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Les diabétiques représentent près des deux tiers des patients à risque d'infection à pneumocoque

PARIS, 16 août 2021 (APMnews) - La grande majorité des patients qui présentent un risque accru d'infection à pneumocoque ont une ou plusieurs maladies chroniques et, parmi eux, près des deux tiers sont diabétiques, selon une étude française.
En France, contrairement à d'autres pays, les recommandations de vaccination antipneumococcique reposent davantage sur le risque que sur l'âge, notamment les personnes immunodéprimées ou celles porteuses d'une maladie sous-jacente les exposant à la survenue d'une infection à pneumocoque, comme les patients atteints d'insuffisance cardiaque, d'insuffisance respiratoire chronique, d'insuffisance rénale ou d'un diabète non équilibré, rappellent Benjamin Wyplosz de l'hôpital Bicêtre au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne, AP-HP) et ses collègues dans Infectious Diseases Now.
Dans cette étude financée par Pfizer, qui commercialise un vaccin antipneumococcique, ils ont évalué le nombre de patients à risque d'infection à pneumocoque en France entre 2014 et 2018 à partir des données extraites entre 2009 et 2018 du Système national des données de santé (SNDS) .
Les patients considérés à risque étaient définis à partir de la liste établie par le Haut conseil de la santé publique (HCSP):
  • d'une part, les patients immunodéprimés aspléniques ou hypospléniques, atteints de déficits immunitaires héréditaires, infectés par le VIH, transplantés ou en attente de transplantation d'organe solide, greffés de cellules souches hématopoïétiques, traités par immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie pour une maladie auto-immune ou inflammatoire chronique, atteints de syndrome néphrotique ou traités par chimiothérapie pour une tumeur solide ou une hémopathie maligne
  • d'autre part, les patients non immunodéprimés porteurs d'une maladie sous-jacente telle que cardiopathie congénitale cyanogène, insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire chronique (bronchopneumopathie obstructive, emphysème), d'asthme sévère sous traitement continu, d'insuffisance rénale, d'hépatopathie chronique d'origine alcoolique ou non, d'un diabète, d'une brèche ostéoméningée, d'un implant cochléaire ou candidats à une implantation cochléaire.
Pour identifier ces patients, les chercheurs ont développé 17 algorithmes utilisant plusieurs sources d'information: prise en charge au titre d'une affection de longue durée (ALD), diagnostics lors d'une hospitalisation, traitements et procédures médicaux, traitements, tests en laboratoire d'analyse médicale, dispositifs médicaux…
Ils ont dénombré, en 2018, un total de 4.045.021 adultes à risque d'infection pneumococcique, soit plus de 10% de la population adulte affiliée au système général de l'assurance maladie. Ce nombre était en hausse de 10,6% par rapport à 2014.
Dans cette cohorte de 2018, 51% des adultes étaient des hommes âgés de 66,1 ans en moyenne (55,1% de 65 ans et plus), 14,1% étaient immunodéprimés et 89,9% présentaient au moins une maladie chronique. Parmi ces derniers, les plus nombreux étaient les diabétiques (72%), suivis des insuffisants respiratoires (17%), des insuffisants cardiaques (11,7%) et des malades hépatiques (7,9%). Les patients atteints d'asthme sévère et d'insuffisance rénale terminale représentaient une faible proportion (1,6% pour chaque groupe).
Parmi les patients immunodéprimés, les plus représentés étaient ceux traités par immunosuppresseur ou biothérapie pour une maladie auto-immune ou inflammatoire chronique (33%), suivis par ceux traités par chimiothérapie pour une tumeur ou une hémopathie maligne (26,7%), ceux atteints d'une infection à VIH (17,7%) et les transplantés d'organe solide (9,5%). L'ensemble des autres patients immunodéprimés à risque représentaient 12,5% du groupe.
Ces résultats indiquent le nombre de patients à risque d'infection à pneumocoque en France selon les pathologies sous-jacentes, ce qui permet de prioriser les messages de santé publique, d'évaluer la couverture vaccinale des groupes les plus à risque et d'envisager comment intégrer la vaccination antipneumococcique dans leur prise en charge, concluent les chercheurs.
Outre Pfizer, GlaxoSmithKline propose aussi un vaccin antipneumococcique, rappelle-t-on.
(Infectious Diseases Now, édition en ligne du 31 juillet)
ld/nc/APMnews

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