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AMP : UNE MALADIE THYROIDIENNE AUTO-IMMUNE AUGMENTERAIT LE RISQUE DE FAUSSE COUCHE

STANFORD, 17 septembre (APM-Reuters) - Les femmes qui ont recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP/PMA) présentent un risque accru de fausse couche si elles sont atteintes d'une maladie thyroïdienne auto-immune, montre une étude belge.
Il apparaît important de diagnostiquer une telle maladie par dosage des anticorps dirigés contre la péroxydase spécifique de la thyroïde (anticorps anti-TPO) chez les femmes avant de débuter un cycle d'AMP, afin de déterminer celles qui sont à risque de fausse couche, estiment le Dr Kris Poppe, de la VUB (Vrije Unibersiteit Brussel) à Bruxelles, et ses collègues.
Dans le cadre de l'AMP, 20% à 30% des femmes font une fausse couche. Des facteurs de risque ont été identifiés, d'origine génétique, infectieuse, hormonale, anatomique ou environnementale, rappellent-ils.
Il a été montré qu'un dysfonctionnement thyroïdien réduit la fécondité, mais le lien avec les fausses couches dans le cadre de l'AMP reste controversé.
Les chercheurs belges ont conduit une étude prospective auprès de 234 femmes (exceptées celles qui avaient une maladie thyroïdienne déclarée), candidates pour la première fois à une technique d'AMP, chez qui ils ont réalisé systématiquement un dosage des anti-TPO, de la TSH sérique et du T4 libre.
Parmi elles, 14% avaient un test positif aux anti-TPO alors qu'elles semblaient avoir une fonction thyroïdienne normale. Leurs caractéristiques biologiques n'étaient pas significativement différentes des femmes sans anticorps, avec en moyenne un âge de 33 ans contre 32, un taux de TSH de 1,6 mU/L contre 1,3 mU/L et un taux de T4 libre de 12,2 ng/L contre 11,7 ng/L.
Le taux de grossesse a été plus élevé dans le groupe des femmes avec des anticorps anti-TPO (53% vs 43%, avec une différence non significative).
Cependant, parmi les femmes qui ont débuté une grossesse, plus de la moitié de celles avec un test positif au dosage des anti-TPO a fait une fausse couche contre moins d'un quart chez celles avec un test négatif (53% vs 23%, p=0,016).
Le taux de fausse couche lorsque le dosage des anti-TPO est négatif est comparable à celui observé dans les grossesses naturelles ainsi que chez les femmes subissant une fécondation in vitro (FIV), notent les auteurs.
Le risque de fausse couche pour ces femmes était multiplié par 3,77 et les analyses ont montré que l'âge est un facteur de risque indépendant.
De prochaines études doivent vérifier notamment si une supplémentation en hormones thyroïdiennes ou un traitement immunosuppresseur peut réduire le risque de fausse couche chez les femmes candidates à une AMP, commentent les chercheurs.
(J Clinical Endocrinology & Metabolism, vol.88, n°9, pp.4.149-4.152)

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