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Médico-social et Covid-19: la doctrine pour les masques révisée pour le déconfinement

PARIS, 13 mai 2020 (APMnews) - La doctrine d'utilisation et d'approvisionnement en masques pour le secteur médico-social personnes âgées, handicap, addiction et précarité, adaptée à la période de sortie du confinement, est détaillée dans une fiche spécifique datée de lundi, disponible sur le site internet du ministère des solidarités et de la santé.
La direction générale de la santé (DGS) a publié début mai sa nouvelle stratégie de distribution des masques chirurgicaux et FFP2 en sortie de confinement (cf dépêche du 05/05/2020 à 15:25).
Dans la fiche destinée aux établissements et services médico-sociaux, datée de lundi, les principes généraux de cette stratégie sont rappelés. Ainsi, "en phase de sortie de confinement, les distributions se poursuivent, avec pour objectif prioritaire la limitation au maximum de la diffusion du virus et l’accompagnement de la reprise d’activité".
"La cible est fixée à 100 millions de masques sanitaires distribués par l’État chaque semaine, modulo une adaptation chaque semaine pour distribuer le maximum possible de masques en fonction de la réalité des approvisionnements", est-il précisé.
"Dorénavant, les cas confirmés Covid-19, les personnes cas contacts et les personnes à très haut risque médical (par exemple personnes immunodéprimées sévères) bénéficient eux aussi de ces dotations", la population générale étant encouragée à porter des masques "grand public".
"Au niveau national, les dotations cibles du secteur médico-social sont calculées à partir d’un besoin hebdomadaire de masques par lit ou place", rappelle le ministère, mais "les acteurs en charge de la répartition à l’échelle territoriale" soit les agences régionales de santé (ARS) ou les conseils départementaux, doivent prendre en compte cette cible nationale mais "peuvent conserver les méthodes de travail et les circuits mis en place depuis le début de la distribution de masques sanitaires par l’Etat".
Ainsi donc "les acteurs en charge de la répartition peuvent réallouer à la marge ces dotations pour s’adapter aux spécificités de leur territoire et aux besoins des différents établissements et services concernés, à condition qu’aucun acteur ne voie ses dotations diminuer par rapport aux semaines précédentes" et "de même, les établissements et services peuvent moduler leur dotation selon leurs usages internes et les fonctions exercées par les différentes catégories de personnel".
En théorie, les établissements et services médico-sociaux reçoivent "10 à 11 masques par lit ou place et par semaine en moyenne" qui équivalent "à 10 à 15 masques par professionnel et par semaine en moyenne".

Les établissements et services concernés

Dans le champ des personnes âgées, sont concernés par ces dotations les professionnels "en contact avec des personnes particulièrement vulnérables vis-à-vis du Covid-19 nécessitant une protection particulière" dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les résidences autonomie, les "autres établissements médico-sociaux accueillant des personnes âgées", et les services de soins et d’aide à domicile.
Pour les services à domicile, est prévue une "dotation pour tous les Saad [services d'aide et d'accompagnement à domicile], Ssiad [services de soins infirmiers à domicile] et Spasad [services polyvalents d'aide et de soins à domicile] même lorsqu’ils n’interviennent pas uniquement auprès de personnes âgées", est-il spécifié.
Il est noté que les auxiliaires de vie intervenant auprès de particuliers employeurs, y compris en mode mandataire, sont dotés via le réseau des officines.
Dans le champ handicap, sont concernés les professionnels des foyers d'accueil médicalisé (FAM), maisons d'accueil médicalisé (MAS), instituts médico-éducatifs (IME), instituts d'éducation motrice (IEM), établissements pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP), instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (Itep), les "instituts pour déficients sensoriels et autres établissements pour personnes handicapées ou vulnérables tels que" les centres d'action médico-sociale précoce (CAMPS), les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) et les établissements et services d'aide par le travail (Esat).
Sont aussi concernés les services à domicile destinés aux personnes handicapées, comme les services d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (Samsah), les services d'accompagnement familial et d'éducation précoce (Safep), les services de soutien à l'éducation familiale et à l'intégration scolaire (Ssefis), les services d'aide à l'acquisition de l'autonomie et à l'intégration scolaire (Saaais), les services d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) et "autres services à domicile en direction des personnes handicapées".
Dans les autres champs médico-sociaux, sont cités les établissements pour personnes souffrant d’addictions, à savoir les centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) et les centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers des drogues (Caarud), ainsi que les établissements pour "personnes vulnérables socialement" comme les appartements de coordination thérapeutique (ACT), les lits d'accueil médicalisés (LAM), les lits halte soins santé (LHSS), et les "centres d’hébergement spécialisés pour malades du Covid-19 en grande précarité".

L'utilisation et l'approvisionnement

La fiche donne ensuite des recommandations d’utilisation des différents types de masques sanitaires.
"Les masques sanitaires (chirurgicaux et FFP2) du stock 'Etat' sont réservés aux secteurs sanitaires et médico-sociaux", est-il rappelé.
"Pour accompagner la sortie du confinement, en sus des professionnels de ces secteurs, les personnes malades, les personnes contacts et les personnes à très haut risque médical vivant à domicile ou en établissement (par exemple personnes immunodéprimées sévères) bénéficient dorénavant des distributions de masques chirurgicaux organisées par l’Etat via le réseau des officines", explique le ministère. Cela représente "14 masques par semaine pour les personnes malades atteintes de Covid-19, sur prescription médicale et présentation d’un test positif Covid-19", de même "14 masques par semaine pour les personnes contacts de ces personnes malades, sur autorisation de l’assurance maladie" et "10 masques par semaine pour les personnes à très haut risque médical de développer une forme grave de Covid-19 (par exemple personnes immunodéprimées sévères) sur prescription médicale".
Il est noté que "les masques FFP2 sont réservés par priorité à la protection des professionnels de santé soumis à un fort risque d’aérosolisation à l’occasion de gestes invasifs et de manoeuvres sur les voies respiratoires".
Par ailleurs, il est indiqué que "pour les personnes à très haut risque médical, notamment celles présentant une immuno-dépression sévère, le port d’un masque chirurgical à visée préventive est recommandé" et "il appartient au médecin traitant, hospitalier ou coordonnateur d’en assurer la prescription, avec discernement, en tenant compte du fait que, pour les autres vulnérabilités médicales, et en dehors des cas particuliers à l’appréciation des médecins, la protection doit être assurée par un masque grand public".
Enfin, la fiche rappelle les différents circuits d'approvisionnement.
"Le circuit via les GHT [groupements hospitaliers de territoire] permet d’alimenter en masques sanitaires les établissements et services de santé, et les établissements médico-sociaux, ainsi que les transporteurs sanitaires et les professionnels de l'HAD [hospitalisation à domicile]", est-il indiqué
"Les partenariats avec les conseils départementaux et les préfectures demeurent encouragés au niveau local pour organiser la distribution aux établissements et services du secteur médico-social."
"Le circuit via les officines de pharmacie permet d’alimenter en masques sanitaires les professionnels de ville. En phase de sortie de confinement, ce circuit connaît une hausse très significative des volumes hebdomadaires", est-il assuré.
vl/ab/APMnews

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