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Le débridement des plaies plus rapide avec les asticots

WASHINGTON, 27 décembre 2011 (APM) - Le recours à des asticots permet un débridement plus rapide des plaies qu'une intervention classique, montre une étude française à paraître dans Archives of Dermatology.
La luciliathérapie, appelée aussi asticothérapie ou larvothérapie, est approuvée aux Etats-Unis depuis 2004 comme un dispositif médical. Il s'agit d'utiliser des larves de mouches qui se nourrissent exclusivement de tissus morts pour aider à cicatriser des plaies, rappellent le Dr Kristina Opletalova du CHU de Caen et ses collègues.
Cependant, il y a eu peu d'études cliniques rigoureuses évaluant cette approche.
Les chercheurs ont conduit une étude de phase III aux CHU de Caen et de Lyon (HCL) auprès de 119 patients hospitalisés pendant deux semaines pour une plaie non cicatrisante, avec la formation d'une escarre de 40 cm2 et de 2 cm de profondeur maximum (ulcères veineux au niveau des jambes).
Ils ont été randomisés en aveugle entre la larvothérapie, les asticots stériles étant contenus dans des petits sachets, et une prise en charge classique, c'est-à-dire un débridement chirurgical au scalpel nécessitant trois interventions par semaine avec l'application préalable d'un analgésique.
A deux semaines, le taux de fibrine, le tissu jaune sur les plaies qui empêche la cicatrisation, était équivalent dans les deux groupes, de 55,4% avec la larvothérapie et de 53,8% avec la chirurgie.
Cependant, les chercheurs notent qu'il était statistiquement inférieur à une semaine de suivi avec la larvothérapie, de 54,5%, contre 66,5% dans le groupe contrôle.
A deux semaines, la surface de la plaie s'était réduite de 14,6% en moyenne avec les asticots, contre -8,2% dans le groupe contrôle.
Le nombre de plaies infectées a baissé chez les patients traités avec les asticots alors qu'il est resté inchangé dans le groupe contrôle, mais la différence n'était pas significative.
Les chercheurs supposent que la qualité du débridement chirurgical était probablement meilleure à ce qui est observé habituellement car il a été réalisé dans un hôpital universitaire par des infirmières expérimentées et non pas en ambulatoire par des infirmières libérales, ce qui a pu réduire la différence avec la larvothérapie.
Ils estiment que cette approche est probablement plus sûre car elle ne varie pas en fonction du soignant qui réalise le débridement de la plaie.
(Archives of Dermatology, édition en ligne du 19 décembre)
/ld/ab/APM

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