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Une infirmière auxilliaire à l'origine d'une épidémie de syndromes d'épidermolyse staphylococcique dans une maternité d'un hôpital parisien

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LONDRES, 27 octobre (APM) - Une infirmière auxilliaire est très probablement à l'origine d'une épidémie de syndromes d'épidermolyse staphylococcique fin 2002-début 2003 chez des nouveau-nés au sein de la maternité de l'hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours à Paris.
Les résultats de l'enquête moléculaire et épidémiologique ont été publiés dans la revue The Journal of Hospital Infection d'octobre.
Le syndrome d'épidermolyse staphylococcique (SSSS), encore appelé syndrome de Ritter-Lyell ou nécroépidermolyse bulleuse aiguë staphylococcique, se manifeste presque toujours chez des nourrissons, des jeunes enfants et des adultes immunodéprimés.
Il se caractérise par une peau de type "ébouillantée", autrement dit un érythème aigu et étendu ainsi qu'un décollement de l'épiderme provoqués par les toxines exfoliatives du staphylocoque doré.
Le Centre national sur les toxines staphylococciques a estimé à environ 36 par an le nombre de cas survenus entre 1994 et 1997. Les cas ont tendance à survenir chez les nouveau-nés lors d'épidémies, mais aucune n'a été récemment rapportée, rappellent le Dr Najoua El Helali, de l'hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours et ses collègues, notamment ceux du Centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (C.Clin) Paris-Nord.
Les chercheurs rapportent une épidémie survenue chez 13 nouveau-nés à la maternité de hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours sur une période de trois mois entre le 2 décembre 2002 et le 5 mars 2003, avec un premier groupe de huit cas identifiés puis un second groupe de cinq cas.
"Nous avons eu pour la première fois des soupçons sur une épidémie le 9 janvier 2003 lorsqu'un nourrisson né treize jours plus tôt a été réadmis dans notre service néonatal" avec le syndrome et lorsqu'un autre nouveau-né a développé des symptômes similaires avant sa sortie, indiquent-ils.
Des mesures de contrôle infectieux ont été mises en place le 10 janvier 2003 et des enquêtes rétrospectives et prospectives ont été menées ainsi qu'une étude cas-contrôle.
"La détection de cette épidémie a été retardée parce que plus de la moitié des nouveau-nés infectés avaient quitté la maternité avant la fin de la période d'incubation qui était de quatre à 18 jours dans notre étude", soulignent les chercheurs.
Une infirmière auxilliaire est très probablement à l'origine de l'épidémie, l'inoculation de la bactérie se faisant lors des soins délivrés au niveau des nombrils des nourrissons. Cette infirmière souffrait d'une dermatite chronique au niveau de ses mains qui a favorisé le portage du staphylocoque doré.
L'épidémie a été contrôlée par le retrait de l'infirmière de son poste de travail, des mesures de contrôle infectieux -consistant en l'isolement de tous les cas suspects, au nettoyage des mains à la chlorhexidine, au port de gants, de masques et de tabliers- et des mesures de traitement des porteurs de la bactérie -consistant en l'application nasale de mupirocine et en des douches de chlorhexidine.
"Cette étude met l'accent sur le besoin de dépister la dermatite chronique dans le personnel, particulièrement les professionnels de santé en charge des nouveau-nés et des patients immunodéprimés", suggèrent les auteurs.
(The Journal of Hospital Infection, octobre, vol.61, n°2, p.130-138)

[VBIJO003]

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