dépêche

 - 

SCLEROSE EN PLAQUES: LA FONCTION RENALE ALTEREE CHEZ CERTAINS PATIENTS ATTEINTS DE LA FORME PROGRESSIVE

PHILADELPHIE, 22 janvier (APM-Reuters) - Certains patients souffrant de la forme progressive de la sclérose en plaques (SEP) présentent une fonction rénale altérée, bien qu'ils ne soient pas traités par des médicaments néphrotoxiques connus, rapportent des chercheurs américains dans Neurology.
"La SEP est souvent associée à des troubles de la vessie, mais la fonction rénale est en général considérée comme normale", rappellent le Dr Calabresi, de l'Université du Maryland à Baltimore, et ses collègues.
Ces chercheurs ont conduit une étude auprès de 25 patients (âgés de 46,6 ans en moyenne) atteints d'une SEP chronique progressive (primaire et secondaire), chez qui aucun trouble rénal n'était connu avant la maladie. Ils ont évalué leur fonction rénale en mesurant le débit de filtration glomérulaire (DFG) et la créatinine sérique.
Ils ont noté une baisse significative de la filtration glomérulaire moyenne chez les patients à 92 mL/min/1,73 m2 contre 110 chez des personnes saines de même âge. En outre, 9 des patients (36%) présentaient même un DFG anormalement bas (inférieur à 90), "impliquant une perte importante des glomérules".
Les résultats pour la créatinine sérique ont révélé également des valeurs plus basses chez les patients par rapport aux valeurs normales (0,92 mg/dL vs 1,05 mg/dL), mais sans révéler les changements significatifs du DFG, notent-ils.
"L'étiologie de cette diminution du DFG semble multifactorielle et pourrait refléter les effets combinés d'une vessie neurogène chronique, d'une exposition accrue à des médicaments néphrotoxiques (anti-inflammatoires non stéroïdiens, antibiotiques...) et de la tendance de certains patients à rester déshydratés de manière chronique pour éviter des mictions fréquentes", suggèrent les auteurs.
Ces résultats doivent inciter les médecins, dans les protocoles de traitement et les travaux de recherche, à "avoir à l'esprit" cette possible altération de la fonction rénale chez les patients lorsqu'ils prescrivent des médicaments (traitement symptomatique ou des infections par exemple) potentiellement néphrotoxiques.
Cependant, "nous ne pouvons pas déterminer à partir de cette petite cohorte à quel point un DFG réduit est répandu dans la SEP progressive", reconnaissent-ils, appelant à des études complémentaires.
En outre, la créatinine sérique s'avérant un marqueur mal adapté, d'autres paramètres doivent être évalués, en parallèle aux mesures du DFG, au cours des prochains essais cliniques évaluant des médicaments pouvant être néphrotoxiques, proposent les auteurs.
(Neurology, vol.59, N°11, p.1.799-1.801)

[LDGAH002]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi