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Les effets indésirables de médicaments mal identifiés par les médecins urgentistes

LONDRES, 1er mars 2012 (APM) - Les effets indésirables de médicaments semblent être mal identifiés comme tels par les médecins urgentistes, selon une étude menée au CHU de Nantes et publiée dans Emergency Medecine Journal (EMJ).
La fréquence et la sévérité des passages aux urgences en lien avec des effets indésirables de médicaments rendent la question de leur identification cruciale mais de récentes données suggèrent que le taux de reconnaissance par les médecins urgentistes n'est pas très élevé, indiquent Lucien Roulet et ses collègues du CHU de Nantes.
Ils ont conduit une étude pilote transversale prospective auprès des patients se présentant au service d'accueil des urgences (SAU) de l'hôpital (établissement de 3.000 lits avec 64.000 passages aux urgences par an) entre le 1er octobre 2007 et le 31 mars 2008.
L'analyse a porté sur 95 patients identifiés par les chercheurs comme ayant un effet indésirable médicamenteux (22,5% des 423 patients vus au SAU correspondant aux critères d'éligibilité), avec 1,3 médicament impliqué en moyenne.
Les médecins urgentistes ont posé un diagnostic correct en lien avec un problème médicamenteux dans seulement 34,7% des cas.
Parmi les 95 cas d'effets indésirables associés à un médicament, ce dernier a été jugé comme étant le seul responsable dans 28 cas (29,5%) mais les médecins urgentistes ont identifié une cause médicamenteuse dans seulement 57,1% de ces cas.
Dans les 67 autres cas (70,5%), l'effet du médicament était combiné à celui d'autres cofacteurs de morbidité, avec un taux de reconnaissance encore plus faible, de 25,4%.
Les effets indésirables médicamenteux ont conduit à une hospitalisation dans près des trois quarts des cas (72,6%). Ils impliquaient principalement des médicaments du système cardiovasculaire (36,2%), du système nerveux central (17,3%) et du tractus digestif et du métabolisme (11%).
Ces résultats confirment que les effets indésirables médicamenteux sont globalement mal reconnus aux urgences, en particulier dans des situations pathologiques multifactorielles, concluent les chercheurs.
Cette étude pilote s'inscrit dans un projet plus large de connaissances des effets indésirables iatrogènes liés aux médicaments aux urgences et d'amélioration de leur prise en charge, qui a été lancé en 2007 au CHU de Nantes, indique à l'APM le Dr Nathalie Asseray, médecin interniste.
Le projet contient un volet pédagogique avec l'accueil d'étudiants en pharmacie au SAU, un volet clinique et un volet de recherche, qui a notamment débouché sur les résultats publiés dans l'EMJ.
Ces travaux, qui sont originaux en France, confirment des données canadiennes. Des études multicentriques conduites sous l'égide de sociétés savantes sont en cours, avec pour certaines des résultats à paraître cette année, ajoute le Dr Asseray.
"Il faut à présent déterminer les causes de ce sous-diagnostic, notamment déterminer le profil de patients pour lesquels il existe des difficultés, avant de trouver des pistes d'amélioration".
(Emergency Medical Journal, édition en ligne du 25 février)
/ld/eh/APM

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