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LES SPORTS D'ENDURANCE POURRAIENT FAVORISER LE DEVELOPPEMENT D'UN ASTHME

VIENNE, 30 septembre (APM-Reuters) - La pratique à haut niveau d'un sport d'endurance semble favoriser le développement d'une hyperréactivité bronchique, conduisant de manière accélérée à un asthme, suggèrent deux études, française et suisse, présentées au XIIIème congrès de la Société européenne de pneumologie (ERS), qui se tient cette semaine à Vienne.
Les athlètes, en particulier ceux qui pratiquent un sport d'endurance, soumettent leurs poumons à une hyperventilation, parfois dans des situations " agressives " pour le tissu pulmonaire, dans le froid ou dans un air pollué, rappelle l'ERS dans un communiqué diffusé mardi.
Les deux études présentées apportent un éclairage sur la prévalence élevée de troubles ventilatoires observée chez les athlètes d'endurance.
Dans la première, qui fait l'objet d'un poster, le Dr Bernard Wuyam et ses collègues du CHU de Grenoble ont recherché une éventuelle association avec une hyperréactivité bronchique ou une réaction inflammatoire.
Ils ont recruté 39 athlètes pratiquant un sport d'endurance (ski de fond ou triathlon) et 13 personnes sédentaires comme groupe contrôle pour leur faire passer différents tests d'évaluation de la fonction respiratoire.
Quinze athlètes se sont avérés avoir une hyperréactivité bronchique anormale, révélée par un résultat positif à un test de provocation bronchique à la métacholine (7), un débit expiratoire réduit à épreuve d'effort (5) ou par les deux (3).
Mais ils étaient huit à avoir un débit expiratoire limité lors d'un exercice physique.
Les auteurs ont comparé ceux qui présentaient une hyperréactivité bronchique et ceux qui n'en avaient pas, mettant en évidence un dysfonctionnement des bronches plus important chez les premiers, avec un débit expiratoire moyen entre 25% et 75% de la capacité vitale inférieure (FEF 25-75 de 67% vs 96%, p<0,05).
L'ensemble des athlètes avec une hyperréactivité bronchique anormale présentaient en outre des taux d'éosinophiles (4,1%) et de monoxyde d'azote (NO) dans l'air exhalé significativement plus élevés, indicateurs d'une inflammation.
Ces taux étaient respectivement de 4,1% et 19%, contre 0,3% et 10% chez les sportifs avec un débit expiratoire limité sans hyperréactivité bronchique et 0% et 13% chez ceux avec une réactivité bronchique normale.
La gêne respiratoire ressentie chez certains athlètes d'endurance semble être associée à une capacité ventilatoire réduite pendant un test d'exercice physique et /ou une hyperéactivité bronchique anormale, cette dernière étant en outre corrélée à une légère inflammation des bronches, concluent les auteurs.
En outre, les athlètes possédant un terrain allergique semblent davantage exposés, comme l'indique le taux accru d'éosinophiles chez ceux qui avaient un hyperréactivité bronchique.
Ces résultats rejoignent la seconde étude présentée dimanche en session orale par une équipe suisse.
Après avoir suivi pendant trois ans l'équipe nationale suisse de triathlon, le Dr Bruno Knöpfli et ses collègues de l'hôpital des enfants de Davos suggèrent que les sportifs d'endurance de haut niveau peuvent développer un asthme beaucoup plus rapidement que la population générale.
Le risque accru d'asthme chez les athlètes est connu, mais ils ont voulu évaluer la progression de cette maladie dans cette population.
Près des deux tiers de l'équipe (36 personnes au début, 34 à la fin de l'étude) ont subi des tests de bronchoconstriction provoquée par un exercice physique de huit minutes dans le froid, pour reproduire les conditions dans lesquelles le triathlon est pratiqué.
Un asthme a été recherché par la mesure du volume expiratoire maximal pendant la première seconde (VEMS) a été mesuré avant et pendant l'épreuve, ainsi que par un test de provocation bronchique.
Sept athlètes qui se sont avérés ne pas être asthmatiques ont été finalement surveillés pendant trois années consécutives.
Les tests d'évaluation de la fonction respiratoire réalisés régulièrement ont montré le développement d'une réactivité bronchique excessive et sa progression régulière significative en deux ans.
Les auteurs ont extrapolé le déclin du VEMS au cours du temps, estimant qu'une hyperréactivité bronchique définie peut être atteinte en 4,63 ans. " Au bout de ce laps de temps, ces sportifs auront développé un asthme ", a ajouté le Dr Knöpfli.
Ils ont même calculé l'incidence de l'asthme d'après ces résultats, concluant que cette maladie se développe 144 fois plus vite chez les athlètes d'endurance que dans la population générale.
" Ces deux études soulèvent la délicate question, à l'heure des contrôles antidopage, de l'opportunité de l'usage de médicaments visant à prévenir ou à soulager des affections pulmonaires chez les sportifs d'endurance ", commente l'ERS.

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