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La stimulation du nerf phrénique pourrait améliorer l'apnée centrale du sommeil chez les insuffisants cardiaques

BERLIN, 2 juin 2010 (APM) - La stimulation du nerf phrénique pourrait améliorer l'apnée centrale du sommeil chez les insuffisants cardiaques souffrant de cette comorbidité, suggère une étude préliminaire dont les résultats ont été présentés lundi au congrès Heart Failure 2010 de la Société européenne de cardiologie (ESC) à Berlin.
L'insuffisance cardiaque est très fréquemment associée à une apnée du sommeil: 75% des patients seraient concernés, et dans la moitié de ces cas il s'agit d'apnée centrale, a rappelé Piotr Ponikowski de l'hôpital militaire de Wroclaw en Pologne en présentant ses résultats. L'apnée centrale du sommeil a de nombreux effets délétères chez ces patients, en favorisant l'activation sympathique, l'inflammation et la production de radicaux libres, et elle "affecte la qualité de vie et la mortalité".
Les chercheurs polonais ont évalué l'effet d'un traitement visant à diminuer l'apnée centrale du sommeil, en stimulant le nerf phrénique, nerf qui stimule la contraction du diaphragme et par ce biais, affecte la respiration. "Nous avons fait l'hypothèse que la stimulation du nerf phrénique durant un événement central pourrait être utilisée pour initier l'inspiration ou augmenter la durée d'inspiration, afin de stopper ou prévenir l'apnée".
L'étude avait pour objectif d'évaluer l'effet d'une stimulation du nerf phrénique sur toute une nuit, la stimulation étant faite par une sonde introduite jusqu'au nerf par voie transveineuse.
Il a montré un enregistrement de la respiration d'un patient durant son sommeil montrant qu'avant la stimulation, il y avait une alternance de respirations de forte amplitude et de pauses, ce qui entraînait des variations importantes de la saturation en oxygène. Une stimulation de courte durée a permis de régulariser la respiration: l'amplitude est moins importante et il n'y a plus de pause.
L'étude a été conduite chez 13 patients, qui ont été suivis durant une nuit où la stimulation ne fonctionnait pas et une nuit où elle marchait.
Le traitement n'a pas eu d'effet sur la durée du sommeil et n'a pas induit d'arythmie.
La stimulation a permis de diviser par 10 le nombre d'apnées centrales du sommeil. Le nombre d'épisodes d'apnée-hypopnée était divisé par deux.
Il y a eu une amélioration de 55% du niveau d'oxygénation et une division par deux des éveils durant la nuit.
Ce travail reste très préliminaire et des études sont nécessaires pour évaluer ce traitement sur le long terme, à la fois sur l'apnée du sommeil et sur l'insuffisance cardiaque. Une telle étude devrait être conduite, avec l'appareil de stimulation RespiCardia* de Cardiac Concepts.
/fb/ab/APM

[FBNF2003]

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