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La toxicité du diméthylfumarate par inhalation non démontrée, selon l'Anses

PARIS, 3 novembre 2011 (APM) - Le risque de toxicité respiratoire par inhalation de diméthylfumarate (DMFu), antifongique responsable de réactions cutanées graves, ne peut être démontré, estime l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dans un avis diffusé mercredi sur son site internet.
Le DMFu, présent dans des meubles et des vêtements importés, a été responsable de plusieurs centaines de cas de symptômes cutanés de type allergique, comme l'avait révélé APM à l'automne 2008 (cf dépêche du 12/09/2008 à 11:09).
Saisie en mai 2009 pour approfondir les connaissances disponibles sur ce composé, l'Anses confirme dans son avis daté de mai "le potentiel irritant et/ou sensibilisant du DMFu" et du fait de son caractère volatil, le risque de contamination secondaire (matériaux ayant été en contact ou proche de l'article contaminé, air, poussières, sol et surfaces intérieures).
Mais concernant les manifestations extra-cutanées, notamment la persistance de troubles respiratoires malgré la guérison des lésions cutanées, "l'imputabilité (...) est difficile à évaluer" et "aucun élément de réponse ne peut être apporté quant à des effets locaux sur le tractus respiratoire".
"Il n'existe pas de données spécifiques relatives à la toxicité du DMFu par inhalation" et les quelques observations rapportées dans la littérature suggèrent des effets de types irritants ou sensibilisants pour le tractus respiratoire qui "n'ont jamais fait l'objet d'investigations permettant de les caractériser".
En outre, "il n'est pas attendu d'effets systémiques (cancérogènes ou autres) sur la santé, pouvant survenir suite à une exposition à du DMFu résiduel par inhalation ou contact cutané".
Comme le DMFu a fait l'objet en mars 2009 d'une interdiction en Europe devant être pérennisée d'ici à la fin 2011 ou début 2012 (cf dépêche du 29/01/2009 à 18:30 et dépêche du 01/04/2010 à 15:52), l'Anses ne conseille pas la réalisation de tests d'émissions et/ou de migration du produit.
Elle formule des recommandations visant principalement les professionnels exposés au DMFu (pas d'autres filières d'utilisation que les vêtements et articles d'ameublement à base de cuir, de PVC ou de polyuréthane).
Malgré une forte baisse du nombre de cas de symptômes cutanés associés au DMFu, "plus d'une centaine de signalements en lien avec une exposition suspectée au DMFu ont été rapportés auprès des centres antipoison et de toxicovigilance entre janvier 2009 et février 2010", précise l'agence.
De manière plus générale, concernant les produits de consommation courante, l'Anses préconise de "renforcer les dispositifs de toxicovigilance afin que soient recensés les effets indésirables pouvant se produire (...) et que ceux-ci fassent l'objet d'un traitement adapté au niveau des instances de vigilance et d'alerte de l'Etat".
Elle suggère aussi la mise en place d'"un dispositif permettant aux victimes de telles intoxications de pouvoir faire reconnaître leurs symptômes et bénéficier d'une expertise indépendante".
Elle souhaite enfin que les dispositifs de contrôle auprès des responsables de la mise sur le marché soient renforcés afin de "mieux encadrer les procédures de rappel de produits susceptibles de présenter un risque pour la santé du consommateur et leur application".
/ld/cb/APM

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