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L'ATORVASTATINE A HAUTE DOSE, MAIS PAS LA PRAVASTATINE, A BLOQUE LA PROGRESSION DE L'ATHEROSCLEROSE CHEZ DES CORONARIENS

ORLANDO (Floride), 13 novembre (APM-reuters) - Le traitement de prévention secondaire de patients coronariens par l'hypocholestérolémiant atorvastatine (Tahor*, Pfizer) à haute dose a permis de bloquer la progression de l'athérosclérose coronaire alors que la progression continuait sous pravastatine (Elisor*, Bristol-Myers Squibb).
L'étude REVERSAL, financée par Pfizer, présentée au congrès de l'American Heart Association (AHA) à Orlando, est la première à montrer qu'on peut non seulement ralentir mais même stopper la progression de la maladie athérosclérotique, s'est félicité Steven Nissen de la Cleveland Clinic en présentant ces résultats.
De plus, l'étude confirme l'hypothèse que "plus on baisse [le LDL-cholestérol], mieux c'est", qui n'était pas démontrée.
L'étude, réalisée sur un nombre modeste de patients, n'apporte en revanche aucune information pour savoir si cet arrêt de la progression de l'athérosclérose se traduit par une réduction des événements cliniques.
Il s'agit également d'une des premières études à comparer deux statines, celles-ci ayant été la plupart du temps évaluées contre placebo.
Le mode de comparaison peut toutefois paraître ambigu, puisque REVERSAL a comparé la pravastatine à 40 mg/j et l'atorvastatine à 80 mg/j, une dose plus élevée et dont on sait qu'elle diminue plus le taux de cholestérol.
Mais, interrogé sur ce point lors d'une conférence de presse, le Dr Nissen a souligné d'une part qu'au moment où a été lancée l'étude, 40 mg/j était la dose de pravastatine maximale autorisée.
D'autre part, selon lui, il ne s'agissait pas stricto sensu de comparer 2 molécules, mais de comparer 2 stratégies: un traitement hypocholestérolémiant "classique" capable de descendre le LDL-C au niveau actuellement recommandé et un traitement plus intensif capable de diminuer le LDL-C au-delà des recommandations actuelles.
Une subtilité qui n'est toutefois pas reprise par Pfizer dans son communiqué publié lors du congrès, le laboratoire y affirmant que "la première étude tête-à-tête montre que l'atorvastatine est plus efficace que la pravastatine dans la réduction de la progression de l'athérosclérose coronaire".
REVERSAL a inclus 502 patients présentant une maladie coronaire qui ont été randomisés entre 40 mg de pravastatine et 80 mg d'atorvastatine durant dix-huit mois et dont l'évolution de l'athérosclérose dans une coronaire entière a été suivie par ultrasons intavasculaires.
De façon prévisible, l'atorvastatine a diminué le LDL-cholestérol de 46,3% alors que la diminution était de 25,2% avec la pravastatine.
Au niveau de l'athérosclérose coronaire, en volume, celle-ci a progressé de 2,7% sous pravastatine alors qu'elle était stoppée (baisse de 0,4% non significative) avec l'atorvastatine.
La progression de l'athérosclérose a été stoppée par l'atorvastatine dans tous les sous-groupes étudiés: quel que soit l'âge, le sexe, que les patients aient été traités auparavant par statine, qu'ils aient ou non un diabète, un syndrome métabolique ou une hypertension, quels que soient leurs taux de LDL, HDL ou protéine C-réactive (CRP) de départ.
De plus, si en moyenne il y a eu avec cette statine une stabilisation de l'athérosclérose, chez certains patients on a observé une régression.
L'étude démontre que plus on baisse le LDL-cholestérol, mieux c'est, mais elle va plus loin, selon Steven Nissen, en suggérant une autre différence entre les deux statines.
En effet, d'une part, même chez les patients chez qui la pravastatine avait diminué le LDL-C en-dessous de 1 g/l, ce qui est la limite recommandée, une progression de l'athérosclérose était observée.
D'autre part, les auteurs de l'étude on constaté que l'atorvastatine diminuait de façon beaucoup plus importante (-36,4% contre -5,2% avec la pravastatine) le taux de CRP, protéine de l'inflammation qui semble jouer un rôle important dans la maladie coronaire.
La différence entre les deux produits pourrait donc être liée aussi à un effet supplémentaire de l'atorvastatine sur l'inflammation, estime le chercheur.
Comme prévu, il n'y avait aucune différence en terme d'évènements cliniques.
Steven Nissen a reconnu que les études ayant des critères de morbidité et mortalité sont toujours préférables pour comparer deux traitements. Mais "la comparaison de deux statines dans un tel essai nécessiterait au moins 8.000 patients et cinq ans ou plus de suivi".
Il a également fait valoir qu'il existe "de nombreuses données démontrant une corrélation entre le taux de progression de l'athérosclérose et les événements cardiovasculaires".
Commentant ces résultats lors d'une conférence de presse, le chercheur a estimé que cette étude démontre que même si les recommandations de traitement préconisent de descendre les taux de LDL-C en-dessous d'un certain seuil, il n'y a pas véritablement de limite et plus on descend, mieux c'est.

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