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Une trentaine d'usagers de drogues guéris de leur hépatite C dans le cadre d'un projet centré sur les pairs et l'indemnisation

BIARRITZ (Pyrénées-Atlantiques), 4 octobre 2021 (APMnews) - Une intervention pour dépister et traiter le virus de l'hépatite C chez des usagers de drogues, centrée sur le recours aux pairs et accompagnée d'une indemnisation des participants, a permis une suppression virale chez une trentaine d'usagers à Montpellier, a-t-il été rapporté lors des journées scientifiques de l'Association française pour l'étude du foie (Afef), la semaine dernière.
Pour atteindre l'objectif d'élimination de l'hépatite C en 2030 fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il est préconisé de cibler prioritairement les groupes les plus à risque -en Europe, les usagers de drogues- en mettant en oeuvre une stratégie dite de "test and treat", où le dépistage s'accompagne d'une mise sous traitement immédiate.
Hélène Donnadieu Rigole, chef du service addictologie du CHU de Montpellier, a exposé les résultats du projet ICONE conduit en 2020 pour évaluer l'efficacité d'un modèle communautaire de dépistage du VHC combiné à l'initiation immédiate du traitement dans une population "cachée" et non engagée dans les soins.
Un premier groupe d'une quinzaine d'usagers participants ont été à l'origine de chaînes de recrutement au moyen de coupons de recrutement, avec une indemnisation financière de 50 euros pour la participation et le recrutement.
Les participants étaient des usagers de drogues actifs déclarant une consommation de drogue actuelle régulière objectivée par test urinaire positif pour une substance psychoactive.
Ils devaient présenter à l'arrivée dans la structure, dont l'accueil était assuré par des pairs rémunérés, un coupon valide et se soumettre à un bilan de plusieurs heures comprenant questionnaire, tests urinaires, test rapide d'orientation diagnostique (Trod) VHC/VHB/VIH, PCR VHC si Trod positif, visite médicale en cas de PCR positive, bilan pré-thérapeutique et mise sous traitement donnant lieu à une indemnisation pour leur participation, et à la remise de coupons de recrutement.
En 11 semaines, 554 personnes ont été recrutées, ce qui correspond à environ un tiers des usagers de drogues de la ville de Montpellier, a souligné le Dr Donnadieu Rigole. Ils étaient en large majorité des hommes, 35% étaient des injecteurs et les trois quarts étaient sans domicile.
Près de 80% consommaient des opiacés, les trois quarts de la cocaïne et plus de 20% de la méthamphétamine.
Un tiers avait une sérologie positive au VHC et 49 personnes étaient infectées par le VHC. Parmi eux, 37 ont été mis sous traitement, soit 76%, 30 ont reçu un traitement complet et 27, soit 55%, présentaient une réponse virologique soutenue à l'issue du traitement.
Lors de sa présentation, le Dr Donnadieu Rigole a estimé qu'il faudrait deux à trois interventions de ce type pour parvenir à éliminer le VHC dans un territoire donné. Elle a précisé que ce qui coûtait cher dans ce projet était l'emploi à temps plein des pairs et des soignants et non l'indemnisation, qui s'est élevée à une centaine d'euros par personne. Au total, le coût de ce projet financé par l'ANRS et l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie était de 420.000 euros.
La possibilité d’instaurer ce type de recrutement est actuellement à l’étude avec l’aide de l’ARS Occitanie.
vib/ab/APMnews

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