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Emmanuel Macron annonce l'installation d'un "conseil national de la refondation" après les législatives (presse)

PARIS, 4 juin 2022 (APMnews) - Un "conseil national de la refondation" sera installé après les élections législatives pour réfléchir aux objectifs et chiffrer les moyens à engager pour réformer les services publics et notamment la santé, avec des discussions sur le terrain prévues à partir de septembre, a annoncé le président de la République, Emmanuel Macron, dans une interview accordée vendredi à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale et publiée samedi.
Cette conférence des parties prenantes faisait partie de son programme de campagne pour l'élection présidentielle (cf dépêche du 18/03/2022 à 11:46). Elle visait à mettre en place des solutions locales et nationales notamment pour l'accès aux soins, avec entre autres un "nouveau pacte entre l'hôpital et la médecine de ville", rappelle-t-on.
Emmanuel Macron a décidé de nommer cette nouvelle instance "conseil national de la refondation".
Il prévoit d'y réunir "les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et des citoyens tirés au sort" pour atteindre les cinq objectifs qu'il a portés pendant la campagne et "rassembler la nation autour de ces priorités".
Ces objectifs sont l'indépendance notamment industrielle, le plein-emploi, la neutralité carbone, les services publics et la renaissance démocratique avec la réforme institutionnelle, rappelle-t-il.
"Ce conseil, que je lancerai moi-même, sera enclenché après les législatives", déclare-t-il. Il souhaite que la première ministre, Elisabeth Borne, et son gouvernement puissent ensuite "le faire vivre".
Emmanuel Macron annonce qu'il y aura "une première séquence de plusieurs jours puis des rendez-vous réguliers". "Ce sera l'instance dans laquelle nous ferons vivre nos réformes", avec tout d'abord le sujet du pouvoir d'achat.
"Nous allons apporter des réponses aux fonctionnaires avec le point d'indice, aux retraités…", promet-il en indiquant que dès cet été seront votés la loi pouvoir d'achat et un texte de simplification et d'urgence pour les projets d'énergie.
Il prévoit ensuite d'engager les chantiers concernant la production, l'écologie et les services publics.
S'agissant de la santé et de l'éducation, il veut que soient définis les objectifs et les moyens.
"Puis, dès septembre, je souhaite que des discussions aient lieu sur le terrain, dans les 1.200 bassins de vie, auxquelles seront associées toutes les parties prenantes", explique-t-il. Pour la santé, il évoque "par exemple, les médecins, les paramédicaux, les élus et [les] associations de patients".
"On va se donner plusieurs mois pour identifier les besoins et bâtir des projets" afin de sortir "une feuille de route et des moyens chiffrés".
Emmanuel Macron estime que les Français sont "fatigués des réformes qui viennent d'en haut" et "ont plus de bons sens que les circulaires". "Paris doit être au service du terrain."
Au sujet de la réforme des retraites, "indispensable au financement de nos transformations", le travail "commencera après ce conseil et la réforme entrera en vigueur dès l'été 2023".

Urgences: "une réponse adaptée à la centaine de situations identifiées"

Interrogé sur les difficultés rencontrées par les structures d'urgence, sujet déjà abordé mardi lors de son déplacement au centre hospitalier public du Cotentin (CHPC) à Cherbourg (cf dépêche du 01/06/2022 à 08:18), Emmanuel Macron insiste sur l'importance de "regarder service d'urgence par service d'urgence et Samu par Samu, territoire par territoire où il y a des besoins".
Pour lui, la mission flash d'appui aux territoires, confiée à François Braun, président de Samu-urgence de France, pour identifier de premières solutions opérationnelles avant l'été, et décriée par plusieurs organisations et collectifs (cf dépêche du 02/06/2022 à 18:36), est "évidemment" nécessaire. "Sinon quoi? Je me contente de lire les articles de presse?", ironise-t-il.
Il confirme que des "décisions d'urgence" seront prises "dès juillet", indépendamment du conseil national de la refondation, "pour permettre une réponse adaptée à la centaine de situations identifiées".
"Les personnels hospitaliers ont le sentiment d'un tunnel dont ils ne sortent jamais."
"Notre pays considère que tout problème a forcément une solution heureuse dans l'argent public" mais "ce n'est pas vrai", observe-t-il en rappelant la revalorisation de deux millions de soignants, "de 184 € à plus de 400 € par mois" et l'enveloppe de 19 milliards d'euros (Md€) "qui vont petit à petit arriver".

Soignants non vaccinés: réintégration quand il n'y aura plus de risque

Emmanuel Macron souligne par ailleurs qu'il ne faut pas "confondre" les difficultés des hôpitaux avec la suspension des personnels de santé non vaccinés.
"On parle de personnels qui ont fait le choix en conscience, contestable sur le plan déontologique, de ne pas protéger les autres."
"Lorsque les autorités sanitaires nous diront qu'on est revenus dans une situation qu'on appelle endémique, qu'il n'y a plus de risque, à ce moment-là, un travail de réintégration se fera", affirme-t-il, en rappelant qu'un "accompagnement social" est déjà proposé, "dans les Antilles en particulier".
Interrogé sur une éventuelle obligation de vaccination contre la grippe pour certaines catégories de personnes, il explique qu'il ne va pas faire des annonces dans le cadre de cette interview.
"Un vrai travail de pédagogie est à faire" car "un bon système de santé fonctionne quand la prévention est là". "Se vacciner contre la grippe, contre les virus connus est un élément important d'une politique de prévention", note-t-il en observant qu'il s'agit une des "faiblesses structurelles" de la France.
Enfin, le président a répondu à une question sur le ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, Damien Abad, qui fait l'objet d'accusations de viol (cf dépêche du 23/05/2022 à 11:04).
"Nous avons aidé et accompagné la libération de la parole face aux violences que subissent les femmes", commente-t-il évoquant "un combat [...] au coeur de ce quinquennat" et "l'égalité femme-homme restant la grande cause".
Néanmoins, "la protection de la présomption d'innocence est importante aussi" et "Damien Abad y a droit comme tout citoyen", fait-il valoir. Il souhaite donc que son ministre "puisse mener à bien son travail".
cb/san/APMnews polsan-une

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