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Coronavirus: quoi de neuf depuis vendredi? (synthèse)

PARIS, 20 mai 2020 (APMnews) - Face à une actualité riche et inédite, APMnews propose à ses lecteurs un retour sur l’essentiel des informations liées à l’épidémie de Covid-19 depuis vendredi (cf dépêche du 15/05/2020 à 21:52), pour offrir une vue d'ensemble en quelques minutes.
Depuis le 1er mars, 28.132 décès liés au Covid-19 ont été comptabilisés (+110 vs mardi), dont 17.812 en milieu hospitalier et 10.320 dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Mercredi soir, 17.941 patients étaient encore hospitalisés, dont 1.794 en réanimation (-100).
Dans une interview publiée dans le Journal du dimanche (JDD), le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a indiqué que 25 clusters avaient été identifiés depuis le déconfinement. D’autres se sont ajoutés depuis, dont un au commissariat central de Lille, où près d'un millier d'agents sont testés depuis mercredi.
S’exprimant mardi devant la presse pour la première fois depuis plus de deux semaines, le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, a déclaré ne pas avoir reçu de "signal" de hausse des contagions depuis le déconfinement.
Dans un entretien publié mercredi par Le Parisien, la directrice générale de Santé publique France, Geneviève Chêne, a confirmé cette observation, tout en estimant qu’il fallait attendre la fin de la semaine pour tirer un premier bilan. Elle a ajouté que, selon de premières estimations, "les décès à domicile représenteraient 1% des morts du Covid-19". Un bilan définitif sera publié "avant juin", a-t-elle promis.
Lors de son intervention, Jérôme Salomon est longuement revenu sur la stratégie mise en place pour "tester, isoler et casser les chaînes de contamination" et a de nouveau appelé à la vigilance face à un virus qui continue de circuler. "Déconfiner ne signifie pas la fin de l'épidémie", a-t-il souligné.
Interrogé sur l'objectif du gouvernement de pouvoir effectuer 700.000 tests virologiques par semaine, contre 50.000 par jour actuellement, le DGS a expliqué que ce chiffre n'était en fait pas le "vrai objectif". "Le vrai objectif, c'est que nous fassions des tests pour toutes les personnes qui sont symptomatiques, pour toutes les personnes qui en ont besoin", a-t-il appuyé.
En plus du dépistage des personnes symptomatiques, des "brigades sanitaires" sont chargées d’identifier les contacts des patients infectés pour les inviter à se faire tester, rappelle-t-on.
Pour compléter ce dispositif, une application numérique baptisée StopCovid est en développement. Elle fera l’objet d’un débat et d'un vote à l’Assemblée nationale puis au Sénat mercredi prochain. Un premier vote était prévu le 28 avril en réponse aux questions éthiques soulevées par l'opposition, mais le gouvernement a finalement choisi de consacrer la discussion à la présentation de la stratégie de déconfinement.
Toujours en matière de dépistage, la Haute autorité de santé (HAS) a bouclé lundi ses travaux sur les tests sérologiques en publiant un troisième avis consacré aux tests rapides (TDR, Trod, autotests).
Jérôme Salomon a fait savoir mardi qu'une liste commerciale de tests recommandés par la HAS serait publiée "dans les prochains jours". Quelques heures plus tôt, Olivier Véran avait indiqué à l’Assemblée nationale qu'il envisageait de proposer à "tous les soignants" de bénéficier d'un test sérologique à compter de la semaine prochain.

Un "Ségur de la santé" sous la houlette d'Olivier Véran et Nicole Notat

Dans le JDD, le ministre a annoncé que le "Ségur de la santé" évoqué la semaine dernière par le président de la République serait lancé lundi. Il a annoncé mercredi à l’issue du conseil des ministres que Nicole Notat, ex-secrétaire générale de la CFDT, l'épaulerait pour conduire ces discussions.
Estimant avoir commis une "erreur" avec la stratégie "Ma santé 2022", Emmanuel Macron a demandé à son ministre de travailler sur quatre chantiers prioritaires, peut-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres de mercredi:
  • revalorisation des carrières et développements des compétences et des parcours professionnels à l’hôpital et dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)
  • plan d’investissement et réforme des modèles de financement
  • mise en place d’un système plus souple, plus simple, plus en proximité, en revalorisant le collectif, le sens de l’équipe et l’initiative des professionnels
  • mise en place d’une organisation du système de santé fondée sur le territoire et intégrant hôpital, médecine de ville et médico-social.
Olivier Véran a indiqué que le "Ségur de la santé" se traduira par des concertations nationales et, début juin, par des concertations territoriales "pour tirer pleinement et collectivement les leçons de la crise".
Les conclusions de l’ensemble de ces discussions seront rendues d’ici mi-juillet. Olivier Véran avait fait savoir au JDD qu'il comptait inscrire de premières mesures dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021.
Les modalités de l’annonce de ce "Ségur de la santé" ont été accueillies fraîchement par les six intersyndicales de praticiens hospitaliers (Snam-HP, Jeunes médecins, CMH, INPH, AH et APH) et par cinq organisations représentatives des agents de la fonction publique hospitalière (CFDT, CGT, FO, SUD et Unsa santé-sociaux).
En outre, 11 organisations syndicales et professionnelles ont appelé lundi à une nouvelle journée de mobilisation nationale en faveur de l'hôpital public le 16 juin. "Les annonces ne répondent pas au socle revendicatif", a déclaré Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT santé et action sociale, lors d’une conférence de presse.
Au niveau européen, Emmanuel Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont proposé lundi de créer un fonds de relance temporaire doté de 500 milliards d’euros. Ce dispositif serait alimenté par des emprunts de la Commission européenne sur les marchés au nom des 27 Etats membres de l’Union européenne (UE).
Si l’initiative franco-allemande est approuvée lors du Conseil européen de juin (ce qui apparaît peu probable en raison de l'opposition de plusieurs petits Etats membres), la France pourra recourir au fonds de relance pour "rénover l'hôpital", a précisé le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire. L’argent frais pourra aussi servir à renforcer l'"industrie sanitaire européenne", a ajouté l'Elysée.

