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Covid-19: "Le pic pourrait être atteint dans les prochains jours" (Olivier Véran)

PARIS, 12 novembre 2020 (APMnews) - Le pic des hospitalisations de patients atteints de Covid-19 "pourrait être atteint dans les prochains jours" si la réduction du nombre de cas détectés se poursuit, a déclaré le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, jeudi soir, lors d'une conférence de presse du gouvernement.
Les règles du confinement resteront inchangées pendant au moins les 15 prochains jours, a annoncé le premier ministre, Jean Castex, lors de cette conférence de presse (cf dépêche du 12/11/2020 à 20:43).
Olivier Véran, conférence de presse du 12 novembre
Olivier Véran, conférence de presse du 12 novembre
"On observe depuis une semaine une réduction du nombre de nouveaux diagnostics quotidiens par rapport aux semaines précédentes. Pour autant, il y a un décalage entre le moment où les contaminations sont faites et le moment où les patients présentent des formes graves ayant recours à l'hôpital", a déclaré à sa suite Olivier Véran.
Du fait ce décalage, "nous ne sommes pas encore dans une phase de réduction du nombre d'hospitalisations et d'admissions en réanimation, il n'y a pas de paradoxe", a-t-il continué. "La pression sanitaire continue d'augmenter sur la médecine de ville, sur les services d'urgence, les hôpitaux et les réanimations."
"Nous ne sommes pas donc encore au pic, mais nous pourrions l'atteindre dans les prochains jours, nous l'espérons", a-t-il dit.
Pour "faire face à cette pression", le déploiement de lits Covid à l'hôpital se poursuit. Jeudi soir, il y avait "plus de 7.700 lits de réanimation armés", car, en plus des 5.803 lits de réanimation Covid occupés (cf dépêche du 12/11/2020 à 13:25), il y a les malades en réanimation "pour d'autres maladies".
En Auvergne-Rhône-Alpes, le nombre de lits de réanimation "a quasiment doublé" en passant de "600 à 1.200 lits armés", a-t-il souligné.
"Cela nécessite de gros efforts", dont le premier est la "déprogrammation des soins de chirurgie non urgente", "tout en sanctuarisant la chirurgie en cancérologie, l'activité de greffe et d'autres chirurgies absolument indispensables" (cf dépêche du 12/11/2020 à 17:36).
Le ministre a par ailleurs souligné la mobilisation des étudiants en soins infirmiers, les "soignants retraités" qui prêtent main forte et tous les professionnels, "qui ont été formés ces derniers mois aux techniques de réanimation", a poursuivi Olivier Véran.
Par ailleurs, "plus de 120 évacuations sanitaires ont été réalisées des régions les plus en tensions" vers celles moins touchées. Pour accompagner les proches dans cette épreuve, "nous avons décidé de prendre en charge les frais de transport et d'hébergement pour au moins un accompagnant" dans le cadre de ces évacuations, a-t-il ajouté. En déplacement à Saint-Etienne, le 7 novembre, Jean Castex avait promis un tel dispositif, sans donner de détails (cf dépêche du 07/11/2020 à 18:26).

La pression sur l'hôpital amortie par les prises en charge à domicile

D'"importants progrès" ont été réalisés sur la prise en charge des malades, a également commenté Olivier Véran. Elle s'organise davantage "au domicile du patient", "cela peut aller jusqu'à l'équipement en oxygène au domicile des malades lorsqu'ils ont une forme symptomatique mais que l'état de santé ne justifie pas une hospitalisation", a-t-il déclaré.
"Nous avons également développé la télémédecine et la téléexpertise" qui permettent d'accompagner les patients à domicile et les professionnels qui les prennent en charge, a-t-il poursuivi.
En outre, "une dilatation du secteur hospitalier" a été conduite: "Les prises en charge ont été améliorées dans les services de soins critiques, intensifs et continus" et ceux-ci sont désormais "capables d'accueillir des malades qui autrefois étaient systématiquement en réanimation". C'est valable pour les malades "dont l'état est instable mais qui se satisfont d'une oxygénation à très fort débit par voie nasale", a-t-il précisé.
"Cela fait que si nous avons déjà presque atteint le nombre [record] d'hospitalisations de la première vague, nous sommes à un niveau inférieur en nombre de lits de réanimation occupés", a-t-il commenté.
Les durées moyennes de séjour (DMS) "ont été réduites notamment en s'appuyant sur les services de rééducation" et grâce "aux sorties précoces de l'hôpital vers le domicile où les patients peuvent être traités par exemple par anticoagulants ou corticoïdes", a-t-il ajouté.

