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L'obésité est associée à un plus grand risque de fausse couche tardive et d'enfant mort-né

WASHINGTON, 28 octobre (APM) - Une obésité présente avant la grossesse est associée à un plus grand risque de fausse couche tardive et d'enfant mort-né, montre une étude menée par des chercheurs danois, australiens et américains.
Elle montre aussi que le surpoids est également associé à un risque plus élevé, mais plus tardif, de mortalité foetale.
L'obésité avant la grossesse a été associée à plusieurs complications de la grossesse et de l'accouchement, notamment à la mortinatalité, en particulier pour les grossesses dépassant le terme, mais les données sur les morts foetales avant 40 semaines (fausses couches et mortinatalité) ne sont pas concluantes, rappellent les auteurs.
Ellen Aagaard Nohr de l'Université d'Aarhus au Danemark et ses collègues ont étudié 54.505 femmes de la Cohorte nationale des naissances au Danemark.
Ils ont constaté que par rapport aux femmes de poids normal, avec un indice de masse corporelle entre 18,5 et 25 kg/m2, les femmes obèses (IMC supérieur à 30 kg/m2) avaient un risque relatif de mort foetale augmenté de 60% entre 14 et 19 semaines de grossesse, augmenté de 90% entre 20 et 27 semaines, multiplié par 2,1 entre 28 et 36 semaines, par 3,5 entre 37 et 39 semaines et par 4,6 après 40 semaines de grossesse.
Le risque n'était pas significativement différent avant 14 semaines de grossesse.
Un risque plus élevé était également observé pour les femmes en surpoids (IMC entre 25 et 30) après 28 semaines de grossesse, avec un risque relatif augmenté de 90%, et multiplié par 2,9 après 40 semaines.
Les décès in utero chez les patientes obèses ou en surpoids étaient principalement de cause inconnue (risque multiplié par 3,6 et 1,9, respectivement, par rapport aux femmes ayant un IMC normal) ou dus à une dysfonction placentaire (risque multiplié par 5,2 et 2,1, respectivement).
En revanche, ces décès n'étaient pas attribuables à des maladies liées à l'obésité au cours de la grossesse (hypertension, diabète, néphropathie...), ni à la prise de poids pendant la grossesse.
"Les mécanismes biologiques derrière cet excès de risque restent inconnus. Les femmes enceintes obèses sans maladie clinique peuvent présenter des anomalies métaboliques et vasculaires similaires à celles observées chez les femmes pré-éclamptiques, où l'échec de la placentation normale peut conduire à la fois à un infarctus et un décollement placentaires plus tard au cours de la grossesse", commentent les auteurs.
"Les preuves présentes ne peuvent écarter la possibilité que l'obésité et la mortinatalité partagent des causes communes et que l'association que nous voyons n'est pas liée de façon causale à l'obésité elle-même". Néanmoins, les conseils de réduction du poids pour les femmes obèses désirant une grossesse ne sont pas injustifiés, ne serait-ce que pour les autres bénéfices que cette réduction confère, estiment les auteurs.
(Obstetrics & Gynecology, Vol 106 No 2, pp. 250-259)

[CDIJR003]

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