dépêche

 - 

RISQUE ACCRU DE FIBRILLATION AURICULAIRE EN CAS DE FONCTION PULMONAIRE REDUITE

SHEFFIELD, 30 juin (APM-Reuters) - Le risque d'avoir un premier épisode de fibrillation auriculaire peut être multiplié par 1,8 chez les personnes présentant une fonction pulmonaire réduite, montre une étude danoise.
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) a été associée à une plus grande fréquence d'arythmies cardiaques et, parmi les causes majeures proposées, figurent notamment une hypoxie, une acidose ou une cardiopathie ischémique coexistante, rappellent Pernille Buch, de l'hôpital universitaire de Bispebjerg à Copenhague, et ses collègues.
La fibrillation auriculaire est l'arythmie la plus commune chez les personnes âgées mais le lien avec la fonction pulmonaire a été peu étudié.
Or, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la BPCO est appelée à devenir trois fois plus fréquente ces dix prochaines années, notamment en raison des habitudes tabagiques passées d'une population qui vieillit, fait observer le Dr Buch dans un communiqué de l'European Respiratory Journal (ERJ).
Les auteurs ont analysé les données de 13.181 hommes et femmes de plus de 20 ans qui, dans le cadre de la Copenhagen City Heart Study, en début d'étude ne présentaient pas de cardiopathie ischémique.
A cinq ans de suivi, un électrocardiogramme a permis de diagnostiquer 62 nouveaux cas de fibrillation auriculaire (0,58%).
En parallèle, sur une période de treize ans, ils ont enregistré 290 cas pour lesquels une fibrillation auriculaire a été diagnostiquée au cours d'une hospitalisation (2,20%).
Les auteurs ont évalué le lien entre la survenue d'une fibrillation auriculaire et le volume expiratoire maximal à la première seconde (VEMS) mesuré en début d'étude.
Le risque de développer une fibrillation auriculaire était multiplié par 1,8 chez les personnes présentant un VEMS inférieur entre 60% et 80% de la valeur prédite (une BPCO moyennement sévère est définie par un VEMS inférieur de 30% à 80% de la valeur prédite), par rapport à celles avec un VEMS égal ou supérieur à 80% de la valeur prédite (BPCO peu sévère), après ajustement pour le sexe, l'âge, le tabagisme, la pression sanguine, le diabète et l'indice de masse corporelle (IMC).
Le risque d'hospitalisation pour fibrillation auriculaire a été multiplié par 1,3 pour un VEMS inférieur entre 60% et 80% et par 1,8 pour un VEMS inférieur à 60% de la valeur prédite par rapport à un VEMS égal ou supérieur à 80%, après ajustement supplémentaire pour le niveau d'éducation, un traitement diurétique et l'angor d'effort.
Ces résultats indiquent qu'une fonction pulmonaire réduite, mesurée par le VEMS, constitue un facteur prédictif indépendant de la fibrillation auriculaire, concluent les auteurs.
Lorsqu'elle n'est pas traitée, la fibrillation auriculaire est associée à une morbidité élevée après accident vasculaire cérébral (AVC) et à un risque de décès accru, ce qui souligne l'importance de réaliser de manière systématique un électrocardiogramme chez les patients souffrant de BPCO, soulignent-ils.
(ERJ, vol.21, pp.1.012-1.016)

[LDGFU006]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi