduit de 79% en cas d'utilisation de la PrEP.
Les 5 PrEPeurs contaminés par le VIH ont rapporté avoir arrêté la PrEP avant cet évènement, et aucun d'entre eux n'avaient été sous PrEP pendant plus de 12 mois.
Plusieurs facteurs ont par ailleurs été associés à un risque significativement accru d'infection par le VIH, parmi lesquels figurait le fait d'avoir une gonorrhée ou une syphilis.
"Notre étude démontre que la PrEP est hautement efficace en vie réelle, y compris dans un contexte d'interruption de traitement", concluent les auteurs. "Le fait que la PrEP présente une efficacité de plus de 79% est encourageant et doit nourrir un nouvel élan pour accroître sa disponibilité et son utilisation."
(JAIDS, édition du 1er juin 2021, vol. 87, n°2, pages 769-775)
sb/nc/APMnews

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