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L'acide hyaluronique en pommade pas plus efficace que le placebo contre la toxicité cutanée de la radiothérapie

BARCELONE/PARIS, 31 mars 2010 (APM) - Une pommade d'acide hyaluronique (Ialuset*, Genévrier) n'a pas fait mieux qu'un placebo dans le traitement des toxicités radio-induites, dans une étude de phase III menée à l'Institut Curie auprès de femmes traitées pour un cancer du sein.
L'étude a été présentée par le Dr Youlia Kirova à la Conférence européenne sur le cancer du sein (EBCC) qui s'est tenue à Barcelone en fin de semaine dernière.
Les radiothérapeutes se soucient beaucoup des effets secondaires précoces et tardifs, a indiqué le Dr Kirova, lors d'une conférence de presse mardi organisée par l'Institut Curie au retour de ce congrès présidé par l'un de ses médecins, le Dr Alain Fourquet, chef du département de radiothérapie.
A l'Institut Curie, les spécialistes s'attachent à trouver des améliorations techniques permettant d'adapter les doses. Ils travaillent sur la définition des volumes d'irradiation. "Nous prenons beaucoup de temps pour sculpter les isodoses autour des tumeurs", a-t-elle expliqué.
La spécialiste a cité une étude de phase III prospective menée pour réduire les complications cutanées avec une pommade d'acide hyaluronique.
Pour éviter les complications cutanées tardives, les médecins manquent de traitements efficaces des épithélites radiques. De plus, le traitement des réactions cutanées précoces radio-induites reste décevant. L'acide hyaluronique est l'un des produits topiques les plus récents utilisés dans cette indication et les données préliminaires étaient intéressantes, indiquent le Dr Kirova et ses collègues dans le résumé de leur communication.
Ils ont recruté 200 patientes ayant un cancer du sein avec épithélite radio-induite de grade 1 ou 2 pendant une radiothérapie post-opératoire. Le critère d'évaluation principal était l'évaluation clinique de l'érythème (échec ou succès). En critères secondaires, les médecins ont aussi réalisé une évaluation colorimétrique de la peau, une mesure de la douleur et de la qualité de vie.
Un tiers des patientes (36,5%) ont arrêté prématurément le traitement sans différence sur les motifs d'arrêt. Sur 95 patientes évaluables dans chaque bras, le traitement a échoué chez 24,2% des femmes du groupe de traitement et chez 33,7% des femmes ayant un placebo, sans différence statistiquement significative.
Parmi les facteurs de risque de retard de cicatrisation, l'indice de masse corporelle (IMC) et la taille de l'épithélite étaient indépendamment associés à un échec de ce traitement local.
L'évaluation colorimétrique a montré une diminution de 20,4% avec l'acide hyaluronique et de 13% avec le placebo, mais sans différence significative.
L'évaluation de la qualité de vie a néanmoins montré une tendance en faveur d'une amélioration de la douleur.
"Nous allons conduire un nouveau protocole de phase III avec un hydratant simple sans composant gras", a indiqué le Dr Kirova à l'APM. La spécialiste et son équipe développent aussi des fiches dédiées donnant des conseils d'hygiène aux patientes.
"Très peu d'essais ont montré une vraie efficacité. Il y a eu la période Biafine*. Peu de produits sont remboursés. Les dermocorticoïdes restent assez efficaces", a-t-elle ajouté.
/sl/co/APM

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