Une commande de 20 millions de tests antigéniques

La France "réalise toujours environ 2,2 millions de tests RT-PCR par semaine", soit le pays d'Europe qui teste le plus avec l'Angleterre et l'Allemagne, a également souligné Olivier Véran jeudi soir.
"Les tests antigéniques sont un outil formidable", mais "ne remplaceront par les RT-PCR". Ils viennent "compléter et enrichir" la capacité de tests existante, a-t-il soutenu. Leur "fiabilité est excellente" en cas de test positif, mais ils sont en revanche "un petit peu moins [fiables] lorsque le test est négatif", a-t-il poursuivi.
"L'Etat français a passé une commande supplémentaire de plus de 20 millions de tests antigéniques dans le cadre d'un appel d'offres européen", a-t-il annoncé.
"Des expérimentations en grandeur nature ont été menées dans le pays depuis plusieurs semaines. Par exemple, la semaine dernière, 160.000 tests antigéniques ont été faits auprès de soignants dans les Ehpad [établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes]" (cf dépêche du 06/11/2020 à 15:23).
Ces nouveaux tests sont déployés également aux urgences où "il faut savoir très rapidement si un patient a le Covid", également dans les "ports, aéroports et à partir de la semaine prochaine dans les établissements scolaires pour les enseignants", a-t-il annoncé.
"Si vous êtes symptomatique, bon nombre de pharmaciens d'officine, de médecins et infirmiers libéraux, sont formés et réalisent désormais eux-mêmes des tests antigéniques", a rapporté le ministre. "Rien que pendant la journée d'hier [mercredi], 3.000 Français ont été diagnostiqués positifs via des tests antigéniques faits auprès des professionnels de santé de ville."
Les personnes asymptomatiques qui sont cas contact doivent obligatoirement "bénéficier d'un test RT-PCR classique en laboratoire". Pour les asymptomatiques qui ne sont pas cas contact, il y a la possibilité d'être dépistés par test antigénique chez un professionnel de ville, a-t-il rappelé.

Un hôpital militaire déployé en Polynésie française

Le ministre a par ailleurs indiqué qu'un hôpital militaire a été déployé en Polynésie française "parce que les évacuations sanitaires y sont beaucoup plus compliquées auprès des pays voisins".
"Je ne compte plus le nombre d'hôpitaux que nous avons visités avec le premier ministre où on a développé des systèmes d'admission en urgence supplémentaire, de développement de lits de réanimation", a-t-il aussi fait valoir. Il a estimé qu'il fallait "d'abord mettre à contribution d'avantage les hôpitaux où il reste de la place disponible, plutôt que transporter tout le personnel de l'hôpital qui est le moins sujet à pression vers l'hôpital le plus sujet à pression".
Il a cité en exemple le CHU de Toulouse qui "a mis en place un système innovant pour pouvoir accueillir davantage de malades" Covid, faisant référence aux structures mobiles d'urgence déployées à Bayonne (cf dépêche du 09/11/2020 à 12:59).
Le ministre a aussi précisé la différence de nature entre les évacuations sanitaires "en catastrophe" du printemps, du Grand Est vers d'autres régions, et celles d'aujourd'hui, faites "par anticipation, quand la pression sanitaire augmente dans un territoire".

Bientôt "une communication" sur les vaccins

Interrogé sur l'éventualité d'un vaccin contre le Covid-19 (cf dépêche du 09/11/2020 à 14:13), Olivier Véran a déclaré qu'"évidemment nous nous préparons pour débuter le plus tôt possible une campagne vaccinale".
Mais cette campagne devra remplir deux conditions: "Que le vaccin soit efficace, et que le vaccin soit sûr", a-t-il résumé.
"Et quand je vous dis que nous nous préparons, s'agissant du vaccin commercialisé par Pfizer et BioNtech [cf dépêche du 12/11/2020 à 10:12], qui nécessite d'être conservé à -80°, nous avons d'ores et déjà acheté, par exemple, 50 'supercongélateurs' qui permettent de stocker à -80° des produits de santé, qui seront reliés à des alarmes" et "entreposés dans des endroits sécurisés, à partir desquels des équipes pourront se déployer pour alimenter tous ceux qui seront amenés à vacciner".
"Le chantier de la vaccination est monumental", a commenté Olivier Véran, qui a promis, prochainement, "une communication plus arrêtée sur cette question des différents vaccins et de la façon dont nous envisageons les choses".
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