136 milliards d'euros de dette sociale transférés à la Cades

Confirmant une information des Echos, Bercy et le ministère des solidarités et de la santé ont indiqué mercredi qu'ils avaient soumis aux caisses de sécurité sociale un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire pour transférer 136 milliards d'euros de dette sociale à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades). L'objectif est de soulager l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), fortement sollicitée pour financer les mesures exceptionnelles liées à l’épidémie.
Le gouvernement compte aussi affecter 2 milliards d'euros issus de la contribution sociale généralisée (CSG) au financement de la perte d'autonomie à compter de 2024, prélude à la création d'un nouvelle branche de la sécurité sociale. Sur ce sujet, une concertation sera lancée et un rapport sera remis au Parlement d'ici la discussion du PLFSS pour 2021.
Les conseils des caisses de sécurité sociale devraient se prononcer lundi sur les deux projets de loi.
La dette sociale en passe d'être transférée à la Cades couvre près de 30 milliards d'euros de déficits passés, un versement de 13 milliards pour la reprise de la dette des hôpitaux et une provision de quelque 93 milliards au titre des déficits prévisionnels de la sécurité sociale pour les exercices 2020 à 2023. En parallèle, la durée d'existence de la Cades sera portée à 2033, alors qu'elle devait s'éteindre en 2024.
Selon les prévisions les plus optimistes du gouvernement, le déficit de la sécurité sociale pourrait atteindre 41 milliards d’euros en 2020. Parmi les dépenses inhabituelles figure une dotation de 4 milliards au bénéfice de Santé publique France pour l'achat de produits nécessaires à la lutte contre la pandémie.
Le gouvernement a annoncé mardi que l'agence avait commandé plus d’1 milliard de masques sanitaires issus des chaînes de fabrication françaises. Ceux-ci seront progressivement livrés d’ici à décembre. Grâce à l'augmentation de la production, quelque 20 millions de masques devraient être fabriqués dans l'Hexagone chaque semaine d'ici fin mai. L’objectif est d’arriver à 50 millions d’ici la fin d’année.

Fortes tensions à l'Assemblée mondiale de la santé

Au niveau international, 4,9 millions de cas d'infection ont été dénombrés par l'université américaine Johns Hopkins et près de 325.000 décès, dont 92.387 aux Etats-Unis, 35.704 au Royaume-Uni et 32.330 en Italie.
Réunis virtuellement mardi pour l’Assemblée mondiale de la santé, les 194 pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté une résolution prévoyant de lancer "au plus tôt" une "évaluation impartiale, indépendante et complète" de la réponse de l’agence à la pandémie.
Les Etats-Unis reprochent à l'OMS d'avoir mal géré la crise et accusent la Chine d'avoir dissimulé des informations. Le président américain, Donald Trump, a été très virulent contre l'agence, la qualifiant lundi de "marionnette de la Chine" et menaçant de suspendre indéfiniment ses financements si aucun changement n'est mis en oeuvre. Principal contributeur financier de l’institution, Washington a suspendu sa participation financière depuis la mi-avril.
Lors de l’Assemblée mondiale, le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a défendu son action, assurant que l'agence a sonné l’alarme "rapidement" et "souvent". Le président chinois, Xi Jinping, a quant à lui affirmé que son pays avait fait preuve de "transparence" et de "responsabilité", et s’est dit favorable à une "évaluation complète" de la réponse internationale à la pandémie.
Côté recherche, la biotech Moderna a annoncé lundi des résultats de phase I positifs pour un candidat vaccin anti-Covid-19. L’entreprise espère être en mesure de lancer une phase III en juillet pour un premier dépôt de demande d'homologation en fin d'année ou début 2021.
gb/eh/APMnews

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