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Coronavirus: quoi de neuf depuis jeudi? (synthèse)

PARIS, 5 mai 2020 (APMnews) - Face à une actualité riche et inédite, APMnews propose à ses lecteurs, deux fois par semaine (cf dépêche du 30/04/2020 à 22:17), un retour sur l’essentiel des informations liées à l’épidémie de Covid-19 des jours précédents, pour offrir une vue d'ensemble en quelques minutes.
Le Covid-19 a fait au moins 25.531 décès en France depuis le 1er mars (+330 vs lundi), dont 16.060 en milieu hospitalier et 9.471 dans les établissements sociaux et médico-sociaux, selon les chiffres présentés mardi soir par la direction générale de la santé (DGS). 24.775 patients étaient encore hospitalisés (-773 en 24 heures), dont 3.430 en réanimation (-266).
Au niveau mondial, l'université américaine Johns Hopkins répertorie plus de 3,6 millions de cas d'infection et près de 254.500 décès, dont 69.079 aux Etats-Unis, 32.313 au Royaume-Uni, 29.315 en Italie et 25.613 en Espagne.
Depuis le jeudi 30 avril, le gouvernement français diffuse quotidiennement une carte faisant figurer les départements en rouge, orange ou vert en fonction de la circulation du virus et de la tension sur les capacités régionales de réanimation. Les départements des régions Grand Est, Ile-de-France et Bourgogne-Franche-Comté sont actuellement en rouge, et ceux du Centre-Val-de-Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France en orange. Un classement sera arrêté jeudi, avec uniquement des départements rouges ou verts, ce qui aura des conséquences sur l’ampleur du déconfinement.
Le premier ministre, Edouard Philippe, a présenté lundi la stratégie de déconfinement au Sénat, qui l’a rejetée par 89 voix contre et 81 pour dans le cadre d’un vote non contraignant. Il avait obtenu l’aval de l’Assemblée nationale mardi 28 avril.
Ce plan de déconfinement progressif entrera en vigueur à compter du lundi 11 mai. Dans une interview au Parisien publiée dimanche, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a redit que cette date constituait un objectif et qu'elle pourrait être "remise en question" en fonction de la situation sanitaire, département par département.
Pour accompagner le déconfinement, le gouvernement a présenté samedi lors d’un conseil des ministres extraordinaire un projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire de deux mois, jusqu’au 24 juillet.
Le texte prévoit aussi, après le 11 mai, la mise en quatorzaine des personnes arrivant sur le territoire national (sauf si elles sont en provenance de l'Union européenne, de l'espace Schengen ou du Royaume-Uni), l’isolement des patients infectés, ainsi que la création de deux systèmes d’information nécessaires au traçage des contacts des malades.
Largement remanié en commission des lois (avec un état d'urgence sanitaire prolongé jusqu'au 10 juillet), le projet de loi est examiné au Sénat en séance publique depuis lundi après-midi. Il partira ensuite à l’Assemblée nationale en vue d’une adoption d’ici la fin de la semaine. Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a prévenu dimanche que son groupe saisirait le Conseil constitutionnel. Il a aussi annoncé qu’une commission d’enquête sur la crise sanitaire serait lancée au Sénat en juin.

