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L'incidence de l'insuffisance rénale terminale se stabilise en France

PARIS, 16 avril 2012 (APM) - L'incidence de l'insuffisance rénale terminale lors de l'initiation de la dialyse s'est stabilisée en France, montrent les données 2004-09 du registre REIN à paraître dans Néphrologie & Thérapeutique.
Le Pr Michèle Kessler du CHU de Nancy et ses collègues ont analysé les données disponibles pour neuf régions participant au registre (Auvergne, Bretagne, Champagne-Ardenne, Languedoc-Roussillon, Limousin, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes) sur 2004-09.
Il apparaît que, contrairement à ce qui était attendu, l'incidence standardisée des adultes pris en charge en dialyse a "légèrement augmenté" entre 2004 et 2009, de 15,4%, mais de manière non statistiquement significative.
Cette stabilité de l'incidence globale résulte d'une stabilisation voire d'une diminution de l'incidence chez les patients de moins de 75 ans ainsi que d'une tendance à la stabilisation chez les plus de 75 ans, après avoir fortement augmenté de 2004 à 2006.
Il en résulte une augmentation significative de l'âge des patients débutant une première dialyse, avec un âge moyen passant de 66,9 ans à 68,4 ans (de 71 à 72 ans en médiane).
Cette stabilité dans l'incidence de l'insuffisance rénale terminale traitée par dialyse n'est pas liée à une augmentation de la greffe préemptive qui reste marginale en France, font observer les chercheurs.
Ils notent aussi que la population débutant une dialyse est devenue "plus obèse", la proportion des patients avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 passant de 15% en 2004 à 22,3% en 2009.
Les deux principales causes d'insuffisance rénale terminale restent l'hypertension artérielle et le diabète qui représentent ensemble environ 45% de toutes les causes.
L'analyse des données de comorbidités montre que, globalement, leur nombre reste stable. Mais, après ajustement sur l'âge, il apparaît, d'une part, que le diabète progresse chez les patients de moins de 75 ans, passant de 38,3% à 42% et, d'autre part, que la proportion de patients ayant une maladie cardiovasculaire diminue de manière significative.
Par exemple, une insuffisance cardiaque était retrouvée chez 48,2% des moins de 75 ans et 53,8% des plus de 75 ans en 2004, contre respectivement 42,5% et 50,3% en 2009.
Enfin, les caractéristiques biologiques lors de l'initiation du traitement de suppléance ont également changé. Après ajustement sur l'âge, la fonction rénale mesurée selon la méthode MDRD a tendance à augmenter avec un débit de filtration glomérulaire estimé de 9,9 mL/min/1,73 m2 en 2009, contre 8,7 mL/min/1,73 m2 en 2004 (respectivement 10,8 et 10 mL/min/1,73 m2 chez les plus de 75 ans).
Le taux d'hémoglobine lors de la prise en charge n'a pas évolué alors que la proportion des patients recevant un agent stimulant l'érythropoïèse a augmenté de manière significative, de 45,1% à 61,1%.
Les auteurs soulignent que le débit de filtration glomérulaire (DFG) augmente alors que le taux des comorbidités reste stable, ce qui suggère qu'il doit "bien y avoir un changement des pratiques, non expliqué par une aggravation de l'état clinique des patients".
"Si cette tendance se poursuit, elle risque d'avoir des conséquences sur l'incidence de l'insuffisance rénale terminale traitée et sur le coût des traitements de suppléance", ajoutent-ils.
Globalement, ces résultats montrent que, malgré une stabilisation du nombre des comorbidités, l'état clinique des patients s'améliore, y compris chez les plus de 75 ans, seule tranche d'âge où une augmentation de l'incidence est observée.
"Ces résultats peuvent être expliqués par une meilleure prévention et une meilleure prise en charge de l'insuffisance rénale chronique mais peuvent également être la conséquence d'une sélection des patients âgés polypathologiques, générant ainsi un optimisme prudent pour l'avenir", concluent les auteurs.
(Néphrologie & Thérapeutique, édition en ligne du 22 mars)
/ld/eh/APM

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