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Les produits de contraste iodés associés à un risque d'hyperthyroïdie ou d'hypothyroïdie

WASHINGTON, 25 janvier 2012 (APM) - Les produits de contraste iodés sont associés à un risque de dysfonctionnement thyroïdien, aussi bien dans le sens d'une hyperthyroïdie que d'une hypothyroïdie, selon une étude américaine publiée par les Archives of Internal Medicine.
Alors que les effets des produits de contraste iodés sur le risque de néphropathie ont été abondamment étudiés, il y a eu peu d'études sur les risques d'altération de la fonction thyroïdienne. Pourtant, l'administration de ces médicaments pour l'imagerie équivaut à une dose aiguë, "90 à plusieurs centaines de milliers de fois plus élevée" que la dose journalière recommandée, notent Connie Rhee du Brigham & Women's Hospital à Boston (Massachusetts) et ses collègues.
Or, de telles doses peuvent entraîner une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie, pathologies pouvant être associées à de nombreuses complications (arythmies, problèmes neuropsychiatriques, maladie coronaire, anomalies de la reproduction...).
Les chercheurs américains ont conduit une étude cas-contrôles, comparant 178 personnes ayant développé une hyperthyroïdie et 655 contrôles sains, et 213 personnes ayant développé une hypothyroïdie et 779 contrôles sains. Ils se sont intéressés à l'exposition des cas et des contrôles aux produits de contraste iodés.
Ces produits ont été associés à une multiplication par deux du risque d'hyperthyroïdie, définie de façon large par un dosage de la thyrotropine au-dessus des valeurs normales de référence du test. De plus, le risque d'hyperthyroïdie manifeste -définie par un taux de thyrotropine inférieur à 0,1 mUI/L- était multiplié par 2,5.
Les produits de contraste augmentaient aussi, mais de façon non statistiquement significative, le risque d'hypothyroïdie global. En revanche, il y avait une multiplication significative, par un facteur trois, du risque d'hypothyroïdie manifeste -thyrotropine supérieure à 10 mUI/L.
"Compte tenu de l'utilisation large des produits de contraste iodés dans la pratique actuelle et des séquelles connues des dysfonctionnements de la thyroïde, des études sont nécessaires pour confirmer et évaluer la généralisation de ces résultats, établir la causalité et explorer les mécanismes", concluent les auteurs. Les médecins et les patients devraient être informés des complications possibles de ces médicaments.
Dans un éditorial, Elizabeth Pearce de l'université de Boston estime que la première application de ces résultats est de renforcer le principe général de donner des doses "aussi raisonnables que possible". Elle propose de palper le cou pour la détection de goitres et ainsi identifier des patients qui pourraient être plus à risque, et de surveiller particulièrement les patients potentiellement à risque que sont ceux ayant une maladie cardiovasculaire instable.
Elle évoque également la possibilité d'utiliser de façon préventive chez des patients à risque des médicaments protégeant contre l'hyperthyroïdie induite par l'iode, comme le méthimazole ou le perchlorate... tout en rappelant que le méthimazole peut lui-même avoir des effets secondaires.
(Archives of Internal Medicine, 23 janvier, vol.172, n°2, p153-159)
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