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Une micropuce implantée programmable sans fil pour délivrer des médicaments

WASHINGTON, 16 février 2012 (APM) - Des chercheurs américains publient dans Science Translational Medicine la première étude clinique montrant la possibilité d'administrer un médicament grâce à une micropuce implantée programmable sans fil par un ordinateur.
Dans leur étude pilote, le médicament administré était l'anti-ostéoporotique tériparatide (Forsteo*, Lilly). Mais les chercheurs estiment que leur système, si son intérêt et sa fiabilité se confirment dans d'autres études, pourrait avoir une utilité pour délivrer des médicaments dans différents domaines comme la cardiologie et la neurologie.
L'objectif de Robert Farra de la société MicroCHIPS à Waltham (Massachusetts) et ses collègues est de fournir une alternative pour les médicaments nécessitant une injection quotidienne. Ce mode d'administration astreignant peut conduire à une baisse de l'observance, notamment pour des produits comme le tériparatide qui traite une maladie silencieuse.
L'appareil, de la taille d'un pacemaker, garde les doses quotidiennes de médicament dans de minuscules puits, fermés par une couche d'or de quelques nanomètres. La fréquence d'ouverture de ces puits est programmée par un ordinateur, lors d'une connexion sans fil.
Le système a été testé dans une étude chez sept femmes ménopausées ostéoporotiques. La micropuce a été implantée et elles l'ont gardée durant quatre mois, puis elle a été explantée. Son fonctionnement a été évalué sur une période de 20 jours.
Les mesures pharmacocinétiques ont montré que l'administration du médicament par l'appareil implanté permettait d'avoir une dose de tériparatide équivalente à une administration par injection. De plus, il y avait moins de variations.
L'étude des marqueurs du métabolisme osseux a montré que le médicament était fonctionnel: la formation osseuse a été augmentée.
Il n'y a pas eu de toxicité ou d'effet secondaire lié au dispositif ou au médicament, ni de modification de la qualité de vie.
Les chercheurs indiquent qu'une huitième patiente avait été implantée, mais la délivrance du médicament n'a pas pu être déclenchée. De plus, chez les patientes pour lesquelles l'appareil a fonctionné, dans quelques cas, les puits ne se sont ouverts que partiellement et la délivrance du produit était imparfaite. Le système doit donc encore être amélioré.
Néanmoins, cette étude montre la faisabilité de ce concept qui permettrait d'avoir une observance de 100% et d'éviter les risque de sur ou sous-dosage quand les patients s'injectent eux-mêmes leur médicament.
Ils envisagent la possibilité de développer des systèmes de "boucle fermée" dans laquelle la dose à délivrer est déterminée automatiquement en fonction de résultats biologiques. Une utilisation différente pourrait consister, pour certains médicaments, à ne déclencher la délivrance que lors de certaines situations aiguës.
"Le coût d'implants pour administrer un médicament durant un an devrait être équivalent à celui d'implants électroniques comme les pacemakers et les défibrillateurs implantables", estiment-ils.
Dans un éditorial, John Watson de l'université de San Diego (Californie) souligne les années de travail qui sont encore nécessaires avant d'envisager une demande de mise sur le marché.
(Science Translational Medicine, publication accélérée du 16 février)
/fb/ab/APM

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