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Un manque cruel de comparaisons directes entre les traitements biologiques de la polyarthrite rhumatoïde

WASHINGTON, 20 février 2012 (APM) - Les essais de comparaisons directes entre traitements biologiques dans la polyarthrite rhumatoïde (PR) restent des exceptions, au profit de comparaisons contre placebo ou contre un traitement antérieur inefficace, bien que l'exposition des patients-contrôles à ces traitements puisse conduire à une détérioration irréversible de leur état de santé, selon une étude publiée dans Archives of Internal Medicine.
Les études "face-à-face" sont des éléments clés de comparaison directe d'efficacité des traitements. Dans la polyarthrite rhumatoïde, les patients ne répondant pas à un traitement de fond classique (DMARD) sont censés recevoir un traitement biologique, selon toutes les recommandations émises pour le traitement de la PR.
Candice Estellat de l'hôpital Bichat (AP-HP) à Paris Nord Val-de-Seine et ses collègues ont décrit les bras de contrôle et le traitement reçu par des patients dans des essais cliniques d'efficacité randomisés et contrôlés, récemment conduits contre la polyarthrite rhumatoïde.
Pour ce faire, ils ont identifié tous les protocoles d'essais randomisés qui se sont déroulés entre 2003 et 2009. Sur les 306 études trouvées, 215 ont été exclues et 91 seulement correspondaient à leurs critères.
Parmi elles, seules cinq études étaient des comparaisons directes de traitements biologiques. Il y avait trois essais de traitement biologique de première ligne sur des patients naïfs, financés de manière commerciale, et deux études de traitement biologique de seconde ligne, non financées commercialement. Les deux tiers (66%) de ces essais étaient encore en cours de réalisation.
DES PATIENTS-CONTROLES SOUS-TRAITES
Au cours de leur méta-analyse, les auteurs ont remarqué que dans la majorité des études, le placebo était utilisé comme comparateur (81 des 102 comparaisons réalisées dans les 91 essais).
Dans tous les essais de traitement de fond (DMARD) sur des patients naïfs de traitement, les patients-contrôles recevaient un nouveau traitement, alors que dans la plupart des essais de traitements biologiques de première ligne (54 sur 63 essais) et de seconde ligne (un tiers des essais), ils recevaient leur traitement antérieur inefficace, et pour le quart d'entre eux, pendant plus de six mois, malgré les recommandations internationales.
Les auteurs ont conclu que trop peu d'études de comparaison directe d'efficacité des traitements de fond biologiques existaient, les auteurs préférant comparer un traitement biologique à un placebo.
De ce fait, de nombreux patients polyarthritiques contrôles (9.879 patients-contrôles sur 18.554 entre 2003 et 2009) ont été exposés à un traitement inadéquat, entraînant un risque de détérioration de leur condition, pour un résultat scientifique d'une utilité douteuse, selon les auteurs.
Ainsi, malgré les recommandations de 2004 de l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui préconisait des essais comparatifs entre médicaments actifs pour déterminer l'efficacité et le risque réels des traitements biologiques, les prescripteurs ne disposent aujourd'hui que de comparaisons indirectes et biaisées pour choisir le meilleur traitement pour leurs patients.
(Archives of Internal Medicine 2012, vol.172, n°3, p201-300)
/ec/ab/APM

[ECPBH003]

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