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EPILEPSIE GENERALISEE IDIOPATHIQUE: 10 A 25% DES PATIENTS SONT VICTIMES D'UNE AGGRAVATION PROVOQUEE PAR UN TRAITEMENT INADAPTE

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NANTES, 14 avril (APM-Reuters) - Entre 10 et 25% des patients atteints d'épilepsie généralisée idiopathique peuvent connaître, à un moment de leur vie, une aggravation de leur maladie à cause d'un médicament anti-épileptique inadapté, estime le Dr Pierre Genton, de l'hôpital Pasteur à Nice.
La fréquence des cas d'aggravation est difficile à déterminer car ces cas ne sont pas répertoriés, voire sont "passés sous silence". Mais dans une étude précédente, le Dr Genton avait établi avec ses collègues qu'environ un quart des patients étaient concernés, précise-t-il à l'APM.
Ces aggravations sont la conséquence d'un mauvais diagnostic. Le choix de l'antiépileptique dépend du type d'épilepsie et de sa forme particulière, rappelle-t-il.
Un de ses collaborateurs, le Pr Marcel Chatel, a présenté jeudi à Nantes, dans le cadre des Journées de neurologie de langue française, une étude rétrospective sur 14 patients en état de mal épileptique, des "cas d'aggravation extrême". L'aggravation est "souvent plus discrète", précise-t-il.
Parmi ces patients, une épilepsie partielle cryptogénique frontale (6) ou temporale (3) avait été initialement suspectée.
Des manifestations critiques cliniques asymétriques, des anomalies de l'électro-encéphalogramme (EEG) intercritiques bilatérales asymétriques et des anomalies neuroradiologiques non significatives avaient conduit à ces diagnostics erronés et à la prescription de carbamazépine (Tégrétol*, Novartis Pharma) chez tous les patients.
D'autres anti-épileptiques ont été prescrits en association, notamment du phénobarbital, de la phénytoïne (Dilantin*, Pfizer), de la vigabatrine (Sabril*, Aventis) ou encore de la gabapentine (Neurontin*, Pfizer).
L'état des patients s'est aggravé dans les six mois après l'introduction du traitement. Dix états d'absence (dont 5 atypiques) et 4 états de mal myocloniques (dont 3 atypiques) ont été observés.
Après le changement du traitement pour du valproate en monothérapie ou en bithérapie, l'évolution a été favorable chez tous les patients.
Dans les épilepsies généralisées idiopathiques, certains médicaments anti-épileptiques inadaptés peuvent transformer une épilepsie bénigne en épilepsie grave tout en compliquant les approches diagnostiques, concluent les auteurs.
Depuis qu'ils ont commencé à étudier ce risque d'aggravation en 1997, "il est possible de faire des recommandations aux médecins", commente le Dr Genton. Les praticiens doivent avoir conscience de cet effet indésirable, être davantage attentifs aux médicaments qu'ils prescrivent et à la plainte des patients, suggère-t-il. Ces derniers doivent également être informés de ce risque.
Une aggravation provoquée par un traitement inadapté peut durer "plusieurs mois voire plusieurs années", fait observer le neurologue.
Ce risque concerne surtout les épilepsies généralisées idiopathiques. Il est moins constant et plus difficile à repérer dans les autres formes, ajoute-t-il.

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