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Crise des opioïdes: un juge tranche pour la première fois en faveur des laboratoires

ORANGE (Californie), 2 novembre 2021 (APMnews) - Le juge Peter Wilson du comté d'Orange a rendu lundi une décision provisoire concluant pour la première fois à la non responsabilité de Johnson & Johnson (J&J), Teva, Endo et Allergan (groupe AbbVie), accusés d'avoir entretenu la crise des opioïdes aux Etats-Unis.
Cette décision en première instance s'inscrit parmi les 3.300 actions en justice intentées par des États et des collectivités locales dans le cadre de la crise des opioïdes qui, selon le gouvernement américain, a entraîné près de 500.000 décès par overdose d'opioïdes en deux décennies.
Au cours du procès qui a duré plusieurs mois, les comtés de Santa Clara, Los Angeles et Orange, ainsi que la ville d'Oakland, ont tenté de démontrer que la stratégie marketing des laboratoires pharmaceutiques minimisait les risques de dépendance aux opioïdes et en faisait la promotion pour des utilisations plus larges que prévu (cf dépêche du 19/04/2021 à 17:53).
Selon eux, cette publicité a entraîné la consommation massive de milliards d'analgésiques par leurs habitants et une augmentation des décès par overdose. Ils ont réclamé aux laboratoires plus de 50 milliards de dollars pour couvrir les coûts de réparation des nuisances publiques qu'ils ont engendrées, en plus de pénalités.
Le juge a cependant estimé que même si le marketing des fabricants de médicaments contenait des déclarations trompeuses, les comtés n'ont présenté aucune preuve montrant que leurs activités promotionnelles ont entraîné la rédaction d'ordonnances inappropriées.
Il a estimé que la crise des opioïdes ne pouvait être considérée comme une nuisance publique susceptible de donner lieu à des poursuites car le gouvernement fédéral et l'État avaient à l'époque déterminé que les avantages des prescriptions l'emportaient sur les inconvénients.
"Il n'y a tout simplement pas de preuve que l'augmentation des prescriptions n'était pas le résultat de la fourniture appropriée sur le plan médical d'analgésiques aux patients qui en avaient besoin", a-t-il estimé.
J&J a déclaré dans un communiqué que cette décision montrait que son marketing était "approprié et responsable".
John Hueston, l'avocat d'Endo, a affirmé que la décision démontrait que la "conduite légale de son client n'a pas causé la nuisance publique généralisée dont il est question dans la plainte".
Dans une déclaration, Teva a expliqué qu'une "victoire claire pour les nombreux patients américains qui souffrent d'une dépendance aux opioïdes n'interviendra que lorsque des règlements globaux seront finalisés et que des ressources seront mises à la disposition de tous ceux qui en ont besoin". Le groupe a indiqué qu'il travaillait à un tel règlement sur le plan national.
Les principaux avocats chargés de superviser les poursuites contre les sociétés ont déclaré qu'ils n'étaient absolument pas d'accord avec la décision et ont souligné qu'elle n'avait aucune incidence sur les affaires connexes au niveau national.
Cette décision provisoire pourrait être contestée avant qu'elle ne devienne définitive.
Elle est intervenue alors que J&J et McKesson, Cardinal Health et AmerisourceBergen s'efforcent de finaliser un projet d'accord prévoyant le versement de 26 milliards de dollars pour mettre fin aux milliers de plaintes déposées contre eux (cf dépêche du 22/07/2021 à 11:27).
rtrs/lle/eh/APMnews

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