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Covid-19: Emmanuel Macron présente le calendrier d'un déconfinement en plusieurs étapes

PARIS, 24 novembre 2020 (APMnews) - Le président de la République, Emmanuel Macron, a dévoilé mardi soir, lors d'une allocution télévisée depuis l'Elysée, un calendrier de déconfinement en trois étapes qui sera mis en oeuvre à partir de samedi.
"Le nombre de cas positifs journaliers à la Covid-19 a fortement reculé. Il a été supérieur à 60.000, il s’est établi la semaine dernière à 20.000 cas par jour en moyenne", s'est félicité mardi soir Emmanuel Macron,
"Après avoir atteint 33.500 patients hospitalisés le 16 novembre, soit plus que lors de la première vague, nous avons aussi commencé une lente décrue. Le nombre de personnes en réanimation du fait de la Covid-19 est passé de 4.900 le 16 novembre à 4.300 aujourd’hui. De ces données, il ressort que le pic de la seconde vague de l’épidémie est passé", a-t-il affirmé.
Se réjouissant que des chiffres plus pessimistes, redoutés lors de son allocution du 28 octobre (cf dépêche du 28/10/2020 à 22:41), aient été "évités" grâce aux efforts collectifs et à "l'esprit civique" des Français, le chef de l'Etat a salué l'action "des soignants qui, en ville comme à l’hôpital, ont tenu, coopéré, innové, malgré la fatigue et la lassitude".
Si Emmanuel Macron a accueilli positivement le ralentissement de la circulation du virus, il a également appelé à "ne pas perdre de vue [les] autres préoccupations sanitaires". "Il nous faut d’abord continuer de traiter, parfois de reprendre les soins pour les autres patients. Il nous faut aussi nous préparer à faire face aux conséquences de long terme liées au virus", a-t-il insisté, précisant que "des scientifiques et des experts, travaillent d’ores et déjà, avec l’assurance maladie à un suivi de long terme des malades de la Covid-19".
Bien que la circulation du virus semble avoir été freinée, "il demeure très présent", a rappelé le président de la République, qui a annoncé que le cap des 50.000 décès dus à l’épidémie a été atteint mardi, avec une situation jugée "très préoccupante, dans certaines régions".
"Nous avons encore devant nous plusieurs semaines pour atteindre les objectifs que j’avais fixés qui permettent de contrôler l’épidémie et donc de stabiliser le nombre de contaminations autour de 5.000 personnes par jour et d’avoir entre 2.500 à 3.000 personnes en lits de réanimation", a-t-il déclaré.

Les trois étapes du déconfinement

Le chef de l'Etat a présenté un calendrier de déconfinement progressif et pour l'instant échelonné sur trois étapes.
"Une nouvelle étape s’ouvrira à partir du samedi 28 novembre matin", a-t-il annoncé.
"Il y a d’abord ce qui ne va pas changer. Le confinement adapté et donc le système de l’attestation resteront en vigueur car c’est ce qui nous a permis d’obtenir ces bons résultats. Il faudra donc continuer à rester chez soi, à télétravailler quand cela est possible, à renoncer aux réunions privées, aux rassemblements familiaux, à tous les déplacements non nécessaires."
En revanche, parmi les changements qui entreront en vigueur samedi, il a cité:
  • des déplacements pour motif de promenade ou activité physique en extérieur désormais permis dans un rayon de 20 kilomètres et pour trois heures
  • des activités extra-scolaires en plein air à nouveau autorisées
  • des offices religieux à nouveau permis dans la stricte limite de 30 personnes
  • une réouverture de certains commerces (librairies, disquaires, bibliothèques, archives) et une reprise des services à domicile, "mais dans le cadre d’un protocole sanitaire strict, qui a été négocié avec l’ensemble des professionnels", et jusqu’à 21 heures "au plus tard".
La deuxième étape du déconfinement est prévue pour le 15 décembre "si nous sommes bien arrivés autour des 5.000 contaminations par jour et environ 2.500 à 3.000 personnes en réanimation", a insisté le chef de l'Etat, qui a déclaré que dans ces conditions, "le confinement pourra être levé".
Concrètement, cela impliquera l'autorisation de se déplacer "sans autorisation, y compris entre régions", notamment pour passer Noël en famille. "Il ne s’agira pas de vacances de Noël comme les autres", a néanmoins relevé Emmanuel Macron, appelant à continuer à respecter les gestes barrières.
En outre, les activités extrascolaires en salle, pour l’accueil des enfants durant les fêtes, seront à nouveau autorisées avec des règles strictes. Les salles de cinéma, les théâtres, les musées pourront également reprendre leur activité, toujours dans le cadre des protocoles sanitaires qui ont été négociés et "un système d’horodatage permettra d’organiser les représentations en fin de journée", a indiqué le président de la République.
Partout sur le territoire à partir du 15 décembre, un couvre-feu de 21 heures à 7 heures du matin sera mis en place. "Nous pourrons circuler librement les soirs des 24 et 31 décembre, pour partager ces moments en famille, mais les rassemblements sur voie publique ne seront pas tolérés", a précisé Emmanuel Macron.
Concernant les stations de sports d’hiver, "une concertation a été engagée par le gouvernement avec les élus locaux et les professionnels" et une réouverture "courant janvier" est privilégiée.
Enfin, la troisième étape du déconfinement est elle prévue pour le 20 janvier 2021. "A cette date, nous aurons le recul suffisant au retour des fêtes de fin d’année", a expliqué Emmanuel Macron.
Si le nombre de contaminations "demeure en-dessous de 5.000 cas par jour", les salles de sport et les restaurants pourront rouvrir et le couvre-feu "pourra être décalé", a-t-il annoncé sans détailler les aménagements horaires.
Les lycées, qui fonctionnent souvent par demi-classe, "pourront à ce moment-là être pleinement ouverts" avec la totalité des élèves présents durant les cours. "Quinze jours plus tard, ce sont les universités qui pourront reprendre les cours avec, là aussi, une présence physique de tous les élèves."

Le "savoir et la science" comme boucliers

Un point sur la stratégie sanitaire est prévu tous les 15 jours.
"Nous déciderons alors, si nous pouvons prendre des mesures supplémentaires d’ouverture ou si, au contraire, il nous faut revenir en arrière pour prévenir tout nouvel emballement de la propagation du virus", a prévenu le chef de l'Etat. "Nous devons tout faire pour éviter une troisième vague, tout faire pour éviter un troisième confinement", a-t-il martelé.
Se déclarant toutefois "optimiste", Emmanuel Macron a salué mardi soir l'esprit de résilience de la nation.
"Regardez comme ces neuf derniers mois nous ont permis aussi de réussir ce que longtemps nous avions pensé impossible. Nous avons su rendre notre Etat plus efficace pour faire face à l’urgence, sanitaire comme économique", a-t-il estimé.
Il a appelé à "consolider ces forces" et à corriger les vulnérabilités identifiées depuis le début de la crise sanitaire, en s'en remettant "au savoir et à la science" et en ne cédant pas "au complotisme, à l’obscurantisme, au relativisme".
Le président a aussi annoncé que de premières vaccinations contre le Covid-19 pourraient débuter "fin décembre début janvier" sous réserve d'homologation de premiers vaccins (cf dépêche du 24/11/2020 à 22:33) et que la stratégie "tester, alerter, protéger, soigner" était "en train d'être réorganisée" pour "la rendre beaucoup plus efficace" (cf dépêche du 24/11/2020 à 22:25).
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