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Sommet Choose France: plus de 470 millions d'euros d'investissements promis dans la santé (actualisation)

(Par Raphaël MOREAUX)
(Avec ajout de précisions de Novo Nordisk)
VERSAILLES, 28 juin 2021 (APMnews) - Biogen, Merck KGaA, Novo Nordisk, B. Braun, Hartman, Iris Ohyama et Ecolab doivent chacun annoncer des investissements dans l'Hexagone lors du sommet Choose France organisé lundi à Versailles, pour un montant total de 473 millions d'euros, selon un dossier de presse envoyé dimanche par l'Elysée.
La quatrième édition de Choose France, qui vise à mettre en avant les atouts du pays et défendre la politique économique de l'exécutif auprès des entreprises et investisseurs étrangers, se tient lundi à Versailles en présence de plus de 150 dirigeants d'entreprises. Le secteur de la santé y est largement représenté, avec notamment la présence de dirigeants d'AstraZeneca, Sanofi, Boehringer Ingelheim, ou encore Moderna, Recipharm, B. Braun et Galapagos (cf dépêche du 24/06/2021 à 18:02).
A cette occasion, 22 nouveaux projets d'investissement pour un total de 3,5 milliards d'euros et "près de 7.000 nouveaux emplois créés" doivent être annoncés, selon l'Elysée. La présidence de la République a notamment mis en avant des "projets qui montrent une contribution des investisseurs étrangers à notre réindustrialisation, en particulier dans les secteurs stratégiques comme la santé".
Le groupe allemand Merck KGaA, dont la présidente du directoire et directrice générale Belen Garijo et le président de la filiale française Thierry Hulot doivent participer au sommet, va faire part d'un investissement de 175 millions d'euros en France et la création de 500 emplois sur ses sites de Molsheim (Bas-Rhin) et de Martillac (Gironde).
Cela comprend un investissement de 25 millions d'euros à Molsheim, déjà annoncé en mars pour soutenir la fabrication d'assemblages à usage unique appartenant au portefeuille de consommables à usage unique Mobius* notamment utilisés dans la production de vaccins contre le Sars-CoV-2 (cf dépêche du 17/03/2021 à 18:28), ainsi qu'un investissement de 50 millions à Martillac "impliquant la création de 150 emplois d'ici 2024", a précisé le groupe dans un communiqué.
Alors que le site alsacien fabrique les "poches stérilisées faites sur mesure" pour abriter la production de composés biologiques, Martillac utilise ces consommables pour "produire à façon comme prestataire de services pour des start-up qui veulent tester une molécule ou pour des laboratoires pharmaceutiques", notamment dans les premières phases d'essais cliniques, a expliqué Thierry Hulot à APMnews.
Ces investissements dans la bioproduction bénéficient d'un soutien des pouvoirs publics pour "faciliter" et "accélérer" les procédures "sans pour autant baisser l'exigence de qualité", mais aussi d'un soutien financier dans le cadre du plan de relance économique (cf dépêche du 09/04/2021 à 19:27), que le président de Merck KGaA France n'a pas souhaité communiquer. "Ce n'est pas négligeable, mais ce n'est pas le plus important", a-t-il déclaré. Le soutien à la filière de bioproduction fait partie des priorités du 4e programme d'investissement d'avenir (PIA) et des "projets structurants" du Comité stratégique de filière (CSF) industries et technologies de santé (cf dépêche du 08/01/2021 à 10:23 et dépêche du 08/06/2021 à 16:53).
Merck KGaA, qui compte 3.700 salariés et 11 sites dans l'Hexagone, dont 7 de production, a par ailleurs annoncé "100 millions d'euros d'investissements récurrents" pour l'ensemble de ses sites "pour les deux prochaines années". Il s'agit principalement de mises à niveau technologiques pour "éviter de perdre en compétitivité" et assurer la "résilience" de l'outil de production, a indiqué Thierry Hulot à APMnews.

Biogen promet 175 millions d'euros sur cinq ans

L'américain Biogen, qui avait déjà fait des annonces d'investissement lors de la précédente édition de Choose France en janvier 2020 (cf dépêche du 21/01/2020 à 16:24), a dévoilé lundi un plan d'investissement de 175 millions d'euros sur cinq ans, et le recrutement de "100 salariés hautement qualifiés en science, ingénierie, data sciences et technologies digitales pour renforcer le hub mondial de Biogen Digital Health basé à Paris", a relayé l'Elysée.
Biogen Digital Health est une nouvelle organisation créée en avril au sein du groupe et rattachée directement au PDG monde de Biogen, Michel Vounatsos. Elle est dirigée par Martin Dubuc, jusqu'alors PDG de la filiale française, rappelle-t-on (cf dépêche du 14/04/2021 à 11:38).
Le danois Novo Nordisk a présenté un investissement de 50 millions d'euros pour 2021-2022 sur son site de production d'insuline à Chartres, qui produit pour 8 millions de patients diabétiques dans 85 pays. Il s'agit notamment d'installer un nouveau module pour le conditionnement de son analogue du GLP-1 Ozempic* (sémaglutide) indiqué dans le diabète du type 2, a indiqué le groupe dans un communiqué diffusé lundi.
Il prévoit en outre d'opérer un "regroupement stratégique de la production de flacons d'insuline humaine", avec un transfert d'une ligne de son site danois de Kalundborg à Chartres, pour l'approvisionnement du marché mondial hors Etats-Unis. "A compter de juillet 2022, nous pourrons fournir jusqu'à 100 millions de flacons par an au lieu de 70 millions actuellement", a expliqué le directeur général de Novo Nordisk France, Etienne Tichit, cité dans le communiqué.
La manne financière "renforcera les mutations technologiques en cours et contribuera à l'accélération de la transition écologique du site", a ajouté le groupe, expliquant viser "un impact carbone neutre sur l'environnement d'ici 2030".

