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Covid-19: l'obligation vaccinale des soignants ne serait pas "en décalage avec la pratique courante" (Olivier Véran)

PARIS, 5 juillet 2021 (APMnews) - Le principe d'une vaccination obligatoire des soignants pour lutter contre le Covid-19 ne serait "pas une nouveauté" ni "en décalage avec la pratique courante", a fait valoir Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, dimanche soir à Paris lors d'un déplacement au festival Solidays, réservé cette année aux soignants, après avoir estimé qu'une quatrième vague était possible "dès la fin juillet".
"Demander à un soignant de se vacciner, ce n'est pas le pointer du doigt, ce n'est pas dénigrer le travail qui a été fait, ce n'est pas dénier le sens de [son] engagement, ce n'est pas vouloir brusquer qui que ce soit", a déclaré Olivier Véran lors d'un rapide point presse au cours d'un déplacement à l'hippodrome de Longchamp, à Paris, où se tenait la 23e édition du festival Solidays, réservée aux professionnels de santé pour leur rendre hommage.
"Demander aux soignants de se vacciner, c'est leur demander d'aller au bout de leur engagement au service de leurs malades et de la santé des gens qu'ils ont choisi de protéger", a-t-il poursuivi pendant ses réponses à la presse retransmises sur BFMTV.
"La vaccination obligatoire, quand on est soignant, ce ne sera pas une nouveauté", a de nouveau considéré le ministre, évoquant le cas du vaccin contre l'hépatite B déjà demandé à ces professionnels. "Ce n'est pas quelque chose qui serait en décalage avec la pratique courante", a-t-il estimé.

Une quatrième vague possible "dès la fin juillet"

Un peu plus tôt dans la soirée, Olivier Véran a averti dans un tweet que, "depuis 5 jours, le virus ne baisse plus, il réaugmente", évoquant l'effet du "variant delta qui est très contagieux". "L'exemple anglais montre qu'une vague est possible dès la fin juillet", a-t-il mis en garde (cf dépêche du 02/07/2021 à 16:57). "Nous pouvons la limiter et en limiter l'impact sanitaire", a-t-il affirmé, demandant l'application des gestes barrières, la vaccination et l'application du triptyque "tester, alerter, protéger".
Aujourd'hui, "l'épidémie n'est pas terminée", a redit le ministre depuis le festival Solidays. "Il y a un à deux décès par jour en Ehpad [établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes] parce que les personnes âgées en Ehpad sont vaccinées, parce que le virus circule beaucoup moins fort, mais si le virus devait repartir fort, il pourrait contaminer des personnes qui ne sont pas vaccinées, qui ensuite pourraient transmettre le virus à des personnes qui, parce qu'elles sont très âgées, ont une immunité beaucoup plus faible", a-t-il souligné.
"C'est une obligation morale pour nous que d'assurer par tous les moyens la protection de l'ensemble des Français", a insisté le ministre.
Vendredi, Olivier Véran a expliqué qu'il allait rencontrer avec le premier ministre, Jean Castex, les représentants des groupes parlementaires lundi pour aborder la question de l'obligation vaccinale, rappelle-t-on. Il a précisé que cette obligation vaccinale relevait de la loi et s'est dit favorable à un débat parlementaire "le plus tôt possible", "pourquoi pas au mois de juillet".
La Fédération hospitalière de France (FHF) et la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) se sont déclarées la semaine dernière en faveur d'une obligation de vaccination des soignants contre le Covid (cf dépêche du 02/07/2021 à 13:00).
Dans une tribune parue dans le Journal du dimanche, une centaine de médecins appellent à rendre la vaccination anti-Covid des soignants obligatoire, dont le Pr André Grimaldi, professeur émérite de diabétologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), le Pr Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP), le Pr Gilles Pialoux, chef du service maladies infectieuses de l'hôpital Tenon (AP-HP), le Pr Philippe Gabriel Steg, chef du service de cardiologie de l’hôpital Bichat (AP-HP), le Pr Jean Sibilia, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg, ou encore le Pr Jean-Luc Jouve, président de la commission médicale d'établissement (CME) de l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM).
Ils demandent au gouvernement "de prendre dès à présent la décision d’obligation vaccinale pour toute personne qui, dans un établissement ou organisme public ou privé de prévention ou de soins, ou hébergeant des personnes âgées, exerce une activité professionnelle l’exposant ou exposant les personnes dont elle est chargée à des risques de contamination". Les signataires souhaitent que l’application de cette décision soit effective "avant le début du mois de septembre". Une pétition en ligne a reçu plus de 700 signatures.
S'agissant de la vaccination de la population contre le Covid, Olivier Véran a souligné dimanche qu'il "ne voulait pas qu'on fasse 200.000 mais 300.000" primo-injections par jour. "Chaque semaine qu'on va gagner, c'est une semaine de moins d'épidémie potentielle pour le pays", a-t-il considéré.
"Attendre, c'est prendre un risque", a-t-il ajouté, demandant donc de ne pas attendre septembre pour se faire vacciner.
En Angleterre, le nombre de contaminations est passé de "2.000 cas par jour à près de 25.000 cas par jour, en l'espace de 4 à 5 semaines", a pointé Olivier Véran. "Cette semaine, par rapport aux jours de la semaine dernière, chaque jour le virus a augmenté de 30% à 40%, ça veut dire qu'on est à un niveau faible de circulation du virus, mais on n'a pas écrasé complètement l'épidémie" et "ça peut repartir assez vite".
"On ne veut pas de [nouvelle] vague et on a aujourd'hui la possibilité de l'éviter", a-t-il assuré.
Le ministre s'exprimait devant la presse après être allé à la rencontre de bénévoles et de soignants venus assister aux concerts et aux animations du festival.

