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Dons de vaccins: le G7 promet 870 millions de doses d'ici 2022, la France 60 millions à la fin de l'année

CARBIS (Royaume-Uni), 14 juin 2021 (APMnews) - A l'issue du sommet présidé par le Royaume-Uni dimanche, les dirigeants du G7 se sont engagés à donner un milliard de doses de vaccins anti-Covid aux pays les plus pauvres, dont 870 millions d'ici la fin 2022, et la France à doubler ses objectifs de dons à 60 millions de doses d'ici la fin de l'année.
Vendredi, le premier ministre britannique Boris Johnson avait partagé sa volonté de voir le G7 s'engager sur le don d'un milliard de doses d'ici fin 2022, rappelle-t-on (cf dépêche du 11/06/2021 à 09:59).
Parmi les 870 millions de doses finalement promises sur cette période, la moitié devrait être livrée d'ici la fin de l'année via le programme d'accès Covax.
"Ensemble, nos contributions financières et le partage direct de doses équivalent à un engagement total de plus de 2 milliards de doses de vaccins depuis le début de la pandémie", ont souligné dans un communiqué commun les dirigeants du G7, qui ont rappelé avoir financé à hauteur de 8,6 milliards de dollars le volet vaccin de l'accord ACT-A (Access to Covid-19 Tools Accelerator) promu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont 1,9 milliard depuis février.
Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé dans un discours dimanche que la France a dans ce cadre "doublé ses propres engagements en passant de 30 à 60 millions de doses partagées d'ici la fin de l'année".
Il avait déjà fait savoir que la France augmenterait ses dons afin de contribuer à l'objectif fixé par les Centers for Disease Control and Prevention africains (CDC Africa) de vacciner 40% de la population d'ici la fin de l'année et 60% au printemps 2022 (cf dépêche du 10/06/2021 à 18:35). Cet objectif vaut "pour l'Afrique au premier chef" mais aussi "pour évidemment la zone Caraïbes, Amérique latine, Indo-Pacifique et l'ensemble du globe", a-t-il précisé dimanche.
L'Union africaine sera destinataire de 5 millions de doses issues des dons français d'ici la fin de l'année, a-t-il ajouté.

La levée de la propriété intellectuelle fera l'objet de nouvelles discussions

Les dirigeants du G7 ont par ailleurs promis de "continuer d'exporter des doses dans des proportions significatives" et de promouvoir la licence volontaire et la production à but non lucratif, qui a représenté jusqu'à présent 95% de l'approvisionnement de Covax.
"Nous avons aussi obtenu que le G7 appelle collectivement le secteur privé à nous accompagner sur le modèle de ce qui avait été fait lors de la grippe H5N1, avec un partage de 10 % des doses produites", a indiqué Emmanuel Macron, qui avait fait connaître sa position sur ce sujet jeudi.
Le communiqué final du G7 indique que le partage de doses par les fabricants de vaccins, "en proportion de leur production", fait partie des "options" explorées pour assurer un accès aux vaccins et traitements contre le Covid-19 aux pays les plus pauvres, avec la transparence des prix et la production à but non lucratif. Le G7 mentionne la proportion de 10% comme un "précédent", mais pas un objectif, note-t-on.
"Désormais, la clé est que l'ensemble des membres du G7 suivent scrupuleusement ces engagements", a souligné Emmanuel Macron dimanche.
Le chef de l'Etat français a également été moins laconique que ses homologues sur les actions à mener sur les prix. "Nous avons tous acté la nécessité d'une plus grande transparence pour plus de justice dans ce qui est demandé aux pays en développement, c'est-à-dire que nous avons demandé à l'ensemble des industries pharmaceutiques de faire la transparence sur les prix des vaccins qui sont justement délivrés à ces mécanismes de solidarité", a-t-il assuré. Ce "prix de référence transparent" sera "aussi celui qui pourra être utilisé par les pays récipiendaires dans leurs achats", a-t-il ambitionné.
Le groupement des pays les plus riches a aussi estimé dans son communiqué qu'il faut étendre le niveau de séquençage génomique des échantillons testés positifs au Covid-19 à "au moins 10% pendant la pandémie" et s'est engagé à "doper la surveillance globale" des variants du virus Sars-CoV-2.
Sur les sujets de production, Emmanuel Macron a réaffirmé que la priorité à court terme est la levée de toutes les restrictions sur les exportations de vaccins et d'ingrédients nécessaires à leur fabrication.
A propos de la levée de la propriété intellectuelle sur les vaccins, demandée par l'Afrique du Sud et l'Inde en premier chef avec le soutien des Etats-Unis, Emmanuel Macron a assuré que le G7 a "acté l'accélération du travail et l'Organisation mondiale du commerce [OMC] et l'Organisation mondiale de la santé [OMS] pour obtenir un accord sur la question des brevets et de la propriété intellectuelle qui ne doit pas être un obstacle à l'accès universel".
"Nous allons soutenir la fabrication dans les pays à faibles revenus et, notant l'importance de la propriété intellectuelle à cet égard, nous participerons de manière constructive aux discussions à l'OMC sur le rôle de la propriété intellectuelle", a indiqué le G7 dans son communiqué.
Parallèlement à la tenue du G7, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé sur son compte Twitter samedi que l'Union européenne s'est fixé un objectif d'exporter 700 millions de doses de vaccins d'ici la fin de l'année.
Dans un communiqué diffusé dimanche, l'OMS a rappelé que 11 milliards de doses sont nécessaires pour vacciner 70% de la population d'ici juin 2022. L'Unicef et le regroupement d'organisations non gouvernementales (ONG) Action for Global Health ont de leur côté déploré des promesses qui "sonnent creux", notamment parce que les dirigeants ne s'engagent pas sur la levée des brevets et sur un investissement plus important dans les systèmes de santé.
mjl/rm/APMnews

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