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Vaccin anti-VIH de Merck & Co: le vecteur pourrait être responsable de la surincidence d'infections dans les essais interrompus

WASHINGTON, 8 novembre 2007 (APM) - Le vecteur adénovirus de type 5 (Ad5) pourrait être responsable de l'incidence accrue d'infections par le VIH dans les essais vaccinaux anti-VIH interrompus en septembre par Merck & Co, suggèrent des données publiées mercredi par le laboratoire.
Développé en association avec le HIV Vaccines Trial Network (HVTN) et le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), le vaccin MRKAd5 a vu tous ses essais interrompus en septembre en raison de son inefficacité dans l'essai de phase II STEP, rappelle-t-on (cf dépêche dépêche du 24/09/2007 à 10:38). Lancée en janvier 2005, cette étude portait sur 3.000 volontaires sains d'Amérique du Nord et du Sud, des Caraïbes et d'Australie.
Le MRKAd5 était aussi évalué dans l'essai sud-africain de phase II PHAMBILI, lancé en mars et qui n'avait inclus que 800 volontaires sur les 3.000 prévus, ainsi que dans deux études de phase I. A l'arrêt de STEP, ces études ont également été suspendues, puis définitivement arrêtées.
Selon des résultats de STEP publiés en octobre, l'incidence d'infections par le VIH était supérieure chez les personnes ayant reçu le vaccin que chez celles ayant reçu le placebo, faisant craindre une susceptibilité accrue au virus (cf dépêche dépêche du 26/10/2007 à 11:54).
Les nouvelles données présentées lors d'une rencontre qui se tient sur STEP à Seattle font ainsi état de 49 cas d'infection chez les 914 volontaires masculins du groupe d'étude, contre 33 parmi les 322 du groupe placebo.
Alors qu'il semble exclu que le vaccin -composé d'un Ad5 porteur des trois gènes viraux gag, pol et nef- soit directement responsable de l'infection, les dernières données rendues publiques à Seattle suggèrent que cette éventuelle susceptibilité serait le fait du vecteur.
Les résultats montrent que la surincidence d'infection était ainsi plus marquée chez les personnes qui, probablement en raison d'une infection antérieure par l'adénovirus de type 5, présentaient un titre d'anticorps plus élevé vis-à-vis de l'Ad5 avant même que l'essai ne commence.
C'est ainsi que parmi les 778 hommes volontaires présentant des titres d'anticorps supérieurs à 200 unités avant l'essai, 21 infections ont été notées chez les 392 vaccinés contre neuf chez les 386 sous placebo. De moindre ampleur, la surincidence chez les personnes vaccinées était également observée chez ceux présentant moins d'anticorps anti-Ad5 avant l'essai.
Ainsi que le rappelle Merck & Co dans un communiqué, STEP prévoyait au début de n'inclure que des volontaires présentant une faible immunité à l'Ad5, théoriquement les plus à même de répondre au vaccin, avant que de nouvelles données ne montrent que le MRKAd5 était également immunogène chez les personnes déjà fortement immunisées contre l'Ad5.
Selon Keith Gottesdiener, vice-président du département de recherche clinique chez Merck & Co, il est possible qu'une infection antérieure à l'Ad5 ait conditionné le système immunitaire afin que celui-ci produise plus de lymphocytes T CD4+, cibles du VIH.
L'interprétation de ces données semble toutefois compliquée par le fait que toutes les infections observées, sauf une, ont eu lieu chez des homosexuels.
"Les données de cette étude sont incroyablement complexes. Nous les analysons afin de déterminer si elles sont dues aux réponses immunitaires induites par le vaccin, à des différences dans les populations incluses, à d'autres phénomènes biologiques que nous ne saisissons pas encore ou tout simplement au hasard", explique Keith Gottesdiener dans le communiqué de Merck & Co.
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