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EXPLOSION DE L'USINE AZF : LE STRESS POST-TRAUMATIQUE ENCORE PRESENT DIX-HUIT MOIS PLUS TARD

TOULOUSE, 30 mars (APM) - Environ 9% des hommes et 19% des femmes résidant dans les environs de l'usine AZF de Toulouse, qui a explosé le 21 septembre 2001, souffrent de stress post-traumatique dix-huit mois après la catastrophe, selon un bilan sanitaire publié mardi par la cellule de suivi toulousaine de l'Institut de veille sanitaire (InVS).
"Les symptômes de stress post-traumatique affectent 9% des hommes et 19% des femmes qui habitaient la zone proche de l'explosion", soit "nettement plus que ceux de la zone éloignée (2% et 8% respectivement)", selon les résultats préliminaires d'une enquête menée auprès de 1.200 adultes en mars 2003.
Des résultats strictement identiques sont retrouvés chez les hommes et les femmes travaillant dans la zone de Toulouse la plus proche de l'explosion.
Les symptômes post-traumatiques se traduisent par des souvenirs, des cauchemars répétitifs et envahissants, des conduites pour éviter tout ce qui pourrait évoquer la catastrophe et des signes d'irritabilité ou de nervosité pathologiques.
"Près de 30% des femmes et 13% des hommes résidant dans les environs déclarent avoir suivi un traitement somnifère, anxiolytique ou antidépresseur depuis le 21 septembre 2001 du fait de l'explosion".
Selon une enquête précédente, menée après un an, des symptômes post-traumatiques persistaient chez 12% des hommes et 17% des femmes qui travaillaient dans la zone de Toulouse la plus proche de l'explosion. Ils atteignaient davantage les ouvriers et employés (20%) que les cadres (17%).
Une enquête chez les sauveteurs a montré la présence de stress post-traumatique chez 5% des hommes et 7% des femmes.
STRESS POST-TRAUMATIQUE CHEZ UN TIERS DES ENFANTS ET ADOLESCENTS
Les enquêtes menées chez les enfants et les adolescents montrent également une prévalence élevée du stress post-traumatique. Neuf mois après l'explosion, selon une enquête menée par le service médical du Rectorat de Toulouse, les symptômes étaient présents chez 45% des enfants de 11-13 ans scolarisés dans la zone proche.
Seize mois après la catastrophe, selon une enquête de l'Institut de veille sanitaire (InVS), ces symptômes sont encore présents chez 35% d'entre eux.
"Compte tenu d'une fréquence non négligeable de stress post-traumatique lié à d'autres événements dans une population d'enfants, on peut estimer à environ 400 le nombre de collégiens de la zone proche, dont les symptômes, seize mois après l'explosion, seraient attribuables à cet événement".
L'existence de dégâts à domicile, de blessures ou d'atteintes de l'entourage proche ou d'une vulnérabilité personnelle due à des événements traumatiques dans le passé ont accentué la manifestation de stress post-traumatique chez les enfants et les adolescents, indiquent les auteurs.
Comme chez les adultes, les filles sont plus concernées que les garçons.
Les troubles du comportement (troubles du sommeil, agitation, peur du bruit) déclarés par les parents chez les enfants de 2 à 5 ans scolarisés en maternelle sont d'autant plus fréquents que l'école est proche du lieu de l'explosion, a montré une enquête de la Protection maternelle et infantile (PMI).
La plus grande part des séquelles ayant fait l'objet d'une indemnisation concerne des traumatismes auditifs (44%) et psychologiques (44%), soulignent les auteurs.
Un excès de cas d'infarctus du myocarde et d'événements coronaires aigus a été constaté à Toulouse dans les cinq jours qui ont suivi la catastrophe, avec une fréquence 3,3 fois plus élevée que dans les périodes comparables. La fréquence n'est pas modifiée dans le reste du département.
En revanche, aucun excès significatif d'interruptions volontaires de grossesse n'a été mis en évidence dans le trimestre suivant l'explosion, indiquent-ils.

[HMHCU003]

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