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Intérêt du mannitol dans la bronchectasie

BERLIN, 7 octobre 2008 (APM) - Le mannitol inhalé semble être utile dans le traitement de la bronchectasie, suggère une étude présentée au congrès de la Société européenne de pneumologie (ERS) qui se tient cette semaine à Berlin.
La bronchectasie est caractérisée par une dilatation irréversible des bronches, ce qui entraîne une mauvaise élimination du mucus et favorise en conséquence une toux chronique ainsi que des infections respiratoires, rappellent Diana Bilton du Royal Hampton Hospital à Londres et ses collègues dans un poster présenté dimanche.
Actuellement, aucun traitement n'est indiqué spécifiquement dans la bronchectasie.
Dans cette étude financée par Pharmaxis, les chercheurs ont voulu tester l'intérêt du mannitol inhalé qui est également développé dans le traitement de la mucoviscidose (cf dépêche dépêche du 25/06/2008 à 18:49). Le mannitol est utilisé comme agent osmotique. Sous forme de poudre sèche à inhaler, ce produit crée un gradient osmotique qui facilite l'écoulement de l'eau dans la lumière respiratoire.
Les chercheurs ont inclus 362 adultes atteints de bronchiectasie puis les ont randomisés en double aveugle dans un rapport de deux pour un entre le mannitol inhalé à 320 mg deux fois par jour et un placebo pour trois mois.
A l'issue de l'étude, le critère principal a été atteint pour les patients traités par mannitol: l'amélioration de leur qualité de vie a été significativement meilleure par rapport au groupe placebo, l'analyse en intention de traiter indiquant une baisse respective de 5,4 points en moyenne sur le questionnaire respiratoire de Saint George, contre 3 points.
En outre, les patients ayant reçu le mannitol ont pu expectorer davantage de mucus que ceux sous placebo, avec à l'issue de l'étude 24 g d'expectoration sur 24 heure contre 17 g pour le groupe placebo.
Le mannitol a permis aussi d'allonger le délai jusqu'à la prise d'antibiotiques et d'en réduire la quantité consommée.
En revanche, le mannitol n'a pas amélioré la fonction pulmonaire, avec une différence significative par rapport au placebo.
Les données de sécurité indiquent que les effets indésirables les plus fréquents, possiblement ou probablement associés au mannitol, sont une dyspnée (2,5% vs 0% dans le groupe placebo), une douleur pharyngo-laryngée (2,5% vs 0%) et un bronchospasme (1,7% vs 0%). Dans le groupe placebo, une toux et une hémoptysie ont été observées plus fréquemment que dans le groupe verum (respectivement, 6,3% vs 4,2% et 3,6% vs 1,7%).
Sur le plan microbiologique, aucune différence n'a été observée entre les patients traités au mannitol et ceux recevant un placebo, suggérant que le mannitol ne favorise pas la croissance bactérienne dans les poumons.
Globalement, ces données suggèrent que le mannitol semble utile dans le traitement de la bronchectasie.
Une phase III est en cours pour confirmer les bénéfices du mannitol inhalé dans la bronchectasie, note-t-on.
/ld/cd/APM

[COLJ6008]

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