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Un diabète gestationnel augmente le risque de dermatite atopique pour l'enfant

WASHINGTON, 25 novembre 2009 (APM) - Un diabète gestationnel augmente le risque de dermatite atopique et de sensibilisation aux allergènes, selon une étude américaine.
L'étude a été menée auprès de 680 enfants de la Boston Birth Cohort. Les duos mère-enfant ont été suivis prospectivement pendant trois ans. Il s'agissait essentiellement de familles à faibles revenus.
La sensibilisation aux allergènes a été recherchée avec le test ImmunoCAP* pour sept allergènes alimentaires et cinq allergènes aériens.
Chez les 680 enfants, 488 sont nés à terme et 192 avant terme. Un diabète gestationnel a été diagnostiqué chez 4,9% des mères.
Parmi les enfants, 34,4% ont présenté une dermatite atopique et 51% une sensibilité à au moins un allergène (sIgE >0,1kUA/L).
Dans cette cohorte, un diabète gestationnel chez la mère d'un enfant né à terme l'exposait à un risque 7,9 fois plus élevé en analyse stratifiée et 7,3 fois plus élevé en analyse jointe, ce qui est statistiquement significatif dans les deux cas, après ajustement pour l'indice de masse corporelle (IMC) de la mère avant sa grossesse.
Après ajustement pour l'IMC et la croissance foetale, le lien restait significatif mais devenait plus faible (5,86 en analyse stratifiée et 6,5 en analyse jointe).
Aucun lien n'était statistiquement significatif lorsque l'enfant naissait avant terme.
Par ailleurs, un diabète gestationnel chez la mère d'un enfant né à terme l'exposait à un risque six fois plus élevé en analyse stratifiée et 5,8 plus élevé en analyse jointe après ajustement pour l'IMC. Après ajustement pour l'IMC et de la croissance foetale, le lien n'était plus significatif.
Pour l'allergie, seule la sensibilité aux allergènes alimentaires était associée au diabète gestationnel de la mère chez les enfants nés à terme (risque 8,2 fois plus élevé en analyse stratifiée et 7,7 en analyse jointe). La sensibilité aux allergènes aériens n'était qu'à la limite de la significativité.
"L'hypothèse selon laquelle la dermatite atopique augmente la sensibilité aux allergènes alimentaires a été soulevée", commentent les auteurs. "Elle est cohérente avec notre analyse secondaire, qui a trouvé un effet plus fort du diabète gestationnel chez ceux ayant à la fois une dermatite atopique et une allergie".
"De façon intéressante, nous n'avons pas trouvé d'association entre le diabète gestationnel et la dermatite atopique ou la sensibilité aux allergènes chez les enfants nés avant terme", estiment les auteurs. Reste à savoir si cela est dû à la plus courte durée d'exposition à l'hyperglycémie ou à une susceptibilité à ses effets à un moment clé du développement immunologique.
"Le fait que les effets du diabète gestationnel n'aient été vus que chez des enfants nés à terme est cohérent avec d'autres effets connus du diabète gestationnel sur d'autres maladies. En particulier, seule l'hyperglycémie du dernier trimestre de grossesse a été associée à une hausse de la croissance foetale", ajoutent-ils.
"Ces différences entre les naissances avant ou à terme pourraient être dues à d'autres facteurs non contrôlés, comme les stéroïdes anténataux, ou à des habitudes alimentaires différentes lors des premières années de vie comme la durée et l'exclusivité de l'allaitement maternel", précisent-ils.
Le mécanisme reliant diabète gestationnel et atopie reste à découvrir. Les auteurs suggèrent que soient examinés les effets de taux d'adipokines altérés, associés au diabète gestationnel, sur le développement immunologique de l'enfant.
(Journal of Allergy and Clinical Immunology, vol.124, n°5, p1031-1038)
/arg/sl/ab/APM

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