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Arthrose: les prothèses de hanche cimentées associées à une légère surmortalité

LONDRES, 18 juin 2012 (APM) - Les prothèses totales de hanche cimentées, posées chez les patients atteints d'arthrose, sont associées à une augmentation légère mais significative de la mortalité par rapport aux non-cimentées, tandis que ces dernières sont un peu plus à risque de reprise, selon une étude de cohorte britannique publiée dans le British Medical Journal (BMJ).
Des analyses du National Joint Registry britannique ont déjà suggéré qu'il y avait des différences de survie de l'implant entre prothèses totales de hanche cimentées et non cimentées d'une part, et les implants de resurfaçage d'autre part, ainsi qu'entre prothèses cimentées et non cimentées. Mais les taux de mortalité n'ont pas été examinés.
C'est ce à quoi se sont attelés D. J. McMinn du McMinn Centre à Birmingham (Royaume-Uni) et ses collègues, en analysant les dossiers de 275.000 patients opérés pour une arthrose de la hanche, enregistrés dans le National Joint Registry entre avril 2003 et juillet 2011. Le suivi médian était de 3,6 ans dans le groupe ayant reçu une prothèse cimentée et 2,6 ans dans celui ayant reçu une prothèse non cimentée.
Les patients ayant reçu une prothèse cimentée avaient un risque significativement plus élevé de 11% de décès par rapport à ceux ayant reçu une prothèse non cimentée.
Cela se traduit cependant par de très faibles différences de probabilité dans la population, estiment les auteurs: "Dans un scénario hypothétique où aucun patient n'a de reprise en huit ans, 77 patients (...) devraient être traités avec une prothèse non cimentée plutôt qu'une prothèse cimentée pour entraîner un décès de moins en huit ans".
Inversement, les prothèses cimentées étaient associées à un risque significativement réduit de 47% de reprise par rapport aux prothèses non cimentées.
Là aussi, la différence de probabilité au niveau de la population était très faible, 67 patients devant être traités par une prothèse cimentée au lieu d'une prothèse non cimentée pour entraîner une reprise de moins en huit ans, en supposant qu'aucun patient ne meure durant cette période.
Par ailleurs, chez les hommes, le taux de mortalité avec les prothèses totales cimentées et non cimentées était plus élevé qu'avec les implants de resurfaçage, de 64% avec les premières et de 47% avec les secondes. Les taux de reprise étaient en revanche comparables.
"Auparavant, seules des analyses ajustées des taux de reprise des prothèses de hanche ont été utilisées pour recommander et justifier l'utilisation des prothèses de hanche cimentées, meilleur marché. Nos recherches prennent en compte en outre les taux de mortalité et suggèrent un taux potentiellement plus élevé avec les prothèses totales cimentées, ce qui mérite d'autres recherches", concluent les auteurs.
(BMJ, publication en ligne du 14 juin)
/cd/ab/APM

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