Deux nouvelles lignes de production pour B.Braun

Dans un communiqué diffusé dimanche, le groupe allemand B. Braun a affiché un investissement de 15 millions d'euros supplémentaires cette année.
L'industriel a annoncé la création d'une ligne de production d'aiguilles micro-chirurgicales à Sarlat-la-Caneda (Dordogne) qui fera de lui "la première et unique entreprise européenne à fabriquer et fournir ce type de produits dans l'Union, offrant ainsi une alternative de choix aux productions asiatiques". Le programme est soutenu par l'Etat dans le cadre du plan de relance (cf dépêche du 10/05/2021 à 17:21), et a "un potentiel de cinq nouveaux emplois".
B. Braun entend aussi ouvrir une nouvelle ligne de production automatisée sur son site de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) "pour pouvoir produire 11 millions de lignes de perfusions supplémentaires par an" et faire face à l'augmentation de la demande mondiale.
Il prévoit enfin de créer "80 nouveaux lits d'ici 2023" dans ses centres de dialyses français. Cette extension "permettra d'accueillir près de 300 patients supplémentaires sur l'ensemble du territoire et nécessitera de créer 20 nouveaux postes d'infirmiers pour les prendre en charge", a précisé le groupe, qui se félicite d'avoir "investi près de 200 millions d'euros depuis 2015" dans l'Hexagone. Il a rappelé être le "deuxième employeur du dispositif médical [DM]" en France avec 2.100 salariés.
Toujours dans le champ du DM, un autre groupe allemand, Hartmann, a annoncé à l'occasion de Choose France l'implantation d'une nouvelle ligne de production de pansements MediSet* pour diabétiques, pour un investissement total de 25 millions d'euros. Il compte un site de production en France à Lièpvre (Haut-Rhin).
"Pérennisant ainsi cette activité et ses 170 emplois, le projet permet de sécuriser complètement la transition du site vers un centre d'excellence mondial du groupe (production pharma et R&D), avec une forte composante export vers les Etats-Unis", a défendu l'Elysée.
Le spécialiste japonais des équipements en plastiques, Iris Ohyama, implanté en France depuis juillet 2019, doit pour sa part compléter "un investissement de 8 millions d'euros visant l'ajout de 30 lignes de fabrication de masques chirurgicaux d'ici l'été pour une production à terme de 60 millions d'unités sur le site de Lieusaint (Seine-et-Marne)", selon le dossier de presse du sommet Choose France, qui mentionne "110 nouveaux emplois s'ajoutant aux 70 annoncés en 2020".
L'américain Ecolab, acquéreur en 2017 des laboratoires Anios spécialisés dans la désinfection en milieu hospitalier, a quant a lui dévoilé un investissement de 20 millions d'euros. Il comprend 15 millions sur 3 ans "pour moderniser l'outil de production" d'Anios dans la région lilloise, et 5 millions pour "augmenter de 8.000 tonnes les capacités de production de produits de santé du site de Sainghin [Nord]", a relaté l'Elysée, soulignant qu'il s'agissait d'un "rapatriement en France de ces volumes actuellement sous-traités à l'étranger".

Le Csis dans le viseur

Dans le dossier de presse, la présidence de la République vante les actions de l'exécutif et affiche une "France de 2021 plus compétitive et plus innovante". Elle rappelle que le secteur de la santé fait partie des "secteurs stratégiques" soutenus par les pouvoirs publics avec "850 millions d'euros dédiés" au sein d'une enveloppe globale de "2 milliards pour la réindustrialisation".
L'Elysée pointe "de nouvelles conditions favorables à l'innovation" en santé et se félicite d'un "dialogue renouvelé entre l'Etat et l'industrie" à travers la signature d'un nouvel accord-cadre relatif au médicament pour 2021-2024 (cf dépêche du 05/03/2021 à 12:07). La présidence rappelle les "trois stratégies publiques d'accélération en préparation" dans les biothérapies, la santé numérique et les maladies infectieuses, ainsi que le projet important d'intérêt européen commun (PIEEC) qui se construit au niveau européen (cf dépêche du 01/06/2021 à 10:34).
Elle note enfin que l'organisation du Conseil stratégique des industries de santé (Csis) 2021 "le lendemain même de Choose France" (cf dépêche du 26/05/2021 à 14:44), "confirme l'attention forte et croissante portée par les pouvoirs publics à l'amélioration de la compétitivité et de l'attractivité du site France pour les industriels de santé".
Elle détaille les "cinq priorités" du rendez-vous de mardi avec les industriels: "assurer une recherche fondamentale d'excellence et interdisciplinaire", "catalyser l'innovation", "améliorer l'accès au marché des produits innovants", "soutenir l'industrialisation des produits" et "développer et faire émerger les formations initiales et tout au long de la vie".
rm/eh/APMnews

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