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Les enfants nourris avec un lait maternel riche en acides gras provenant des ruminants ont un risque réduit d'eczéma

WASHINGTON, 29 décembre 2010 (APM) - Les enfants nourris avec un lait maternel plus riche en acides gras provenant des ruminants et en acides gras oméga-3 présentent à 1 an un risque réduit de développer une dermatite atopique, suggère une étude néerlandaise.
Des données suggèrent que la progression des maladies atopiques pourrait être liée à un apport relativement faible en acides gras oméga-3 au cours de la période périnatale, ce qui ne permet pas d'expliquer les effets protecteurs des produits laitiers à base de lait entier et du taux élevé d'acides gras trans dans le lait maternel observés dans quelques études, rappellent le Dr Carel Thijs de l'université de Maastricht et ses collègues.
Afin de mieux cerner le rôle des acides gras dans le développement des maladies atopiques, ils ont utilisé les données de 312 couples mères-enfants qui ont participé à l'étude KOALA, une étude prospective sur une cohorte suivie depuis la naissance.
La composition en acides gras du lait maternel a été analysée à un mois du postpartum et les enfants ont été suivis jusqu'à leurs 2 ans.
Les auteurs font observer que le taux moyen des principaux acides gras oméga-3 ainsi que des acides gras ruméniques et vaccéniques, issus de la fermentation ruminale qui transforme les acides gras polyinsaturés ingérés vers des formes plus saturées, est plus élevé parmi les 166 femmes ayant un mode de vie "alternatif" (alimentation "bio", allaitement prolongé) par rapport aux 146 femmes suivant un mode de vie conventionnel.
L'incidence cumulée de la dermatite atopique à 2 ans était de 31% et la prévalence était de 15% à 2 ans. A 2 ans, un quart des enfants présentaient une sensibilisation allergique.
L'analyse des données fait apparaître une association inverse statistiquement significative entre le taux d'acides gras dans le lait maternel et le risque de dermatite atopique: celui-ci est réduit de 76% chez l'enfant à 2 ans pour les taux les plus élevés (de 0,78 à 2,55 mg/100 mg) des principaux acides gras oméga-3 dans le lait maternel par rapport aux taux les plus bas (de 0,30 à 0,56 mg/100 mg).
Une tendance similaire est observée pour l'acide ruménique: le risque de dermatite atopique à 2 ans est diminué de 66% pour les taux les plus élevés (0,28 mg/100 mg) par rapport aux plus bas (0,01 à 0,2 mg/100 mg).
Pour l'acide vaccénique, une baisse significative de 77% est observée pour les taux de 0,44 à 0,57 mg/100 mg (les taux les plus élevés étant de 0,47 à 1,66 mg/100 mg) par rapport aux taux les plus bas (0,08 à 0,34 mg/100 mg).
Les résultats n'étaient pas significatifs pour le risque de sensibilisation allergique.
Cette étude est la première à démontrer chez l'homme les effets bénéfiques potentiels des acides gras provenant des ruminants, indépendamment des acides gras oméga-3, confirmant des données chez l'animal, commentent les auteurs.
Des essais interventionnels évaluant une supplémentation en différents acides gras, ceux provenant du poisson et ceux des ruminants, permettraient d'avoir une confirmation des effets protecteurs d'un régime alimentaire particulier contre les maladies atopiques, ajoutent-ils.
(Allergy, vol.66, n°1, p58-67)
/ld/ab/APM

[LDNLO004]

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