Dix mille soignants invités aux Solidays

"Après deux années difficiles, Solidarité Sida a mobilisé les foules et les personnalités pour rendre un vibrant hommage aux femmes et aux hommes qui font vivre la santé", s'est réjouie l'association dimanche dans un communiqué, citant la mobilisation d'une quinzaine d'artistes ainsi que celle de partenaires institutionnels et privés.
Elle a précisé que 10.000 soignants ont été invités gratuitement pour cette 23e édition organisée sur une journée. Solidarité Sida, dont le festival permet habituellement de financer des programmes de prévention et d'aide aux malades, s'est donné pour défi "de faire que les premiers à fêter le retour des festivals en plein air soient les professionnels de santé", explique-t-elle sur son site internet.
L'inscription de ces derniers a été ouverte du 10 au 20 juin, puis les gagnants du tirage au sort ont été informés le 24 juin par mail (après vérification de leurs données), bénéficiant d'une invitation pour 2 personnes.
L'événement, qui a été décidé il y a environ 5 semaines par l'association après que l'édition classique a été annulée, était organisé selon les conditions sanitaires actuellement en vigueur pour les concerts en plein air avec plus de 1.000 spectateurs (remplir l'un des critères du passe sanitaire, obligatoire, port du masque recommandé mais pas obligatoire). Il n'y a plus de jauge pour les concerts en extérieur depuis le 30 juin, note-t-on. Des masques et du gel hydroalcoolique étaient distribués en différents points du lieu.
"Quand on a monté le festival, on avait une jauge à 5.000, et entre-temps elle a été doublée à 10.000", a expliqué une porte-parole de l'association, jointe par APMnews dimanche. "On avait anticipé une augmentation mais on n'a pas ouvert [les inscriptions] à beaucoup plus" de monde, a-t-elle ajouté, notant qu'il n'y a pas eu de désistement malgré la pluie.
Un peu moins de 30.000 personnes s'étaient au total inscrites au tirage au sort et, dimanche en début de soirée, quelque 13.000 spectateurs étaient sur place, a-t-elle précisé, soulignant que beaucoup de soignants faisaient partie des accompagnants des invités tirés au sort.
mlb/nc/APMnews

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