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La méthodologie de soins "humanitude" permet de réduire la consommation de neuroleptiques chez les patients Alzheimer

NICE, 21 octobre 2010 (APM) - La méthodologie de soins "humanitude" permet de réduire la consommation de neuroleptiques chez les patients atteints de maladie d'Alzheimer institutionnalisés, suggère une étude présentée au congrès international francophone de gériatrie et gérontologie (CIFGG) qui s'achève jeudi à Nice.
Les troubles du comportement perturbateurs sont à l'origine de fréquentes prescriptions de neuroleptiques chez ces patients, rappellent le Dr Laurence Luquel, directrice médicale de l'hôpital privé gériatrique Les Magnolias à Ballainvilliers (Essonne) et ses collègues dans le résumé de leur poster.
Or, ces troubles du comportement peuvent être déclenchés par des gestes "inappropriés" des soignants lors des actes de soin, faute de compétences spécifiques.
Il y a une trentaine d'années, en France, un ancien professeur de gymnastique et sa femme, Yves Gineste et Rosette Marescotti, ont mis au point une méthodologie de soins qui s'est d'abord développée au Canada avant de revenir en France.
Elle repositionne le soin dans sa dimension du "prendre soin" et permet de prévenir la maltraitance ordinaire.
Cette approche a été appliquée avec succès aux personnes atteintes d'une maladie d'Alzheimer pour faciliter l'administration des soins (cf dépêche dépêche du 19/06/2008 à 12:33).
Aux Magnolias, l'ensemble des soignants a été formé ou sensibilisé à partir de 2005 à l'"humanitude", un axe prioritaire du plan qualité de l'établissement dans le cadre des actions de bientraitance.
Une étude a été conduite pour évaluer l'impact en particulier sur la consommation des neuroleptiques chez 109 patients, âgés en moyenne de 87 ans, hospitalisés en unité de soins de longue durée (USLD).
La consommation annuelle de neuroleptiques entre 2005 et 2008 a été analysée à partir des données de la pharmacie.
Il apparaît qu'en quatre ans, la consommation totale annuelle de neuroleptiques a diminué de 88,5%.
La quantité de tiapride est passée de 38,3 g en 2005, à 20 g en 2006, à 8 g en 2007 et à 4 g en 2008.
Celle de cyamémazine (Tercian*, Sanofi-Aventis) est passée de 22,8 g en 2005 à 1,2 g en 2008.
La prise de loxapine (Loxapac*, Eisai) n'était plus que de 0,65 g en 2008, contre 11,4 g en 2005.
La consommation de rispéridone et d'halopéridol a également diminué en quatre ans.
Ces résultats montrent que l'acquisition de nouvelles techniques de soin par les soignants contribue à la diminution du risque de comportement d'agitation pathologique et, en conséquence, à celle des prescriptions au long cours de neuroleptiques chez les patients atteints de maladie d'Alzheimer.
Il apparaît globalement que la mise en place de la méthodologie de soin "humanitude" dans les institutions gériatriques permet d'améliorer la qualité de vie du malade Alzheimer et que la formation des soignants peut être considérée comme une intervention non médicamenteuse prioritaire pour limiter les traitements antipsychotiques, concluent les auteurs.
/ld/cd/APM

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