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Chez les femmes atteintes de Mici, les corticoïdes au cours de la grossesse exposent à des complications

LONDRES, 4 novembre 2021 (APMnews) - Chez les femmes enceintes atteintes de maladie inflammatoire chronique de l'intestin, la prise de corticoïdes expose à des surrisques de complications au cours de la grossesse et chez le nouveau-né, selon une étude américaine publiée dans Gut.
Les femmes atteintes de Mici présentent un surrisque de complications au cours de la grossesse. Si la plupart des patientes conçoivent lorsque leur maladie est en rémission, les poussées concernent environ 30% des grossesses. Or une Mici active est associée à plusieurs complications, notamment la prématurité, les fausses couches et les infections infantiles. La corticothérapie a été longtemps utilisée pour prendre en charge les poussées de Mici.
Les corticoïdes traversent la barrière placentaire mais ils sont rapidement métabolisés en métabolites moins actifs et les concentrations dans le sérum foetal sont relativement basses. Des études ont suggéré que la prise de corticoïdes systémiques au cours de la grossesse puisse être associée à des complications au cours de la grossesse et à un surrisque de prématurité et de petit poids de naissance. Des données contradictoires ont également été publiées sur un potentiel surrisque de malformations congénitales, notamment de fente faciale.
Florence-Damilola Odufalu de l'université de Californie à San Francisco et ses collègues ont analysé l'impact de l'exposition aux corticoïdes in utero sur la grossesse, les malformations congénitales, les infections et le développement neurocognitif des enfants à 12 mois. Ils se sont appuyés sur la cohorte prospective américaine PIANO qui porte sur les femmes enceintes atteintes de Mici.
Ils ont analysé les données de 1.712 grossesses de femmes atteintes de Mici et suivies dans 30 centres aux Etats-Unis, parmi lesquelles 1.431 ont abouti à la naissance d'enfants en vie.
Dans cette cohorte composée à majorité de femmes présentant une maladie de Crohn, 29% (432) ont rapporté une exposition aux corticoïdes préconceptionnelle ou au cours du premier, deuxième ou troisième trimestre. Les femmes exposées étaient relativement plus jeunes (31,4 ans versus 32,2 ans) avec une maladie évoluant depuis moins longtemps (7,1 ans versus 8,7 ans) et étaient plus susceptibles d'être atteintes d'une rectocolite hémorragique.
Le taux de complications était de 68% dans cette cohorte et 44% des femmes ont accouché par césarienne.
L'exposition aux corticoïdes était associée à des taux significativement supérieurs de: prématurité (13% versus 8%), petite taille pour l'âge gestationnel (6% versus 4%), petit poids de naissance (10% versus 6%) et retard de croissance intra-utérin (3% versus 2%).
Les nouveau-nés exposés in utero aux corticoïdes étaient plus fréquemment admis en réanimation néonatale (13% versus 9%).
Après ajustement en fonction de l'exposition à des médicaments biologiques, des immunomodulateurs et des combinaisons, l'exposition aux corticoïdes était toujours associée à des risques significativement supérieurs de prématurité (+79%), petit poids de naissance (+76%) et admission en réanimation néonatale (+54%).
Les modèles de régression logistique contrôlés en fonction de la prématurité et de l'activité de la Mici maternelle n'ont pas mis en évidence de risque d'infection global les 12 premiers mois. Toutefois, une corticothérapie initiée au deuxième et/ou troisième trimestre était associée à un surrisque d'infection grave nécessitant une hospitalisation entre 9 et 12 mois (4% versus 2% et 5% versus 2%, respectivement).
Il n'y avait pas non plus de différence significative concernant le risque global de malformation congénitale (10% des exposés in utero, versus 9%). Les auteurs précisent néanmoins que cinq fentes faciales ont été recensées dans le groupe exposé in utero avant la conception et/ou au premier trimestre, contre une dans le groupe non exposé.
S'agissant du développement neurocognitif, seul un défaut de compétences sociales à 12 mois a été mis en évidence. Il n'était pas retrouvé à 24, 36 et 48 mois.
Dans leurs conclusions, les auteurs rappellent que l'activité de la Mici est "la plus grande menace" pour la santé maternelle et foetale au cours de la grossesse.
Ils estiment que leur étude montre la nécessité de contrôler la maladie avant et pendant la grossesse avec des stratégies thérapeutiques dépourvues de corticoïdes. Selon eux, la rémission sans corticoïdes devrait être confirmée avant la conception et des thérapeutiques sans corticoïdes poursuivies au cours de la grossesse afin d'éviter les poussées et le recours aux corticoïdes.
Les agents biologiques et les immunomodulateurs ne sont pas associés et des complications au cours de la grossesse, affirment-ils.
Plusieurs études françaises du GIS Epi-Phare ont récemment été publiées sur l'exposition aux thiopurines et anti-TNF chez les femmes atteintes de Mici au cours de la grossesse.
Elles ont mis en évidence un risque doublé de mortinatalité associé aux thiopurines et un surrisque d'infection grave la première année après exposition in utero aux combinaisons thiopurines + anti-TNF, rappelle-t-on (cf dépêche du 02/07/2021 à 12:47 et dépêche du 27/07/2021 à 11:36). Les biothérapies non-anti-TNF ont également fait l'objet d'études.
vib/cb/APMnews

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