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Mise en place d'une démarche de gestion des risques autour de l'accouchement accompagné à domicile

PARIS, 30 novembre 2021 (APMnews) - La Fédération française des réseaux de santé en périnatalité (FFRSP) a mis en place une démarche de gestion des risques autour de l'accouchement accompagné à domicile (AAD), regroupant les différents professionnels intervenant autour de la périnatalité, selon un communiqué diffusé lundi par la fédération.
L'AAD reste confidentiel en France, avec 1.089 accouchements prévus à domicile réalisés en 2020, soit 0,15% des accouchements réalisés en France, selon le rapport annuel de l'Association professionnelle de l'AAD, rappelle la FFRSP.
Il s'agit d'un accouchement assisté d'une sage-femme, mais cette activité n'est pas encadrée en France et aucune recommandation de pratiques cliniques ni aucun cahier des charges organisationnel n'ont été validés au niveau national, souligne la fédération. L'Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL) a rédigé une charte de l'accouchement à domicile, qui n'est reconnue que par ses membres.
Les sages-femmes pratiquant l'AAD peinent en outre à être couvertes par une assurance professionnelle. L'activité est donc très hétérogène, affichant de grandes disparités territoriales, note la fédération.
Les femmes sont par ailleurs peu informées sur les risques de l'accouchement à domicile et sur l'absence d'organisation territoriale de cette activité. Et "le parcours et la prise en charge des femmes enceintes ne sont pas toujours en accord avec les recommandations actuelles de bonne pratique", constate le Dr Jean-Louis Simenel, président de la FFRSP.
Les professionnels de santé confrontés à la prise en charge de ces femmes ayant fait le choix d'une AAD, qu'ils interviennent en anténatal -ayant alors le sentiment de devoir cautionner un AAD alors qu’ils jugent cette pratique à risque-, en per-natal ou en post-natal -avec la gestion des urgences-, se retrouvent parfois en difficulté.
"Enfin, il faut souligner le paradoxe entre les règles imposées aux structures de soins (maternités et maisons de naissance) et l’absence totale de cadre de l’AAD", insiste la FFRSP.
La fédération a donc décidé de mettre en place une démarche de gestion des risques autour de l'AAD, ne visant ni à cautionner, ni à promouvoir cette pratique, mais à la "prendre en considération dans un objectif de gestion des risques", précise le Dr Margaux Creutz (CHU de Nancy), responsable de la démarche au niveau de la fédération, dans le communiqué.
Elle a regroupé pour cette démarche les professionnels de santé, les instances administratives, les sociétés savantes et les associations d'usagers (voir encadré).
Après une première réunion en avril, 8 thématiques de travail ont été identifiées et des groupes de travail ont été constitués:
  • la gestion des risques liés aux patientes
  • la gestion des risques liés aux professionnels
  • la gestion des risques autour du recours aux Smur
  • la gestion des dépistages néonataux
  • l’élaboration de documents d'information à destination des femmes et des professionnels sur l’AAD
  • les indicateurs de santé et de prise en charge pertinents pour l’évaluation de l’AAD
  • les autres offres de prise en charge pour les accouchements à bas risque
  • les risques médico-légaux.
Les groupes de travail ont commencé à se réunir début octobre, et présenteront leurs premières productions en réunion plénière au printemps 2022. Elles seront ensuite transmises à la direction générale de l'offre de soins (DGOS) et à la Haute autorité de santé (HAS).
Les participants à la démarche de la FFRSP:
  • l’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL)
  • l’Association professionnelle de l’accouchement accompagné à domicile (Apaad)
  • le Collectif inter associatif autour de la naissance (Ciane)
  • le Club anesthésie réanimation en obstétrique (Caro)
  • le Samu Urgences de France
  • le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom)
  • le Conseil national de l’ordre des sages-femmes (Cnosf)
  • le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF)
  • le Collège national des sages-femmes de France (CNSF)
  • la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar)
  • la Société française de médecine d’urgence (SFMU)
  • la Société française de médecine périnatale (SFMP)
  • la Société française de néonatalogie (SFN).
cd/ab/APMnews

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