dépêche

 - 

L'opinion du patient prédomine sur l'examen clinique lorsqu'il s'agit de modifier le traitement d'une polyarthrite rhumatoïde

PARIS, 2 décembre 2010 (APM) - L'opinion du patient prédomine sur l'examen clinique lors de la décision de modifier le traitement d'une polyarthrite rhumatoïde (PR), selon les résultats de l'étude DUO présentés au congrès de la Société française de rhumatologie (SFR), qui s'est achevé mercredi à La Défense (Hauts-de-Seine).
Financée par Roche et Chugai, cette étude avait pour objectif d'évaluer si le choix de modifier le traitement de fond (initiation ou modification) reposait plus "sur ce que dit le patient ou sur ce que voit le médecin", a expliqué lors de sa présentation le chef du service de rhumatologie de l'hôpital Cochin (AP-HP, Paris), Maxime Dougados.
Menée sur un total de 200 rhumatologues -répartis à hauteur d'environ un tiers chacun entre libéraux, hospitaliers et mixtes- et 1.147 polyarthritiques, l'étude révèle un poids plus important des critères subjectifs du patient par rapport à ceux, objectifs, du médecin dans la décision de modifier le traitement.
Rapportées par le patient, l'activité globale et l'acceptation de l'état symptomatique expliquaient à hauteur de 61% les choix effectués, contre seulement 42% pour les observations du médecin (nombre d'articulations gonflées, nombre d'articulations douloureuses).
Malgré les recommandations actuelles, l'intensification du traitement n'a été proposée qu'à 24% des patients présentant un score DAS28 dépassant 3,2. Lorsque le patient jugeait ses symptômes inacceptables, ce taux passait à 39%.
"L'intensification du traitement est majoritairement liée aux critères subjectifs du patient, et non aux critères objectifs du médecin", a conclu Maxime Dougados.
Dans une moindre mesure que l'activité de la maladie et l'opinion du patient, la décision dépendait aussi des caractéristiques démographiques du médecin. Une modification thérapeutique était proposée 2,46 fois plus souvent par les rhumatologues hospitaliers, 2,5 fois plus souvent par les médecins de moins de 40 ans.
LE CHOIX DE L'ANTI-TNF ALPHA DANS LES SPONDYLARTHROPATHIES
Selon d'autres résultats présentés au congrès de la SFR, la préférence du patient semble également prise en compte lors du choix de l'anti-TNF alpha dans les spondylarthropathies -groupe de maladies qui incluent notamment la spondylarthrite ankylosante et le rhumatisme psoriasique.
Présentée par Marie-Astrid Boutry, de l'hôpital Roger-Salengro (Lille), cette étude menée sur 156 patients de son service de rhumatologie révèle que 55% d'entre eux sont intervenus dans le choix de l'un des trois agents biologiques actuellement homologués dans ces maladies.
Ils exprimaient une préférence pour les traitements administrés en ambulatoire, à savoir l'étanercept (Enbrel*, Pfizer) et l'adalimumab (Humira*, Abbott), par rapport à celui en perfusions à l'hôpital, l'infliximab (Remicade*, Merck & Co).
"La conviction du prescripteur a été jugée décisive dans 76% des cas", notent les auteurs dans le résumé de leur communication.
Chez respectivement 5% et 11,5% des patients, c'est le fait d'être à risque infectieux ou un antécédent de manifestation extra-articulaire qui a fondé le choix de l'anti-TNF alpha.
En cas de risque infectieux, c'est toujours Enbrel* qui a été retenu, tandis qu'en cas de manifestation extra-articulaire, ce sont les anticorps monoclonaux (deux tiers d'infliximab, un tiers d'adalimumab) qui étaient préférés, conformément aux recommandations.
/rl/ab/APM

[RLNL2004]

Testez APM NEWS et profitez de l'intégralité de nos dépêches

30 à 50 dépêches par jour sur les sujets du domaine de la santé

50 000 utilisateurs en France

20 journalistes experts en France et 3 bureaux en Europe

A lire aussi