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Une mutation dans Helicobacter pylori associée à une résistance au traitement d'éradication

WASHINGTON, 28 février (APM) - Une mutation dans un gène de la bactérie Helicobacter pylori est associée à une baisse importante d'efficacité de la trithérapie d'éradication classique incluant la clarithromycine, mais un nouveau traitement séquentiel s'est montré plus efficace sur ces souches résistantes.
Plusieurs mutations dans le gène de l'ARN ribosomal 23S d'H. pylori ont été associées à une résistance à la clarithromycine in vitro. Vincenzo de Francesco de l'université de Foggia et ses collègues en Italie ont voulu voir si ces mutations étaient associées à une moindre efficacité du traitement en clinique.
Ils ont pour cela analysé les résultats d'une étude qui comparait à une trithérapie d'éradication classique (7 jours de rabéprazole, clarithromycine, amoxicilline) une nouvelle modalité de traitement qui semble plus efficace en terme de taux d'éradication: 5 jours de rabéprazole et amoxicilline suivis de 5 jours de rabéprazole, clarithromycine et tinidazole.
Sur les trois mutations étudiées, une seule a eu un effet clinique. Chez les patients porteurs de la mutation A2143G, la trithérapie n'a entraîné l'éradication de la bactérie que chez 20% des patients (contre 86% chez les non porteurs de cette mutation).
Mais quand une thérapie séquentielle est utilisée, le taux d'éradication atteint 69% chez les porteurs de la mutation. Un taux d'éradication qui n'est certes pas optimal mais qui montre que chez une partie importante des patients, l'effet négatif de la mutation peut être contré par la nouvelle modalité de traitement.
Chez les patients dont la bactérie ne porte pas la mutation A2143G, le taux d'éradication par le traitement séquentiel était pratiquement de 100%, montrant que même chez ces patients le nouveau traitement a un intérêt.
Les auteurs estiment que la thérapie séquentielle pourrait devenir le traitement de première ligne d'éradication d'H. pylori.
Quant à l'intérêt de la recherche de la mutation A2143G pour identifier les patients résistants, il existe mais risque pour le moment d'être limité par les problèmes d'accessibilité et de coût (70 euros par patient) du test, estiment-ils.
(Annals of Internal Medicine, vol.144, n°2, p.94-100)

[FBJBM004]

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