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EFFET "NOCEBO" : DES EFFETS INDESIRABLES NON SPECIFIQUES DES MEDICAMENTS A PRENDRE EN COMPTE TRES TOT

CHICAGO, 11 février (APM-Reuters) - Les effets indésirables non spécifiques des médicaments sont fréquents et devraient être pris en compte dès le début du traitement, en identifiant à l'avance les patients susceptibles de les développer, sur la base de certains facteurs notamment psychologiques, suggère une étude américaine.
Le phénomène "nocebo", désignant les effets indésirables rapportés par les patients prenant un placebo, pourrait en effet expliquer une bonne partie des effets indésirables non-spécifiques des médicaments, c'est-à-dire ceux qui ne peuvent être expliqués par leur mécanisme d'action pharmacologique, évoquent le Dr Arthur Barsky et ses collègues du Brigham and Women's Hospital et de la Faculté de médecine de Harvard à Boston.
Les chercheurs ont réalisé une revue de la littérature médicale, focalisée sur les travaux étudiant la nature, l'incidence, l'importance et la prise en charge médicale des effets indésirables non spécifiques des médicaments.
Ils ont notamment constaté qu'environ un quart des patients prenant un placebo rapportent des effets indésirables. En outre, dans une étude sur des volontaires sains prenant un placebo en double-aveugle, pas moins de 19% ont rapporté spontanément des effets indésirables. Et quand les sujets sont interrogés de façon active à propos des effets indésirables, cette proportion devient encore plus importante, allant jusqu'à 71%.
Les chercheurs ont identifié plusieurs facteurs associés au phénomène nocebo et/ou au rapport d'effets indésirables non spécifiques d'un médicament.
Ceux-ci vont de l'appréhension des effets indésirables par le patient, aux facteurs contextuels, en passant par le processus de conditionnement par lequel le patient apprend de ses expériences antérieures à associer la prise d'un médicament à des symptômes somatiques, ou par des caractéristiques psychologiques comme l'anxiété, la dépression ou la tendance à somatiser.
Aussi les auteurs conseillent-ils aux professionnels de santé d'identifier à l'avance les patients les plus à risque de développer de tels effets indésirables non-spécifiques, et de leur expliquer, de les aider à comprendre et à tolérer ces symptômes certes ennuyeux, mais non dangereux.
(JAMA, 6 février, Vol 287 No 5, pp. 622-627)

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