Les "brigades" départementales se précisent

Le 11 mai devrait signer la reprise d’une majeure partie des activités du pays. Pour l’accompagner, le gouvernement a diffusé dimanche deux protocoles sanitaires: l'un pour les maternelles et écoles primaires, l'autre pour les entreprises.
Emmanuel Macron a visité mardi matin une école élémentaire à Poissy (Yvelines) afin de répondre aux inquiétudes des maires vis-à-vis de la réouverture des classes au 11 mai. Même s'il sera progressif, ce retour est jugé compliqué à mettre en oeuvre au vu des potentielles conséquences sanitaires et des mesures d'hygiène à respecter.
Pour gérer l’épidémie après le déconfinement, le gouvernement mise sur le déploiement massif des tests virologiques. Il s'est fixé un objectif de 700.000 tests par semaine, ce qui devrait permettre de dépister toutes les personnes symptomatiques et leurs contacts, et de mener des campagnes de tests ciblées.
Les contacts seront tracés et invités à se faire dépister par des "brigades sanitaires" départementales. L'application StopCovid, en revanche, ne sera pas disponible au 11 mai, a fait savoir Olivier Véran samedi. Lorsqu'elle sera prête, un débat sera organisé au Parlement, ce qui permettra de revenir sur ses implications éthiques et pratiques. Invité mardi de BFM Business, le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O, a indiqué que le déploiement de l'outil était envisagé à partir du 2 juin.
Les "brigades sanitaires" seront composées de 4.000 salariés de l'assurance maladie auxquels pourront être associés des salariés des centres communaux d'action sociale (CCAS) ou des bénévoles de la Croix-Rouge. "Nous aurons 2.500 collaborateurs supplémentaires prêts à venir immédiatement en renfort si nécessaire", a indiqué le directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, dans un entretien publié vendredi par Les Echos.
Dans ce dispositif, les médecins généralistes ayant pris en charge un malade devront recenser ses contacts et effectuer une première analyse du risque de contamination. Les informations recueillies seront ensuite transmises à l'assurance maladie, qui se chargera de contacter les personnes identifiées.
Les généralistes seront rémunérés 55 euros par patient pour la consultation du patient et la saisie informatique des coordonnées des membres de la cellule familiale. Deux euros seront versés pour chaque contact supplémentaire identifié en dehors de la cellule familiale. Ce montant sera porté à 4 euros quand les coordonnées permettant de les joindre seront renseignées.
Dans une interview au Quotidien du médecin publiée en ligne mercredi, Nicolas Revel a par ailleurs indiqué qu’un décret était attendu pour détailler les modalités de versement de l'aide financière prévue pour les professionnels de santé libéraux conventionnés ayant subi une forte baisse d'activité à cause de l'épidémie. Le dispositif, qui a fait l'objet d'une ordonnance adoptée samedi en conseil des ministres, a suscité le mécontentement de la plupart des syndicats de médecins libéraux.
Sur les tests, sérologiques cette fois, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé dans un avis rendu public samedi de les réserver, sur prescription, à toute personne ayant présenté des symptômes, sévères ou non, évocateurs du Covid-19 et dont le diagnostic n'a pas été ou n'a pas pu être confirmé par RT-PCR, ainsi qu'à tous les soignants, au personnel travaillant dans des structures fermées et dans le cadre d'études épidémiologiques.
Pour l’institution, ces tests ne permettront pas de délivrer de certificat d’immunité aux personnes entrées en contact avec le Sars-Cov-2 en raison des nombreuses inconnues sur le virus.

Polémique sur les masques

Sur la question des masques, la mise en vente de millions de produits chirurgicaux par la grande distribution a suscité l’indignation des 7 ordres de professionnels de santé. "Toute guerre a ses profiteurs", ont-ils assené jeudi dans un texte commun. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a qualifié ces propos d'"outranciers et diffamatoires", assurant que les masques seront vendus en grande surface "à prix coûtant ou avec une marge minimale".
"Il n’y a pas et il n’y jamais eu de stocks cachés", a affirmé Edouard Philippe lundi au Sénat. "Je peine à comprendre quel intérêt aurait eu la grande distribution à cacher des stocks de masques, au lieu de les vendre en temps de pénurie."
Olivier Véran a souligné samedi que "la grande distribution a annoncé non pas des stocks de masques, mais des commandes de masques", de l'ordre de 5 millions à 10 millions. Tout en disant comprendre l'"émotion" et la "colère" des professionnels de santé, il a assuré qu’il aurait recours à des réquisitions si des produits venaient à manquer pour les soignants et les personnes malades et vulnérables.
Dans Le Parisien dimanche, il a annoncé que l'Etat avait pu "consolider" un stock de 155 millions de masques et qu'il distribuera, au 11 mai, 100 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par semaine, contre 45 millions auparavant. La nouvelle doctrine de la DGS en la matière a été rendue publique lundi et prévoit pour la première fois une dotation pour les malades, les personnes contacts et les individus à très haut risque médical.
Le gouvernement a par ailleurs publié dimanche un décret plafonnant le prix des masques chirurgicaux à 95 centimes TTC (ce qui est bien plus élevé que les prix constatés avant l'épidémie, note-t-on). Les masques en tissus ne sont pas concernés.
Côté recherche, les résultats préliminaires positifs obtenus pour l’antiviral remdésivir (Gilead) suscitent de nombreux espoirs. Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) lui a délivré une "autorisation en situation d'urgence" dans le traitement des formes graves du Covid-19. L’Agence européenne du médicament (EMA) a quant à elle lancé l'évaluation de la molécule.
Le remdésivir est l’une des quatre options thérapeutiques évaluées dans le grand essai européen Discovery. Selon Emmanuel Macron, de premiers résultats seront connus jeudi 14 mai. Lancé par la France fin mars avec un objectif d'associer d'autres pays européens pour inclure 3.200 patients au total, cet essai a rencontré des difficultés, plusieurs pays s'étant tournés vers d'autres essais. L’Hexagone avait inclus le week-end dernier 735 patients sur les 800 prévus.
gb/eh/APMnews

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