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Coronavirus: quoi de neuf depuis mardi? (synthèse)

PARIS, 7 mai 2020 (APMnews) - Face à une actualité riche et inédite, APMnews propose à ses lecteurs, deux fois par semaine (cf dépêche du 05/05/2020 à 22:16), un retour sur l’essentiel des informations liées à l’épidémie de Covid-19 des jours précédents, pour offrir une vue d'ensemble en quelques minutes.
Depuis le 1er mars, le Covid-19 a fait officiellement 25.987 décès en France, dont 16.386 en milieu hospitalier et 9.601 dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Jeudi, 23.208 patients étaient encore hospitalisés (-775 en 24 heures), dont 2.961 en réanimation (-186).
Au niveau mondial, l'université américaine Johns Hopkins répertorie plus de 3,7 millions cas d'infection et près de 265.000 décès, dont 73.573 aux Etats-Unis, 30.615 au Royaume-Uni, 29.958 en Italie et 26.070 en Espagne.
(Capture d'écran)
(Capture d'écran)
Entouré de six membres de son gouvernement, le premier ministre, Edouard Philippe, a tenu jeudi après-midi une conférence de presse destinée à préciser la stratégie de déconfinement dont les grandes lignes avaient été présentées la semaine dernière à l’Assemblée nationale.
Il a indiqué qu’au vu des résultats sanitaires, la levée du confinement, en vigueur depuis le 17 mars, aurait bien lieu lundi. Ce sera "le début d’un déconfinement très progressif, au minimum sur plusieurs semaines", et adapté aux situations locales, a-t-il prévenu.
Ce déconfinement va être initié sur l’ensemble du territoire (sauf Mayotte), même si certains départements ont "des résultats moins bons qu’espérés", notamment dans la région Ile-de-France.
Présent au côté d’Edouard Philippe, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a présenté trois cartes classant les départements en rouge, orange ou vert en fonction de la circulation du virus, des tensions sur les services régionaux de réanimation et des capacités à couvrir les besoins en tests. Présentée pour la première fois jeudi, cette troisième carte est totalement verte, synonyme d'un taux de couverture des besoins en tests supérieur à 100%.
A compter du 11 mai, le gouvernement ambitionne de tester toutes les personnes symptomatiques ainsi que leurs contacts, et d'isoler les cas positifs. Il s’est fixé un objectif de 700.000 tests réalisés par semaine.
"La France est prête pour tester massivement", a assuré Olivier Véran, tout en notant que "de la théorie à la pratique, il peut y avoir des écarts". Il a donc demandé aux personnes rencontrant des difficultés à se faire dépister à contacter le numéro vert 0.800.130.000 pour signaler les problèmes et les résoudre "sans délai".
Le ministre a aussi présenté une carte faisant la synthèse des trois premières, avec uniquement des départements en vert ou en rouge. Ces derniers sont ceux des régions Ile-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France et Grand Est, en raison des tensions encore notables sur les capacités de réanimation.
Dans les départements verts, les parcs et jardins pourront rouvrir lundi, de même que les collèges (classes de 6e et 5e) à compter du lundi 18 mai. "S’ils se maintiennent en vert les trois prochaines semaines, nous pourrons [au 2 juin] envisager une nouvelle étape de déconfinement" comme la réouverture des lycées, des cafés et des restaurants, a expliqué le premier ministre. Cela restera impossible dans les départements qui basculeraient ou demeureront en rouge.
A l'avenir, toutes les cartes continueront d'être mises à jour et prendront en compte les tests positifs territoire par territoire.

Vigilance et "discipline renforcée" en Ile-de-France

Parmi les départements rouges, il a été décidé de retarder le déconfinement à Mayotte, en raison d’un nombre de cas faible mais en augmentation. En Ile-de-France, le nombre de cas baisse mais reste plus élevé que prévu. Si le déconfinement est maintenu dans cette région, il faudra continuer à privilégier le télétravail au maximum et limiter les déplacements au strict nécessaire. La situation impose une "discipline renforcée", a insisté Edouard Philippe.
Dans les transports franciliens, des "règles strictes" seront en vigueur pour les trois prochaines semaines "au moins". Pour éviter la saturation aux heures de pointe, une attestation de l'employeur ou une justification de déplacement pour motif impérieux sera notamment nécessaire. Le chef du gouvernement a noté que des mesures supplémentaires pourront être décidées si les règles sanitaires ne sont pas respectées et si la situation ne s’améliore pas.
Partout en France, le masque sera obligatoire à partir de lundi pour les plus de 11 ans dans tous les transports, sous peine d’une amende de 135 euros.
Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a expliqué qu'une nouvelle attestation serait publiée prochainement pour justifier les déplacements de plus de 100 km "à vol d'oiseau" (sauf à l'intérieur d'un même département). Les rassemblements seront limités à 10 personnes au moins jusqu’au 2 juin.
Pour les personnes âgées et vulnérables, le maintien du confinement ne sera pas obligatoire, mais il faudra "continuer à observer dans toute la mesure du possible, de façon volontaire, les règles de prudence très strictes qui ressemblent à celles des deux derniers mois", a avancé le premier ministre.

Ehpad: 475 millions d'euros débloqués et une prime pour le personnel

Olivier Véran a indiqué qu'un assouplissement des règles n'était pas envisagé dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et ce, au moins jusqu'au 2 juin.
Il a aussi annoncé le déblocage de 475 millions d’euros de crédits supplémentaires pour les Ehpad ainsi qu'une prime défiscalisée pour les personnels de ces établissements. Celle-ci sera de 1.500 euros dans les 33 départements les plus touchés par l’épidémie et de 1.000 euros ailleurs.
Une prime est également prévue pour les établissements accueillant des personnes handicapées, lorsque l’assurance maladie contribue à leur financement. Une autre prime sera annoncée "prochainement" pour le reste du secteur médico-social et du secteur social.
Dans son intervention, le premier ministre a souligné sa volonté de "chercher en permanence le bon équilibre entre l’indispensable reprise de la vie normale [...] et l’indispensable respect de toutes les précautions qui empêchent l’épidémie de repartir et qui donc protègent les Français".
Il a ajouté que le déconfinement reposait sur les travaux de Jean Castex, dont le rapport définitif sera présenté "dans les jours qui viennent".
Auditionné au Sénat mercredi, Jean Castex a évoqué un possible reconfinement si le "relâchement" observé ces derniers jours se prolongeait et provoquait une reprise de l'épidémie. Il a dit avoir préparé un plan en ce sens (ce qu'a confirmé Edouard Philippe) mais "ce n'est pas notre objectif", a-t-il déclaré.
Selon une modélisation franco-américaine mise en ligne mardi, un deuxième pic épidémique paraît inévitable en France après le déconfinement quelle que soit la durée du confinement, même avec masques obligatoires et distanciation sociale. Elle pourrait toutefois ne pas se produire si les personnes vulnérables restent confinées encore de longs mois.

L'Assemblée se penche sur le projet de loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire

Au Parlement, le travail législatif reste intense. Le Sénat a voté dans la nuit de mardi à mercredi le projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire et organisant le déconfinement (mise en quatorzaine à l'arrivée en France hors provenance de l'Union européenne, de l'espace Schengen et du Royaume-Uni, isolement des personnes infectées, traçage de leurs contacts...).
Les sénateurs l’ont adopté par 240 voix pour, 25 voix contre et 80 abstentions après l’avoir largement remanié, notamment en fixant la date du 10 juillet pour la fin de l’état d’urgence sanitaire alors que le gouvernement vise celle du 24 juillet.
Le projet de loi est débattu à l’Assemblée nationale en séance publique depuis jeudi après-midi. Son adoption définitive devrait intervenir d’ici la fin de la semaine. Le Conseil constitutionnel devrait être saisi par l'opposition.
En parallèle, le gouvernement a présenté jeudi lors du conseil des ministres un nouveau projet de loi contenant "diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19". Il s’agit essentiellement d’habilitation à légiférer par ordonnance sur divers sujets dont la facilitation de la mise à disposition d'agents publics pour les hôpitaux et les Ehpad. L’examen à l’Assemblée nationale est prévu la semaine prochaine.
En matière réglementaire, un décret publié au Journal officiel de mercredi prévoit la prise en charge immédiate et intégrale par l'assurance maladie obligatoire (AMO) des frais liés au tests virologiques, comme promis par le gouvernement. Ces tests sont facturés 54 euros et étaient jusqu’ici remboursés à 60% en ville.
Côté hôpital, la direction générale de l'offre de soins (DGOS) a indiqué jeudi à APMnews que le versement de la prime des personnels hospitaliers était maintenu en mai, mais pourrait être décalé à juin si les établissements le souhaitent. La publication du texte réglementaire lié à cette prime devrait intervenir d’ici la fin de semaine, ce qui sera donc trop tard pour permettre aux établissements du secteur sanitaire public de la verser sur la paie de mai.
Les discussions sur la prime sont encore en cours pour les structures des secteurs sanitaires privé lucratif et non lucratif.
Un arrêté a été publié jeudi pour détailler les modalités de la garantie de financement dont vont bénéficier les établissements publics et privés dans le cadre de l'épidémie. Un autre arrêté délègue près de 900 millions d'euros aux établissements, dont une partie pour payer la prime aux hospitaliers et environ 100 millions pour compenser les surcoûts liés au Covid-19 en Ile-de-France et Grand Est.
gb/eh/APMnews

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